Commerce extérieur

Les exportations vers l’Afrique en nette évolution

,LE MATIN
09 Avril 2012

Les échanges entre le Maroc et l’Afrique subsaharienne se sont élevés à 11,7 milliards de DH en 2010, contre 3,6 MMDH en 2000, soit trois fois plus en une décennie.

Le Maroc consolide progressivement ses relations commerciales avec l’Afrique subsaharienne, mais il lui reste beaucoup à faire, surtout avec la déferlante chinoise sur cette partie du Continent. Certes, la part du Maroc au niveau du marché de l’Afrique subsaharienne a progressé entre 2000 et 2010, passant de 0,14% à 0,26%, mais son poids commercial demeure faible dans cette région. Seule consolation, le Maroc se positionne relativement mieux comparativement à d’autres pays de l’Afrique du Nord, notamment l’Algérie et la Tunisie. C’est ce qu’a révélé une note que vient de publier la Direction des études et des prévisions financières intitulée «Performance commerciale du Maroc sur le marché de l’Afrique subsaharienne».

Pendant ce temps, ajoute la note, certains pays subsahariens demeurent les plus dynamiques en matière de commerce intra-zone. Il s’agit notamment de l’Afrique du Sud et du Nigeria. En 2010, ces deux pays détiennent 4,2% et 2,8% respectivement du marché subsaharien. Autre menace pour les exportations marocaines vers cette zone : le renforcement du positionnement de la Chine. En effet, relève-t-on, la Chine est devenue le principal partenaire commercial de l’Afrique subsaharienne, dépassant ainsi la France, dont la part des importations de ces pays en 2000 était plus de deux fois supérieure à celle de la Chine. En 2010, la Chine représentait 15,1% des importations totales de l’Afrique subsaharienne, contre 4% seulement en 2000. Ainsi, les échanges commerciaux entre le Maroc et l’Afrique subsaharienne se sont élevés à 11,7 milliards de DH en 2010, contre 3,6 MMDH en 2000, soit trois fois plus en une décennie.

Toutefois, un fort potentiel existe, puisque cette région ne représente que 2,6% de l’ensemble des échanges commerciaux du Maroc. Et ce sont notamment les exportations marocaines vers ces pays qui ont dopé ces échanges, puisqu’elles sont passées sur la période de 5,8 MMDH à 7,2 MMDH en 2010. Les importations en provenance de cette région ont augmenté de 2,4 MMDH au cours de la décennie pour s’établir à 4,5 MMDH en 2010. Ce qui a permis au Maroc de dégager un excédent commercial de ces échanges de 2,7 MMDH en 2010, après un déficit de 0,7 MMDH au début de la décennie. De son côté, le taux de couverture des importations par les exportations marocaines s’est fortement amélioré pour s’établir à 160% en 2010 contre 67% en 2000. Toutefois, ce niveau des échanges est en deçà du potentiel, surtout que ces échanges demeurent concentrés essentiellement en Afrique de l’Ouest, spécialement dans les pays francophones et atlantiques, relève la DPEF.

Les auteurs de ce document imputent la faiblesse des échanges à plusieurs facteurs qui relèvent principalement des structures économiques, de la faiblesse des infrastructures et des marchés financiers, des mécanismes de financement ainsi que de la non-application des protocoles commerciaux. Il s’agit notamment du cadre institutionnel facilitant les échanges commerciaux entre le Maroc et certains pays africains, qui est relativement incomplet, et de la faible connexion terrestre ou maritime entre le Maroc et les pays d’Afrique subsaharienne. De même, on pointe du doigt le manque de diversification de la production et de l’offre exportable ainsi qu’une absence de complémentarité entre les profils de productions, l’insuffisance du financement du commerce extérieur et des réglementations douanières contraignantes caractérisées par leur faible transparence et leurs procédures à la fois nombreuses, lentes et coûteuses.



Les actions à mener

Pour exploiter pleinement le potentiel de coopération entre le Maroc et l’Afrique subsaharienne, la DEPF propose un certain nombre d’actions. Il s’agit notamment de cibler les partenaires prioritaires, d’améliorer le cadre juridique et réglementaire des accords en vigueur et de conclure des accords de commerce et d’investissement avec les communautés économiques régionales et les économies locomotives au niveau des sous-régions, comme le Nigeria et la Côte d’Ivoire pour la Cédéao, le Cameroun pour la CEMAC, l’Afrique du Sud pour la CDAA, et d’assurer une offre croissante d’exportation adaptée à la demande et aux spécificités des économies de l’Afrique subsaharienne.

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