La vision stratégique 2015-2030 de la réforme de l'enseignement du Conseil supérieur de l'éducation, de la formation et de la recherche scientifique (CSEFRS), met un accent particulier sur l'édification de l'école de l'intégration de l'individu, de la promotion et du progrès social
«L'édification de l'école de l'intégration de l'individu, de la promotion et du progrès social est à la fois un choix stratégique dans la feuille de route de la réforme de l'éducation et l'une de ses grandes finalités», lit-on dans le résumé de la Vision stratégique de la réforme 2015-2030 publié par le Conseil.
C'est pour cette raison que la vision stratégique que propose le Conseil insiste sur le besoin de pérenniser et de conforter les constantes et les valeurs religieuses et nationales du Royaume , de son identité plurielle et de sa diversité culturelle, ajoute le document, précisant qu'elle confirme aussi l'importance d'enraciner les valeurs de la démocratie, de la citoyenneté et du comportement civique.
La vision insiste par ailleurs sur l'adéquation de la formation avec les besoins économiques du pays et les métiers nouveaux et d'avenir ainsi qu'avec les différentes exigences de l'intégration socioculturelle et d'une bonne insertion économique, indique le CSEFRS.
De même, au plan sociétal, la vision considère que l'école devrait jouer le rôle de locomotive dans la consolidation de la position du Maroc parmi les pays émergents, en favorisant l'accès à la société du savoir, l'adaptation à l'ère numérique, la progression de la recherche et de l'innovation pour le développement, l'encouragement de l'excellence et le renforcement des capacités compétitives du pays.
Selon le CSEFRS, la mise en œuvre efficace des leviers de changement définis par la vision stratégique est tributaire de la réunion de la mobilisation de la société et la disponibilité d'un leadership efficient et des compétences de gestion performantes.
La période 2015-2030 sera proclamée une période de mobilisation nationale pour le renouveau de l'école marocaine, relève le CSEFRS. De ce fait, elle devrait, en tant que priorité nationale, bénéficier de l'intérêt et du soutien de toutes les forces vives de la nation (Etat, collectivités locales, syndicats, société civile et politique, intellectuels, artistes et femmes et hommes de la communication et des médias et les différentes composantes de l'école).
Le Conseil recommande également de traduire le contenu de la vision stratégique de la réforme pour une Ecole de l'équité, de la qualité et de la promotion 2015-2030 sous forme d'une loi-cadre promulguée par le parlement, qui fera foi d'un contrat national engageant l'ensemble des forces citées dans sa mise en œuvre et le suivi régulier de son parcours et de ses réalisations.
Le CSEFRS indique qu'une bonne conduite du changement requiert l'appropriation de l'esprit du changement, de la volonté d'innover et de la méthode dans l'action et la gestion à toutes les échelles et aux diverses composantes de l'Ecole.
Une bonne conduite du changement repose sur de hautes compétences humaines au niveau de la gestion, de la communication et de la mise en œuvre des mesures appropriées. Ces compétences doivent pouvoir rendre compte régulièrement des réalisations de la réforme et évaluer leurs résultats. Elles seront appuyées par des structures et des dispositifs à même de développer la dynamique recherchée au niveau national et régional.
Parmi les qualités requises des responsables de la conduite du changement figure leur capacité d'impliquer régulièrement tous les acteurs, aux niveaux national, régional et local et au sein des établissements, grâce au recours à la consultation, à la participation et à la coordination.
Cela nécessite aussi des responsables une connaissance précise et intime de l'environnement dans lequel ils se déploient, le développement d'une pratique ascendante fondée sur une approche par projet, sur la progressivité et sur l'expérimentation, le cas échéant, ainsi que la mobilisation diligente des moyens et des ressources requis.
L'ensemble de ces mesures combinées aidera à réunir les conditions de réussite de la conduite du changement et de la réalisation de la réforme escomptée, indique le CSEFRS.
