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Mercredi 08 Juillet 2026
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Fixation du prix des médicaments : les pharmaciens réclament un report de la réforme

À la veille de l'examen en Conseil du gouvernement du projet de décret modifiant les modalités de fixation des prix des médicaments, la tension monte entre le ministère de la Santé et les pharmaciens d'officine. La Confédération des syndicats des pharmaciens du Maroc dénonce une «concertation de façade» et accuse le département de tutelle d'imposer une réforme unilatérale susceptible, selon elle, d'aggraver la fragilité économique des pharmacies et de compromettre l'équilibre du secteur.

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La Confédération des syndicats des pharmaciens du Maroc hausse le ton. À l'annonce de l'inscription à l'ordre du jour du Conseil du gouvernement du projet de décret modifiant et complétant le décret n°2.13.852 relatif aux conditions et modalités de fixation des prix des médicaments fabriqués localement ou importés, l'organisation syndicale exprime sa «profonde surprise» et sa «vive indignation». Dans un communiqué rendu public mardi, la Confédération estime que cette initiative traduit la volonté du ministère de la Santé et de la protection sociale de poursuivre une réforme sans véritable concertation avec les représentants de la profession. Elle y voit une remise en cause de l'approche participative et des principes de bonne gouvernance consacrés par la Constitution.

Des propositions restées sans suite

Les pharmaciens rappellent avoir pris part à quatre réunions officielles avec le ministère de la Santé au cours desquelles ils ont présenté un mémorandum comportant plusieurs propositions destinées à concilier deux impératifs : permettre une révision à la baisse des prix des médicaments au profit des citoyens tout en préservant la viabilité économique des officines. Selon la Confédération, ces propositions prévoyaient notamment que toute baisse des prix soit accompagnée de mécanismes de soutien capables de compenser les déséquilibres économiques subis par les pharmacies depuis l'entrée en vigueur du précédent décret.

Or, regrette l'organisation, aucune des recommandations formulées par les différents intervenants n'aurait été retenue. Le texte actuellement soumis au Conseil du gouvernement serait, selon elle, quasiment identique à celui présenté dès la première réunion de concertation. Pour la Confédération, cette situation démontre que les consultations engagées par le ministère n'ont été qu'une «mise en scène» destinée à entériner une décision déjà arrêtée, plutôt qu'un véritable processus d'élaboration participative des politiques publiques.

Le spectre d'une nouvelle escalade

Tout en réaffirmant son rejet de cette méthode, la Confédération rappelle qu'elle a déjà organisé, le 9 septembre 2025, un sit-in devant le ministère de la Santé afin de dénoncer ce qu'elle qualifie d'absence de bonne gouvernance dans la conduite des réformes touchant le secteur pharmaceutique. L'organisation reproche au département de tutelle de privilégier des mesures ponctuelles et unilatérales au détriment d'une réforme globale susceptible de répondre durablement aux difficultés économiques que traversent les pharmacies et de renforcer, dans le même temps, la sécurité médicamenteuse nationale.

Le ministère mis en cause

La Confédération va plus loin en estimant que le ministère de la Santé est désormais devenu «la principale menace» pour la stabilité du secteur pharmaceutique. Elle l'accuse de poursuivre des politiques qui ignorent la fragilité financière de milliers d'officines ainsi que leur rôle de proximité dans la garantie d'un accès équitable et sécurisé aux médicaments. Elle tient également le ministère pour responsable des conséquences que pourrait entraîner l'adoption du projet de décret, qui précipiterait «la dégradation de la situation économique des pharmacies et aurait des répercussions sur la sécurité médicamenteuse nationale».

Appel à la mobilisation de la profession

Face à cette évolution, la Confédération appelle l'ensemble des pharmaciens à resserrer les rangs autour de leur organisation syndicale, à renforcer leur vigilance et à maintenir un haut niveau de mobilisation pour défendre l'avenir de la profession. Elle assure enfin qu'elle continuera à suivre de près l'évolution de ce dossier et n'exclut pas de nouvelles initiatives, en concertation avec ses instances dirigeantes et les autres partenaires du secteur, afin de défendre les intérêts des pharmaciens tout en préservant le droit des citoyens à un système pharmaceutique «stable, équitable et durable».
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