Prix des médicaments : une réforme pour alléger la facture des patients
Le nouveau mode de fixation des prix des médicaments franchit une étape décisive. Adopté par le Conseil de gouvernement, le texte doit permettre de réduire le coût des traitements et les dépenses de l’assurance maladie, mais suscite des inquiétudes quant à ses effets sur les officines et la disponibilité de certains produits.
LE MATIN
23 Juillet 2026
À 11:08
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Le Conseil de gouvernement, réuni mercredi 22 juillet 2026 sous la présidence du Chef du gouvernement Aziz Akhannouch, a approuvé le projet de décret n°2.25.631 modifiant et complétant le décret n°2.13.852 du 18 décembre 2013 relatif aux conditions et modalités de fixation du prix de vente au public des médicaments fabriqués localement ou importés.
Les prix des médicaments génériques et des médicaments biosimilaires seront, pour leur part, déterminés selon un pourcentage de réduction appliqué au prix de référence du médicament d’origine.
Le texte prévoit également de réviser les prix des médicaments déjà commercialisés dont le prix de vente au public dépasse 300 dirhams. Cette révision sera effectuée sur la base du prix le plus bas relevé dans les pays de référence.
La périodicité de révision des prix sera par ailleurs ramenée de cinq à trois ans. Le projet instaure également une révision automatique des prix des médicaments génériques, selon les modalités fixées par le décret.
L’adoption de la réforme intervient toutefois dans un contexte de fortes tensions avec les représentants des pharmaciens d’officine. La Confédération des syndicats des pharmaciens du Maroc avait réclamé le report du texte, dénonçant une concertation insuffisante et estimant que les propositions destinées à préserver la viabilité économique des pharmacies n’avaient pas été retenues. Elle craint que la réforme n’aggrave les difficultés financières des officines et ne fragilise l’équilibre du secteur.
La politique de baisse des prix alimente également des inquiétudes sur la disponibilité de certains traitements. Selon l’expert en industrie pharmaceutique Abdelmajid Belaiche, les réductions successives appliquées depuis 2014 auraient rendu certains médicaments peu rentables à fabriquer, conduisant des laboratoires à abandonner leur production. Il appelle à cibler prioritairement les traitements les plus coûteux plutôt qu’à appliquer des baisses généralisées susceptibles d’accentuer les risques de pénurie.
Le défi sera ainsi de concilier la baisse du coût des traitements et des remboursements avec la viabilité économique des différents acteurs, le maintien de la production locale et la disponibilité des médicaments sur le marché national.