Il suffit d’un geste de sa main pour que résonnent les Bendirs, l’Agoual et le Naqous. Autour d’elle, les danseurs du Mizane Houara, l’une des expressions de l’art de l’Ahwach dans la région de Houara, se mettent en mouvement avec une précision presque instinctive.
Quatorze hommes. Une seule femme. Fatna Lkahouli mène la danse de la vipère avec une assurance que lui ont forgée des décennies de pratique. Elle n’a nul besoin d’élever la voix : un regard, un geste, et chacun trouve sa place. Son expérience et sa parfaite maîtrise du Mizane Houara lui valent le respect de sa troupe, dont elle est aujourd’hui l’une des plus ferventes gardiennes et passeuses.
À Marrakech, lors de la 55e édition du Festival national des arts populaires (FNAP), elle retrouve une scène qu’elle connaît depuis de nombreuses années. Pour cette figure des arts populaires, le rendez-vous dépasse largement le cadre d’une représentation. C’est un moment où les traditions dialoguent, où les régions racontent leur histoire à travers leurs chants, leurs rythmes et leurs danses. «Je n’y renonce pour rien», confie-t-elle. Car pour elle, participer au FNAP, c’est faire vivre un patrimoine qui ne demande qu’à être partagé.
Originaire d’Oulad Taïma, dans la province de Taroudant, Fatna Lkahouli, connue du public sous le nom de Fatima Chelha, s’est forgé une réputation bien au-delà de sa région natale. Depuis son plus jeune âge, elle s’est initiée à l’art de l’Ahwach, et plus particulièrement au Mizane Houara, auprès des anciens maîtres de la région. Elle évoque cet apprentissage avec beaucoup de respect, consciente d’avoir hérité d’un savoir transmis de génération en génération qu’il lui appartient désormais de préserver et de transmettre à son tour.
Sous sa direction, la troupe Mizane Houara fait revivre un répertoire profondément enraciné dans le patrimoine populaire du Sud marocain. Chaque tableau répond à une gestuelle d’une grande précision, où les pas des danseurs épousent les frappes du bendir. Parmi les moments les plus attendus figure la célèbre danse de la vipère, inspirée d’un ancien récit populaire de la région de Houara. Plus qu’une simple chorégraphie, elle donne corps à une mémoire collective que Fatna Lkahouli continue de porter sur les scènes marocaines et internationales.Son parcours n’a pourtant rien eu d’un long fleuve tranquille. Pour subvenir aux besoins de sa famille, elle a aussi exercé le métier de chauffeuse de grand taxi, une profession alors presque exclusivement masculine dans le sud du Royaume. Cette expérience, vécue dans un univers où les femmes étaient rarement présentes, témoigne d’une détermination à toute épreuve. Malgré les difficultés, elle n’a jamais cessé de faire vivre l’art auquel elle a consacré sa vie.
Cette force de caractère se retrouve dans la manière dont elle dirige sa troupe. Derrière chaque représentation se cache un travail exigeant : organiser les répétitions, coordonner les déplacements des artistes, veiller aux costumes et maintenir la cohésion du groupe. Les membres de la troupe lui témoignent un profond respect, qu’elle considère comme le fruit de l’expérience, de la confiance et des années consacrées au service de cet héritage.
Pour Fatna Lkahouli, le patrimoine n’a de sens que s’il continue à circuler. C’est pourquoi elle multiplie les représentations au Maroc et à l’étranger, convaincue que le Mizane Houara et l’art de l’Ahwach méritent d’être connus bien au-delà de leur région d’origine. «Je n’y renonce pour rien», dit-elle à propos de sa participation au FNAP. Pour elle, faire découvrir cet héritage et le transmettre aux générations futures vaut bien plus que n’importe quelle récompense.
Son inquiétude porte désormais sur l’avenir. Comme beaucoup de gardiens des arts populaires, elle constate que les jeunes sont moins nombreux à s’engager dans cette voie. Pourtant, elle refuse de céder au pessimisme. Elle accueille de nouveaux apprentis, leur enseigne les gestes, les rythmes, la discipline et le respect de ceux qui les ont précédés. Préserver cet héritage est devenu, pour elle, une mission autant qu’un devoir.
