Nabila Bakkass
24 Juillet 2026
À 18:18
L’Institution du Médiateur du Royaume a enregistré, en 2025, le bilan le plus élevé de son histoire. Selon les données présentées jeudi à Rabat, 9.958 dossiers ont été reçus au cours de l’année, contre 7.948 en 2024, soit une progression de 25,29%. Durant la même période, l’Institution a traité 9.006 dossiers et émis 1.653 décisions de règlement. Ces chiffres ont été dévoilés par
Hassan Tariq, Médiateur du Royaume, lors d’une conférence de presse organisée au siège de l’Institution à Rabat, consacrée à la présentation du rapport annuel au titre de l’année 2025, publié au Bulletin officiel. À cette occasion, Hassan Tariq a souligné que ces indicateurs traduisaient le renforcement de la présence de
l’Institution du Médiateur au sein du système national de gouvernance. En tant qu’institution constitutionnelle, celle-ci est chargée de protéger les droits des usagers, de promouvoir les principes d’équité administrative et de contribuer à l’amélioration de la qualité des services publics.
Le
Médiateur a rappelé que l’action de l’Institution ne se limitait pas à l’émission de décisions et de recommandations. Elle repose sur un processus complet qui débute par la réception des réclamations et l’examen de leur recevabilité au regard des compétences de l’Institution. Ce processus se poursuit par la saisine des administrations concernées, la conduite d’enquêtes et d’investigations, l’organisation de réunions de coordination et de suivi, avant l’adoption de décisions fondées sur une analyse juridique et objective de chaque dossier, conformément aux dispositions de la loi ainsi qu’aux principes de justice et d’équité. Au cours de l’année de référence, l’Institution a également adressé des milliers de correspondances aux administrations publiques et aux usagers. Pour Hassan Tariq, ce mécanisme constitue l’un des principaux piliers de la
médiation institutionnelle. Il favorise le rapprochement des points de vue, la recherche de solutions aux différends administratifs et le renforcement de la culture du dialogue et de la réactivité au sein des services publics.
Le responsable a également souligné que les décisions rendues par l’Institution constituaient un indicateur objectif permettant de mesurer le degré de réactivité des administrations aux conclusions de la médiation. L’objectif, a-t-il insisté, n’est pas de faire prévaloir les intérêts d’une partie sur une autre, mais de garantir un équilibre entre les droits des usagers et les exigences de l’administration, dans le respect de l’État de droit. Il a, par ailleurs, relevé que certaines réclamations mettaient en évidence des difficultés liées au retard dans l’adoption de textes réglementaires ou à l’existence de problématiques juridiques et administratives nécessitant un accompagnement spécifique. Dans le cadre de ses attributions, l’Institution adresse ainsi des recommandations et des correspondances au Chef du gouvernement ainsi qu’aux départements concernés afin de contribuer à la correction de ces dysfonctionnements et à l’amélioration des performances administratives.
Une hausse des réclamations portée par les dossiers financiers et administratifs
Le rapport révèle que les 9.958 dossiers enregistrés en 2025 se répartissent entre 6.770 réclamations relevant de la compétence de l’Institution, 3.157 dossiers d’orientation et d’information ainsi que 31 demandes de règlement à l’amiable. Il s’agit du volume le plus élevé enregistré depuis l’entrée en vigueur de la loi n°14.16 régissant l’Institution du Médiateur. Au total, 9.006 dossiers ont été traités, ce qui traduit une amélioration du rythme de traitement des réclamations et un renforcement de l’efficacité des interventions de l’Institution. Les réclamations à caractère financier arrivent en tête des dossiers reçus par l’Institution avec 2.528 dossiers, suivies des réclamations administratives (2.387 dossiers). Viennent ensuite les dossiers liés aux programmes sociaux (623 dossiers), les litiges fonciers (544 dossiers) ainsi que les affaires relatives à la non-exécution des décisions de justice (337 dossiers). Cette répartition reflète l’importance croissante des réclamations liées à la gestion des programmes sociaux, aux conditions d’accès à ces dispositifs et aux délais de leur mise en œuvre. Elle met également en évidence la persistance des litiges à caractère financier et administratif.
S’agissant des administrations concernées, le secteur de l’Intérieur arrive en tête avec 1.918 dossiers, suivi du secteur de la Justice (1.421 dossiers) puis de celui de l’Économie et des finances (1.288 dossiers). Ces chiffres confirment la persistance de la concentration des réclamations des citoyens dans les secteurs les plus étroitement liés aux services administratifs et à l’exercice de leurs droits au quotidien. Sur le plan territorial, la région de Casablanca-Settat conserve sa première place parmi les régions ayant enregistré le plus grand nombre de réclamations adressées à l’Institution du Médiateur. Elle est suivie par Rabat-Salé-Kénitra, Fès-Meknès, Marrakech-Safi, Tanger-Tétouan-Al Hoceïma et Souss-Massa. Cette répartition reflète la concentration d’une part importante des dossiers de médiation dans les régions caractérisées par une forte densité démographique et administrative.
En ce qui concerne les résultats de la médiation, le traitement des dossiers a abouti à l’émission de 1.653 décisions de règlement couvrant 28 secteurs. Le secteur de l’Économie et des finances arrive en tête avec 407 décisions, suivi de l’Intérieur (244 décisions), de l’Éducation nationale, du préscolaire et des sports (177 décisions), du secteur mutualiste (137 décisions) ainsi que des collectivités territoriales et des établissements qui leur sont rattachés (125 décisions). Le rapport indique également que le stock global des recommandations émises par l’Institution s’établissait, à fin 2025, à 769 recommandations, dont 640 demeurent en cours de suivi. Au cours de l’année, 129 nouvelles recommandations ont été formulées, tandis que le stock cumulé des recommandations a enregistré un recul par rapport à l’année précédente.
En conclusion, Hassan Tariq a réaffirmé la volonté de l’Institution du Médiateur de consolider sa place en tant qu’acteur institutionnel contribuant à l’amélioration des politiques publiques. En transformant les réclamations et les dysfonctionnements qu’elle recense en propositions concrètes, l’Institution entend contribuer à l’amélioration de la performance de l’administration, promouvoir les principes de bonne gouvernance et renforcer la confiance entre le citoyen et le service public.