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Exposition : Fahamu Pecou réinvente l’iconographie afro-américaine au Jardin Rouge

L’artiste américain Fahamu Pecou expose, jusqu’au 21 mars prochain, à la Residents’ Gallery de la Montresso Art Foundation. À travers sa ré-interprétation du mythe d’Icare, il mêle mémoire, héritage et imaginaire contemporain, offrant une lecture renouvelée de la culture afro-américaine et de la diaspora.

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Un souffle d’éternité traverse les œuvres que présente Fahamu Pecou jusqu’au 21 mars à la Residents’ Gallery de la Montresso Art Foundation à Marrakech. Figure majeure de l’art contemporain afro-américain, Pecou vit et travaille à Atlanta, ville dont la riche histoire culturelle nourrit profondément sa pratique. Son art est politique, agissant à la fois comme un acte de résistance et comme un éveil à la conscience de la culture afro-américaine, nourri par la quête des origines et l’influence de Toni Morrison.



Dans cette nouvelle odyssée, l’artiste revisite le mythe d’Icare et lui donne un sens inédit. Loin de la Grèce antique, le récit s’ancre dans une relecture anachronique située au Royaume de Kongo. Icare, incarné par Pecou, cesse d’être une figure de l’excès punie et devient une métaphore de la condition noire : un vecteur de mémoire collective qui s’élève et défie les lois sociales de la gravité.

Narrateur et performeur, Pecou construit un réseau dense de signes et de symboles qui relient lieux et temporalités. Sous ses pinceaux et crayons, le temps se comprime et se réinvente, donnant naissance à de nouveaux artefacts culturels. Les ailes, motif central, deviennent autant des allégories de la créativité que des ponts entre mondes matériel et spirituel.

De Michael Jordan aux figures Nkisi, de la culture hip-hop aux cosmologies kongo, Pecou explore la circulation et la transformation des pratiques artistiques, culturelles et ancestrales à travers l’Atlantique noir, à l’image des travaux de Paul Gilroy. Son iconographie rend visibles les métamorphoses entre sphères culturelles et ouvre de nouvelles perspectives sur la construction d’une communauté noire transculturelle.

Au cœur de cette démarche se trouve la transmission. Par le biais de sa figure personnelle, Pecou sacralise Icare, non comme symbole de l’hybris punie, mais comme mythe où les corps noirs peuvent s’élever sans brûler, dans un espace où le soleil ne consume pas et où l’élévation est accessible à tous. Depuis son atelier au Jardin Rouge, il révèle un cosmogramme de mondes interconnectés, invitant le spectateur à imaginer un cycle où ce qui semble être une fin est en réalité un nouveau commencement.
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