Développement professionnel

L’intelligence émotionnelle, un levier de la réussite

Mohamed Sellam,LE MATIN
03 Avril 2017
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Pour les experts, le savoir-faire émotionnel est un atout majeur dans la réussite professionnelle. L’intelligence émotionnelle, ou l’art d’utiliser ses émotions de manière intelligente, permet au collaborateur de maîtriser son comportement et, de ce fait, son efficacité au travail. «Développer son intelligence émotionnelle se fait avec le temps par un apprentissage sur soi qu’il est essentiel de développer et de perfectionner», indique Catherine Sékou, formatrice et superviseuse de coachs, DG du cabinet MétaPosture. Les détails.

Éco-Conseil : En quoi l’intelligence émotionnelle est-elle importante en milieu professionnel ?
Catherine Sékou : Telle la Belle au bois dormant, nous sommes dans une période où l’émotion semble se réveiller et se retrouve réhabilitée. Perçue comme une richesse, car son «intelligence» nous permet de développer une agilité comportementale et nous évite de nous maintenir dans les côtés excessifs de la rationalisation, l’émotion est un exutoire salutaire dans un environnement soumis aux impératifs de l’entreprise. Objet très souvent de marketing, dont les maitres de nos loisirs calculent l’impact en alternant horreur, surprise, soulagement, compassion, larmes et rires, et dont les contrastes nous tiennent en haleine. L’émotion est également perçue comme un danger, car trop souvent appréhendée comme une fragilité, un handicap, une limite de l’action. Aujourd’hui, l’émotion retrouve une place centrale au cœur de l’organisation et devient un levier de croissance, un auxiliaire de l’action, une alliée de la raison. Une remise en question pertinente apporte aux entreprises et aux personnes qui la composent une conscience nouvelle sur des comportements devenus inadaptés à leur écosystème. Développer son intelligence émotionnelle se fait avec le temps par un apprentissage sur soi qu’il est essentiel de développer et de perfectionner.

Par quel moyen le manager peut-il développer son quotient émotionnel ?
Pour mieux se comprendre et comprendre les autres, il est important que le manager aille au-delà du comportement afin d’explorer le niveau des sentiments et du concept de soi. Nos personnalités affectent notre comportement et notre efficacité au travail. Vous l’aurez compris, les sentiments jouent un rôle considérable dans le comportement humain. Les développer aide à mieux nous comprendre, à mettre de la conscience dans la manière dont nous fonctionnons avec les autres, la manière dont nous nous écoutons et écoutons les autres, nos mécanismes de défense, ce que nous activons inconsciemment pour nous protéger et nous défendre ainsi que nos besoins personnels et interpersonnels. Pour développer son intelligence émotionnelle, le manager peut investir dans des espaces de développement personnel, des thérapeutiques et/ou des séances de coaching qui lui permettraient de développer la qualité d’être et d’être avec l’autre et les autres, sa capacité à détecter et percevoir les différents enjeux en question et, enfin, de développer sa capacité à s’adapter à chaque situation et à développer une forme d’agilité pour guider ses décisions.

Comment cultiver l’intelligence émotionnelle chez les collaborateurs ?
Pour cultiver l’intelligence émotionnelle au quotidien dans les organisations, l’objectif pourrait être de focaliser notre conscience et notre énergie pour favoriser une meilleure estime de soi chez les employés. Si tous les acteurs de l’organisation avaient une estime de soi élevée, l’organisation en serait plus productive et plus à même de réussir. Pour ce faire, l’objectif est de créer un climat stimulant où les équipes se sentent dynamiques, matures, honnêtes, respectables, coopératives et amicales. Cela peut être installé à travers les pratiques suivantes :
• Encourager la participation de chacun
en l'impliquant davantage.
• Encourager la responsabilisation en faisant participer les collaborateurs aux décisions qui les concernent.
• Encourager plus d’ouverture au sein de l’entreprise, ce qui éviterait les rétentions d’informations.
• Modéliser le sentiment de reconnaissance : créer des situations où chaque collaborateur se ressent connu et reconnu par son organisation.
• Récompenser le collaborateur pour la qualité de son travail.
• Installer et ancrer davantage d’humanisme en favorisant les contacts sociaux.
N’est-ce pas ici une manière de réconcilier l’humain et l’économique ? 







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