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Samedi 26 Septembre 2026
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À Tétouan, le cinéma méditerranéen mise sur la transmission et la coopération

Du 3 au 10 octobre 2026, la 31e édition du Festival de cinéma méditerranéen de Tétouan ne se limitera pas aux projections et aux compétitions. Ateliers d’écriture, formation aux métiers du court métrage, rencontres professionnelles et colloques viendront nourrir une réflexion sur les transformations du cinéma méditerranéen et sur les nouvelles formes de coopération entre ses différentes cinématographies.

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À l’heure où les modes de production, de financement et de diffusion du cinéma connaissent de profondes mutations, le Festival de cinéma méditerranéen de Tétouan entend renforcer sa dimension de plateforme d’échanges. Pour cette 31e édition, qui se tiendra du 3 au 10 octobre, le rendez-vous accordera une place importante à la transmission, à l’accompagnement des jeunes créateurs et au dialogue entre professionnels des deux rives de la Méditerranée. Parmi les principaux rendez-vous de cette édition figurent les Ateliers de Tétouan, qui arrivent à leur quatrième édition.

Destiné à accompagner des projets cinématographiques encore au stade de l’écriture, ce programme entend favoriser l’émergence de nouvelles voix et contribuer au développement de projets issus de différents territoires méditerranéens. Dix projets, portés par onze cinéastes venus de Turquie, de Syrie, du Liban, de Tunisie, de France et du Maroc, ont été retenus. La sélection réunit des projets documentaires et de fiction, portés notamment par Otman Salil et Julia Le Noël, Faïçal Benaghrou, Zineb Chafchaouni Moussouaoui, Ghina Daou, Beril Tan, Lina Arious, Oussama Oussous, Reda Lahmouid, Yassine El Idrissi et Siba Younes.

Au-delà du soutien financier destiné au développement de l’écriture, les Ateliers proposent un accompagnement autour de la préparation du pitch et favorisent les échanges directs avec des professionnels du secteur. Les projets seront présentés devant un jury composé de Karim Aitouna, producteur au Maroc et en France, Mohamed Reda, journaliste senior en Angleterre, Bachir Edkhil, écrivain et analyste politique marocain, ainsi que Pilar Saavedra Perrotta, actrice et productrice italienne.

Former les cinéastes de demain

La transmission constitue par ailleurs l’un des axes de «Talents en Court», programme consacré cette année à des étudiants issus de différentes écoles de cinéma et d’art au Maroc. Durant trois jours, les participants seront invités à explorer les principales étapes de la fabrication d’un court métrage, de l’écriture du scénario à la réalisation. L’objectif est de confronter les connaissances théoriques à la pratique et de permettre aux jeunes participants de bénéficier de l’expérience de professionnels du cinéma. La formation sera coordonnée par les cinéastes Mohamed Chrif Tribak et Nasser Abdelrahman. Cette attention portée à la formation s’inscrit dans une réflexion plus large sur les transformations que connaît aujourd’hui le secteur cinématographique.

Deux colloques viendront ainsi prolonger les débats autour de la création et de la réception des œuvres. Le premier, consacré aux «Nouvelles économies du cinéma en Méditerranée», s’intéressera aux mutations des modèles de production, de financement et de diffusion. Coproduction, circulation des œuvres, plateformes numériques, marchés nationaux et coopération entre les deux rives seront notamment au cœur des échanges. Saïd Hamich, Hala Lotfy, Peter Marcias et Caroline Locardi Laraki participeront à cette rencontre modérée par Khalid Zaïri.

Le second colloque, intitulé «Films-cinémas : enjeux de réception», déplacera le regard vers le rapport entre les œuvres et leurs spectateurs. Il sera notamment question de mémoire cinématographique et de la manière dont les images peuvent s’inscrire dans les récits individuels et collectifs. La poétesse et scénariste Soukaina Habiballah, l’écrivain Abdelkader Chaoui, le poète et critique d’art Hassan Najmi ainsi que l’écrivain et philosophe Abderrahim Zaid y prendront part, sous la modération de Zohra Lhioui.

Tétouan-Matera, un autre espace de dialogue

La dimension internationale de cette édition sera par ailleurs marquée par une carte blanche au Matera Film Festival. Cette initiative s’inscrit dans la coopération entre Tétouan et Matera, ainsi que dans le cadre de l’initiative «Matera, Capitale méditerranéenne de la culture et du dialogue 2026». En collaboration avec Cinecittà et avec le soutien de plusieurs institutions italiennes, cette programmation donnera lieu à des rencontres entre professionnels marocains et italiens autour des perspectives de coopération cinématographique.

Une conférence institutionnelle permettra notamment de présenter les initiatives développées à Matera en 2026. Les possibilités de coproduction seront au centre des discussions avec un panel consacré aux «Producteurs italiens et marocains : nouvelles perspectives de coproduction». Production, coproduction, distribution et développement de projets seront abordés en présence de professionnels des deux pays, parmi lesquels le producteur italien Mario Mazzarotto.

Le public pourra, de son côté, découvrir quatre films issus du Matera Film Festival, en présence d’une délégation italienne. Le partenariat se prolongera en novembre 2026 à Matera, où une délégation du Festival de Tétouan participera à plusieurs activités aux côtés de personnalités du cinéma marocain. Avec cette programmation, le Festival de cinéma méditerranéen de Tétouan inscrit sa 31e édition dans une dynamique qui dépasse la seule présentation des œuvres.

L’accompagnement de l’écriture, la formation des jeunes talents, la réflexion sur les mutations du secteur et le développement de passerelles entre professionnels participent d’une même volonté : faire du Festival un espace où les cinématographies méditerranéennes peuvent non seulement se rencontrer, mais aussi construire ensemble de nouveaux projets.
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