La progression des véhicules électrifiés au Maroc s’observe désormais clairement dans les chiffres du marché automobile. Longtemps marginale, cette catégorie de motorisations s’installe progressivement dans le paysage national. Pourtant, si les ventes progressent rapidement, l’écosystème financier qui devrait accompagner cette évolution reste encore en phase de construction.
Au cours des trois dernières années, la dynamique du marché a profondément changé. Les immatriculations de véhicules hybrides et électriques ont connu une croissance particulièrement rapide, portée en grande partie par l’arrivée de nouveaux modèles et par une concurrence plus intense entre constructeurs.
Les statistiques de l’Association des importateurs de véhicules au Maroc (AIVAM) expriment clairement cette évolution récente. En 2025, les modèles hybrides et électriques ont représenté environ 12 % des immatriculations de véhicules neufs, soit plus de 28.000 unités vendues sur le marché marocain. Un an plus tôt, en 2024, cette part tournait encore autour de 8 %, ce qui confirme l’accélération rapide de la transition vers les motorisations électrifiées.
Cette progression rapide ne s’explique toutefois pas par l’existence d’un dispositif public particulièrement structuré. Contrairement à certains marchés européens, où l’électrification s’appuie sur des politiques d’incitation importantes, la dynamique marocaine repose avant tout sur les initiatives des constructeurs et la pression concurrentielle.
Le crédit automobile reste en effet l’un des produits les plus disputés du secteur financier. Les principaux acteurs du marché (Wafasalaf, Eqdom, Sofac, Salafin ou encore les filiales de financement des grandes banques marocaines) proposent des solutions très compétitives pour l’acquisition d’un véhicule neuf. Mais ces offres restent généralement généralistes et ne comportent pas de conditions spécifiques pour les modèles hybrides ou électriques.
Autrement dit, l’achat d’un véhicule électrifié passe aujourd’hui par les mêmes mécanismes de financement qu’un modèle thermique. Les mensualités, les taux et les conditions d’accès ne diffèrent généralement pas, ce qui signifie que la mobilité électrique ne bénéficie pas encore d’un traitement particulier dans les politiques de crédit automobile.
Dans ce paysage, une initiative fait figure d’exception. Wafasalaf, filiale d’Attijariwafa bank, avait lancé dès 2014 une offre baptisée Salaf-Ecolo, destinée à financer l’achat de véhicules électriques et hybrides. À l’époque, le marché était encore très limité et l’offre automobile presque inexistante.
Ce produit a véritablement commencé à trouver son public quelques années plus tard, notamment après la COP22 organisée à Marrakech en 2016, qui a contribué à placer la question de la mobilité durable au centre des discussions économiques et environnementales.
Les données publiées dans le rapport annuel 2024 de Wafasalaf confirment d’ailleurs l’évolution du marché. La part des financements verts dans le portefeuille de l’entreprise est passée de 0,12 % en 2021 à 4,27 % en 2024, signe d’une progression rapide de la demande pour ce type de véhicules.
Certaines propositions incluent, par exemple, un apport initial nul, des taux de financement particulièrement attractifs, voire des formules de mensualités adaptées. Ces stratégies visent à réduire la barrière du prix d’achat, souvent perçu comme l’un des principaux freins à l’adoption de ces technologies.
Des marques comme Toyota, Dacia ou encore BYD ont ainsi multiplié les opérations commerciales permettant d’acquérir un véhicule hybride ou électrique dans des conditions financières proches de celles d’un modèle thermique.
Ces offres s’accompagnent parfois de services complémentaires destinés à rassurer les acheteurs : entretien inclus, extension de garantie, installation d’une borne de recharge à domicile ou assistance spécifique pour les véhicules électrifiés.
Dans cette première phase de développement, la mobilité électrique au Maroc avance donc essentiellement grâce aux initiatives du secteur automobile lui-même, tandis que l’écosystème financier et réglementaire continue de s’adapter progressivement.
La première mesure importante remonte à 2017, avec l’exonération de la taxe spéciale annuelle sur les véhicules automobiles (TSAV), plus connue sous le nom de vignette, pour les véhicules électriques et hybrides. Cette disposition permet de réduire légèrement le coût d’usage pour les propriétaires de ces véhicules.
