Des experts, des universitaires et des représentants d'entreprises de l'économie sociale et solidaire (ESS) ont souligné, samedi à Skhirat, la nécessité d'instaurer les mécanismes d'un dialogue participatif entre les différents acteurs du secteur, permettant d'étancher leur soif à collaborer en faveur du développement et de la convergence de ce pilier de l'économie.
Réunis dans le cadre des Assises nationales de l'économie sociale et solidaire, tenues sous le Haut patronage de S.M. le Roi Mohammed VI, les intervenants à une session dédiée à la restitution des travaux des ateliers de ces assises ont été unanimes à privilégier une collaboration fructueuse entre les divers opérateurs du terrain afin de faire de ce secteur un véritable modèle de développement économique, social et écologique.
Ainsi, Abdellatif Komat, doyen de la Faculté des sciences juridiques, économiques et sociales de Aïn Chock, a mis en exergue l'importance du benchmark et de l'ouverture sur des expériences étrangères réussies, afin de garantir la mise en place d'un cadre structuré de l'ESS et la contribution à l'élaboration fluide et rapide de la loi cadre ESS au Maroc, destinée à développer et à exploiter toutes les possibilités offertes par cette économie et répondre aux besoins des populations les plus précaires.
Abdellatif Komat a, également, plaidé pour l'inclusion efficace de l'ESS dans l'écosystème et la dynamique socio-économique, ainsi que pour l'instauration d'un système de financement bien spécifique, en encourageant, entre autres, la création de banques coopératives à l'instar d'autres pays européens.
Pour sa part, Jean-Pierre Girard, expert et conseiller international en entreprises collectives au Canada, a préconisé le développement de plateformes de dialogue entre chercheurs et acteurs dans le cadre d'une approche participative, tout en instaurant des outils dédiés à l'observation de l'innovation économique et sociale.
D'après lui, une clarification des concepts et des contenus liés à l'ESS ainsi que l'élaboration d'une loi-cadre contraignante sont assurément des éléments indispensables pour la promotion de cette économie.
Pour Jean Gatel, ex-secrétaire d'Etat chargé de l'ESS et du développement local en France, la facilitation des échanges entre les porteurs de projets est de nature à leur permettre de se faire mieux connaitre, en stimulant les actions de financement.
Jean Gatel a dressé, à cet égard, un «triste» constat en matière de financement des projets relevant de l'ESS, expliquant que cette économie demeure «écartée des grands flux financiers, et dont les acteurs se contentent, dans la majorité des cas, de frapper à la porte des organisations internationales et des grands bailleurs de fonds, afin de bénéficier d'une partie de leurs fonds».
Cette économie, qui engage aussi bien les producteurs que les consommateurs et qui se heurte encore à des problématiques d'ordre culturel, ne devrait plus être perçue comme une simple «économie de réparation destinée aux personnes exclues de la société», d'où la nécessité, selon lui, de placer l'ESS au cœur des politiques publiques et de mener des efforts de sensibilisation quant à son intérêt dans le développement économique.
Tenue sous le thème «Economie sociale et solidaire : quels référentiels pour le développement et la mise en cohérence ?», cette rencontre de deux jours a été marquée par l'organisation de trois ateliers, en l'occurrence, «Plateforme législation, structuration et gouvernance», «Apport de la recherche et développement à la définition des référentiels de l'ESS» et «Contribution de la coopération internationale au développement et la convergence de l'ESS».
Ces assises ont été également marquées par la signature de trois conventions de partenariat portant sur l'intégration de l'ESS dans les programmes de l'enseignement et la commercialisation des produits de terroir des coopératives.
