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Dimanche 05 Avril 2026
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Droits de reproduction reprographique : un nouveau mécanisme pour rééquilibrer la presse marocaine

La mise en place des redevances pour reproduction reprographique ouvre la voie à une meilleure reconnaissance économique du travail journalistique, dans un contexte de profonde mutation du paysage médiatique.

La presse écrite au Maroc pourrait bénéficier d’un nouveau levier de soutien. Réuni vendredi à Rabat, le ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, Mohamed Mehdi Bensaid, a annoncé la mise en œuvre des redevances pour reproduction reprographique, un dispositif destiné à rémunérer l’utilisation des contenus journalistiques.

Présentée lors d’une rencontre dédiée à l’accès du secteur à ce mécanisme, cette mesure vise à permettre aux journaux papier de faire valoir leurs droits, tout en s’inscrivant dans les orientations nationales de soutien à un secteur en pleine transformation.

Dans un environnement médiatique marqué par l’essor du numérique, le ministre a insisté sur la nécessité de protéger les droits d’auteur afin de garantir la pérennité du secteur et de mieux valoriser le travail des journalistes. Une reconnaissance jugée essentielle à l’heure où les modèles économiques de la presse sont fragilisés. Mais la réforme ne se limite pas au support papier. Le ministère défend une approche globale, intégrant également la presse électronique, désormais centrale dans l’écosystème médiatique. En coordination avec le Bureau Marocain des Droits d'Auteur et Droits Voisins, des mécanismes sont en cours de déploiement pour permettre aux médias numériques de bénéficier des revenus liés à l’exploitation de leurs contenus, notamment via le système de copie privée.



De son côté, la directrice du BMDAV, Dalal Mhamdi Alaoui, a apporté des précisions sur les modalités concrètes de ce dispositif. Elle a expliqué que cette rencontre visait à présenter deux volets essentiels : d’une part, le cadre juridique détaillant les acteurs concernés, les bénéficiaires et les modalités de perception de ces redevances ; d’autre part, un aperçu de la future plateforme numérique.

Cette plateforme permettra aux journalistes professionnels de s’inscrire auprès du Bureau et de déclarer leurs articles, dans un premier temps pour la presse écrite, puis à terme pour les contenus numériques. Un outil qui se veut à la fois structurant et accessible, afin de faciliter l’intégration des professionnels dans ce nouveau système.

La responsable a également tenu à préciser la nature des contenus concernés. « Lorsqu’on parle d’article journalistique, il ne s’agit pas d’une simple information factuelle, mais d’un contenu qui comporte un travail d’analyse, de réflexion et de création », a-t-elle expliqué, insistant sur la dimension intellectuelle et originale du travail journalistique.



Au-delà de l’enjeu économique, les responsables ont rappelé le rôle fondamental de la presse et de l’édition dans la diffusion de la culture et la formation du citoyen. La protection des droits matériels et moraux des journalistes apparaît ainsi comme une condition essentielle pour préserver la qualité et la crédibilité de l’information.

La rencontre a également été marquée par des présentations techniques sur le cadre juridique des droits de reprographie et sur les outils numériques en cours de développement. Autant d’éléments qui traduisent la volonté des pouvoirs publics de structurer un modèle plus équitable, où la circulation de l’information s’accompagne d’une juste rémunération de ceux qui la produisent.
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