Commission parlementaire de l’enseignement, de la culture et de la communication

Amine Sbihi expose son projet du Budget 2013

Ouafaâ Bennani,LE MATIN
22 Novembre 2012
De-grands-projets-et-de-grands.jpg De grands projets et de grands chantiers…Ph. Kartouch

Le projet du Budget 2013 du ministère de la Culture a été présenté mercredi devant les membres de la Commission parlementaire qui sont revenus sur plusieurs points.

Un exposé on ne peut plus détaillé et où le ministre de la Culture, Mohamed Amine Sbihi a défini, devant la Commission présidée par Kajmoula Bent Abi, la destination du maigre Budget de son département. Il a évoqué à ce propos les grandes lignes du projet 2013, ainsi que le programme de travail arrêté pour cette même période. «Nous avons mené nos travaux tout en étant conscients du rôle du secteur de la culture dans le développement économique et social. Notre obstination reste de vaincre les obstacles financiers que connaît ce département», souligne le ministre de la Culture.

Et d’ajouter : «Notre objectif primordial est de réaliser les projets stratégiques du “Maroc culturel” et du “patrimoine culturel” à l’horizon 2020», réaffirmant, dans ce sens, que les composantes du projet du Budget du ministère de la Culture 2013, reposent, essentiellement, sur la nouvelle Constitution, les directives royales, le programme gouvernemental et celui du travail sectoriel du ministère, ainsi que la lettre du chef du gouvernement déterminant les grandes orientations du projet de la loi de Finances et les priorités du travail gouvernemental. Le ministre a, ainsi, énuméré tous les projets arrêtés et reposant en gros sur cinq axes, notamment la politique de proximité englobant les grands chantiers culturels, à savoir le Musée national des arts contemporains et l’Institut supérieur de musique et de chorégraphie, la construction ou la restauration de centres culturels dans différentes régions du Royaume, la consolidation du réseau de la lecture publique, puis la poursuite des travaux ou équipements d’édifices artistiques.

Les autres axes privilégient, entre autres, le soutien et l’accompagnement de la créativité et des créateurs toutes disciplines confondues, la restauration et la sauvegarde du patrimoine culturel matériel et immatériel, le renforcement de la diplomatie culturelle et la bonne gouvernance dans la gestion du secteur. Une programmation saluée par tous les intervenants des différents groupes parlementaires qui furent séduits par la clarté des projets et la bonne répartition des budgets qui leur ont été alloués. «Je vous félicite M. le ministre pour cet exposé riche et convaincant qui donne une preuve concrète sur la gestion de la culture dans notre pays et évoque le Maroc culturel. Sachant que ce gouvernement aspire à des visions claires et modernes pour soutenir toute créativité. Car la culture n’est pas uniquement un secteur, mais une cause qu’il faut défendre avec abnégation. Il faut être conscient du rôle qu’elle joue dans l’ancrage de l’identité nationale, surtout dans le Maroc profond. Et n’oublions pas que nous vivons une phase de mondialisation à laquelle il faut faire très attention pour sauvegarder notre identité, tout en s’ouvrant à l’autre. Le plus important pour nous n’est pas de rentrer en compétition avec l’Europe ou l’Amérique, mais de contribuer avec notre culture et notre identité.

Sans oublier pour autant de promouvoir l’image du Maroc à travers un partenariat entre la culture et le tourisme», précise Mohamed Yatim du groupe du PJD.
Le président du groupe de l’Istiqlal a insisté, dans son intervention, sur le fait qu’aucune nation ne peut évoluer sans culture. «Selon le temps de lecture que nous avons (2min/Marocain), nous pouvons nous considérer comme une nation qui ignore son identité. Notre idéologie de gouvernance relègue la culture au second plan. Ce qui est très dangereux». Touria Ikbal du groupe Authenticité et modernité a, quant à elle, affirmé que le Budget 2013 n’est pas à la hauteur du projet préparé par l’équipe du ministère de la Culture. «Les ressources humaines et financières sont primordiales pour concrétiser ce projet. Je suis d’accord que notre culture est ouverte sur le monde. Mais, j’insiste, aussi, sur la sauvegarde de notre identité. Et là, j’attire votre attention sur nos jeunes qui perdent cette identité de jour en jour. Donc, il faut veiller sur cela, surtout que nous avons une forte culture, une belle histoire et une grande civilisation», conclut-elle.



Un défi à relever

Les présidents des autres groupes parlementaires sont, tour à tour, revenus sur plusieurs points du projet, notamment la situation précaire de certains créateurs qui ont tant donné à leur pays, le Fonds d’aide du théâtre dont il faut revoir les critères pour ne pas tomber dans la médiocrité, l’ancrage des valeurs nationales, la sauvegarde de notre patrimoine matériel et immatériel qui constituent notre mémoire collective. Le volet des archives a été, également, évoqué vu son importance dans la préservation de l’Histoire du Maroc pour les générations futures. Bref, toute une industrie culturelle qu’il faut veiller à instaurer et que nous pouvons acquérir à travers la formation et la formation continue.

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