L’année suivante, en 2018, une seconde mesure fiscale est venue compléter ce dispositif : l’exonération du droit de timbre proportionnel lors de la première immatriculation au Maroc ou lors du dédouanement pour les véhicules électriques et hybrides. Normalement, ce droit varie entre 5 % et 20 % de la valeur du véhicule hors TVA, ce qui représente une économie non négligeable lors de l’achat.
Ces mesures ont contribué à alléger légèrement le coût d’acquisition, mais leur impact reste relativement limité sur l’accessibilité globale des véhicules électrifiés. Depuis leur introduction, aucune nouvelle incitation fiscale majeure n’est venue compléter ce dispositif.
Dans le même temps, un autre élément fiscal a suscité certaines interrogations parmi les acteurs du secteur.
Celui-ci est passé de 14 % jusqu’à fin 2023 à 16 % en 2024, avant d’atteindre 18 % en 2025, avec une progression programmée jusqu’à 20 % en 2026. Cette évolution concerne directement la recharge des véhicules électriques, dont le coût d’utilisation dépend en grande partie du prix de l’électricité.
Certains acteurs du secteur évoquent régulièrement l’idée de mettre en place un « tarif spécial mobilité » pour l’électricité destinée à la recharge des véhicules. L’objectif serait de soutenir le développement de cette technologie en proposant un coût d’énergie plus avantageux pour les utilisateurs. Pour l’instant, toutefois, aucune décision officielle n’a encore été annoncée dans ce sens.
Au cours des trois dernières années, la dynamique du marché a profondément changé. Les immatriculations de véhicules hybrides et électriques ont connu une croissance particulièrement rapide, portée en grande partie par l’arrivée de nouveaux modèles et par une concurrence plus intense entre constructeurs.
Les statistiques de l’Association des importateurs de véhicules au Maroc (AIVAM) expriment clairement cette évolution récente. En 2025, les modèles hybrides et électriques ont représenté environ 12 % des immatriculations de véhicules neufs, soit plus de 28.000 unités vendues sur le marché marocain. Un an plus tôt, en 2024, cette part tournait encore autour de 8 %, ce qui confirme l’accélération rapide de la transition vers les motorisations électrifiées.
Cette progression rapide ne s’explique toutefois pas par l’existence d’un dispositif public particulièrement structuré. Contrairement à certains marchés européens, où l’électrification s’appuie sur des politiques d’incitation importantes, la dynamique marocaine repose avant tout sur les initiatives des constructeurs et la pression concurrentielle.
Des offres bancaires encore peu différenciées
Si l’offre automobile s’est considérablement élargie, la situation est différente du côté du financement. Les banques et sociétés spécialisées continuent, pour l’instant, de traiter les véhicules électrifiés comme n’importe quel autre véhicule.Le crédit automobile reste en effet l’un des produits les plus disputés du secteur financier. Les principaux acteurs du marché (Wafasalaf, Eqdom, Sofac, Salafin ou encore les filiales de financement des grandes banques marocaines) proposent des solutions très compétitives pour l’acquisition d’un véhicule neuf. Mais ces offres restent généralement généralistes et ne comportent pas de conditions spécifiques pour les modèles hybrides ou électriques.
Autrement dit, l’achat d’un véhicule électrifié passe aujourd’hui par les mêmes mécanismes de financement qu’un modèle thermique. Les mensualités, les taux et les conditions d’accès ne diffèrent généralement pas, ce qui signifie que la mobilité électrique ne bénéficie pas encore d’un traitement particulier dans les politiques de crédit automobile.
Dans ce paysage, une initiative fait figure d’exception. Wafasalaf, filiale d’Attijariwafa bank, avait lancé dès 2014 une offre baptisée Salaf-Ecolo, destinée à financer l’achat de véhicules électriques et hybrides. À l’époque, le marché était encore très limité et l’offre automobile presque inexistante.
Ce produit a véritablement commencé à trouver son public quelques années plus tard, notamment après la COP22 organisée à Marrakech en 2016, qui a contribué à placer la question de la mobilité durable au centre des discussions économiques et environnementales.
