LE MATIN
20 Juillet 2026
À 17:15
À l’issue de sa réunion tenue ce lundi à Rabat,
le bureau de l’Association des barreaux du Maroc a confirmé la poursuite de son mouvement de protestation contre le projet de loi relatif à la profession. La principale décision concerne
le maintien de l’arrêt complet de l’ensemble des prestations professionnelles jusqu’à nouvel ordre. L’Association a également confirmé la suspension du travail dans le cadre de l’assistance judiciaire, aussi bien pour les nouvelles désignations que pour les dossiers déjà attribués aux avocats.
Le bras de fer entre le gouvernement et les avocats franchit un nouveau palier. Au terme de plus de six heures de débats particulièrement animés, la Commission de la justice, de la législation, des droits de l'Homme et des libertés à la Chambre des représentants a adopté, jeudi en seconde lecture, le projet de loi n°66.23 relatif à l'organisation de la profession d'avocat. Au même moment, les avocats, réunis en sit-in devant le Parlement, ont annoncé une nouvelle phase de leur mobilisation, marquée par des actions de protestation inédites, tandis que le Parti du progrès et du socialisme appelle à renouer avec le dialogue afin d'éviter une aggravation de la crise.
Cette assistance permet notamment aux personnes ne disposant pas de ressources suffisantes de bénéficier des services d’un avocat. Sa suspension constitue donc l’un des principaux volets du mouvement engagé par la profession.
L’Association réagit aux derniers développements du parcours institutionnel du projet de loi, désormais soumis à la Cour constitutionnelle. Elle reconnaît qu’il s’agit d’une étape prévue par les institutions, mais considère qu
’elle ne change pas le fond du désaccord opposant les avocats au texte.
Selon l’organisation professionnelle, la crise actuelle découle avant tout de la méthode retenue pour préparer le projet. Elle reproche aux autorités de ne pas avoir suffisamment associé
les représentants de la profession aux discussions et dénonce un recul du dialogue, de la concertation et de la recherche d’un accord.
Les avocats estiment également que plusieurs dispositions du projet peuvent porter atteinte à
l’indépendance de leur profession, à l’autonomie de leurs institutions et aux garanties nécessaires à l’exercice de leur mission. Ils présentent ces principes comme essentiels au fonctionnement de la justice et à la protection des droits des justiciables.
En plus de la grève, l’Association prévoit de
poursuivre ses démarches auprès des institutions et d’engager différentes actions juridiques, aussi bien au Maroc qu’à l’international. Elle affirme vouloir défendre le statut de l’avocat et son rôle dans la consolidation de l’État de droit.