À travers elle, ce n’est pas seulement une danse qui continue de vivre. C’est toute une mémoire populaire qui refuse de s’effacer. Tant que Fatna Lkahouli mènera les pas du Mizane Houara, l’art de l’Ahwach continuera à trouver une voix pour traverser le temps.
Quatorze hommes. Une seule femme. Fatna Lkahouli mène la danse de la vipère avec une assurance que lui ont forgée des décennies de pratique. Elle n’a nul besoin d’élever la voix : un regard, un geste, et chacun trouve sa place. Son expérience et sa parfaite maîtrise du Mizane Houara lui valent le respect de sa troupe, dont elle est aujourd’hui l’une des plus ferventes gardiennes et passeuses.
À Marrakech, lors de la 55e édition du Festival national des arts populaires (FNAP), elle retrouve une scène qu’elle connaît depuis de nombreuses années. Pour cette figure des arts populaires, le rendez-vous dépasse largement le cadre d’une représentation. C’est un moment où les traditions dialoguent, où les régions racontent leur histoire à travers leurs chants, leurs rythmes et leurs danses. «Je n’y renonce pour rien», confie-t-elle. Car pour elle, participer au FNAP, c’est faire vivre un patrimoine qui ne demande qu’à être partagé.
Originaire d’Oulad Taïma, dans la province de Taroudant, Fatna Lkahouli, connue du public sous le nom de Fatima Chelha, s’est forgé une réputation bien au-delà de sa région natale. Depuis son plus jeune âge, elle s’est initiée à l’art de l’Ahwach, et plus particulièrement au Mizane Houara, auprès des anciens maîtres de la région. Elle évoque cet apprentissage avec beaucoup de respect, consciente d’avoir hérité d’un savoir transmis de génération en génération qu’il lui appartient désormais de préserver et de transmettre à son tour.
Sous sa direction, la troupe Mizane Houara fait revivre un répertoire profondément enraciné dans le patrimoine populaire du Sud marocain. Chaque tableau répond à une gestuelle d’une grande précision, où les pas des danseurs épousent les frappes du bendir. Parmi les moments les plus attendus figure la célèbre danse de la vipère, inspirée d’un ancien récit populaire de la région de Houara. Plus qu’une simple chorégraphie, elle donne corps à une mémoire collective que Fatna Lkahouli continue de porter sur les scènes marocaines et internationales.Son parcours n’a pourtant rien eu d’un long fleuve tranquille. Pour subvenir aux besoins de sa famille, elle a aussi exercé le métier de chauffeuse de grand taxi, une profession alors presque exclusivement masculine dans le sud du Royaume. Cette expérience, vécue dans un univers où les femmes étaient rarement présentes, témoigne d’une détermination à toute épreuve. Malgré les difficultés, elle n’a jamais cessé de faire vivre l’art auquel elle a consacré sa vie.
Cette force de caractère se retrouve dans la manière dont elle dirige sa troupe. Derrière chaque représentation se cache un travail exigeant : organiser les répétitions, coordonner les déplacements des artistes, veiller aux costumes et maintenir la cohésion du groupe. Les membres de la troupe lui témoignent un profond respect, qu’elle considère comme le fruit de l’expérience, de la confiance et des années consacrées au service de cet héritage.
Pour Fatna Lkahouli, le patrimoine n’a de sens que s’il continue à circuler. C’est pourquoi elle multiplie les représentations au Maroc et à l’étranger, convaincue que le Mizane Houara et l’art de l’Ahwach méritent d’être connus bien au-delà de leur région d’origine. «Je n’y renonce pour rien», dit-elle à propos de sa participation au FNAP. Pour elle, faire découvrir cet héritage et le transmettre aux générations futures vaut bien plus que n’importe quelle récompense.
Son inquiétude porte désormais sur l’avenir. Comme beaucoup de gardiens des arts populaires, elle constate que les jeunes sont moins nombreux à s’engager dans cette voie. Pourtant, elle refuse de céder au pessimisme. Elle accueille de nouveaux apprentis, leur enseigne les gestes, les rythmes, la discipline et le respect de ceux qui les ont précédés. Préserver cet héritage est devenu, pour elle, une mission autant qu’un devoir.
À travers elle, ce n’est pas seulement une danse qui continue de vivre. C’est toute une mémoire populaire qui refuse de s’effacer. Tant que Fatna Lkahouli mènera les pas du Mizane Houara, l’art de l’Ahwach continuera à trouver une voix pour traverser le temps.