Les données publiées dans le rapport annuel 2024 de Wafasalaf confirment d’ailleurs l’évolution du marché. La part des financements verts dans le portefeuille de l’entreprise est passée de 0,12 % en 2021 à 4,27 % en 2024, signe d’une progression rapide de la demande pour ce type de véhicules.
L’initiative vient surtout des constructeurs
En l’absence de produits financiers largement dédiés à la mobilité électrique, ce sont souvent les constructeurs et les concessionnaires qui ont pris l’initiative. Plusieurs marques présentes sur le marché marocain ont développé leurs propres offres commerciales pour faciliter l’accès aux véhicules électrifiés.Certaines propositions incluent, par exemple, un apport initial nul, des taux de financement particulièrement attractifs, voire des formules de mensualités adaptées. Ces stratégies visent à réduire la barrière du prix d’achat, souvent perçu comme l’un des principaux freins à l’adoption de ces technologies.
Des marques comme Toyota, Dacia ou encore BYD ont ainsi multiplié les opérations commerciales permettant d’acquérir un véhicule hybride ou électrique dans des conditions financières proches de celles d’un modèle thermique.
Ces offres s’accompagnent parfois de services complémentaires destinés à rassurer les acheteurs : entretien inclus, extension de garantie, installation d’une borne de recharge à domicile ou assistance spécifique pour les véhicules électrifiés.
Dans cette première phase de développement, la mobilité électrique au Maroc avance donc essentiellement grâce aux initiatives du secteur automobile lui-même, tandis que l’écosystème financier et réglementaire continue de s’adapter progressivement.
Des incitations fiscales encore limitées
Sur le plan fiscal, les mesures destinées à encourager l’adoption des véhicules électrifiés restent relativement modestes. Le Maroc a introduit quelques dispositions dans la foulée de la COP22 organisée à Marrakech en 2016, mais celles-ci demeurent limitées en comparaison avec les politiques d’incitation mises en place dans certains pays européens.La première mesure importante remonte à 2017, avec l’exonération de la taxe spéciale annuelle sur les véhicules automobiles (TSAV), plus connue sous le nom de vignette, pour les véhicules électriques et hybrides. Cette disposition permet de réduire légèrement le coût d’usage pour les propriétaires de ces véhicules.
L’année suivante, en 2018, une seconde mesure fiscale est venue compléter ce dispositif : l’exonération du droit de timbre proportionnel lors de la première immatriculation au Maroc ou lors du dédouanement pour les véhicules électriques et hybrides. Normalement, ce droit varie entre 5 % et 20 % de la valeur du véhicule hors TVA, ce qui représente une économie non négligeable lors de l’achat.
Ces mesures ont contribué à alléger légèrement le coût d’acquisition, mais leur impact reste relativement limité sur l’accessibilité globale des véhicules électrifiés. Depuis leur introduction, aucune nouvelle incitation fiscale majeure n’est venue compléter ce dispositif.
Dans le même temps, un autre élément fiscal a suscité certaines interrogations parmi les acteurs du secteur.
Une hausse progressive de la TVA sur l’électricité
La question du coût de l’énergie constitue un autre paramètre important pour la mobilité électrique. Or, une réforme récente de la fiscalité énergétique a introduit une hausse progressive du taux de TVA appliqué à l’électricité.Celui-ci est passé de 14 % jusqu’à fin 2023 à 16 % en 2024, avant d’atteindre 18 % en 2025, avec une progression programmée jusqu’à 20 % en 2026. Cette évolution concerne directement la recharge des véhicules électriques, dont le coût d’utilisation dépend en grande partie du prix de l’électricité.
Certains acteurs du secteur évoquent régulièrement l’idée de mettre en place un « tarif spécial mobilité » pour l’électricité destinée à la recharge des véhicules. L’objectif serait de soutenir le développement de cette technologie en proposant un coût d’énergie plus avantageux pour les utilisateurs. Pour l’instant, toutefois, aucune décision officielle n’a encore été annoncée dans ce sens.
