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Mardi 14 Juillet 2026
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«Rémanence» : Hasnae El Ouarga explore la mémoire cachée de la matière à Artorium

Et si les pierres étaient les archives silencieuses du monde ? Avec «Rémanence», présentée à Casablanca jusqu’au 31 juillet, Hasnae El Ouarga transforme la matière en territoire de mémoire, où photographie, cyanotype et contemplation invitent à une lecture sensible des traces laissées par le temps.

Que conserve une pierre au-delà de sa présence physique ? Peut-elle porter la mémoire du temps, des paysages disparus ou même des origines du monde ? C’est autour de ces interrogations que s’articule «Rémanence», la nouvelle exposition de l’artiste marocaine Hasnae El Ouarga, présentée jusqu’au 31 juillet courant à l’espace d’art Artorium Fondation Travaux Généraux de Construction de Casablanca (TGCC) à Casablanca.



L’exposition rassemble des œuvres qui invitent le visiteur à ralentir son regard. Ici, aucune narration explicite ni représentation identifiable. Les compositions se construisent à partir de textures, de surfaces et de traces qui évoquent aussi bien les formations minérales que les phénomènes célestes. L’art de Hasnae El Ouarga joue ainsi sur l’ambiguïté des formes et des échelles, laissant chacun construire sa propre lecture.

Cette recherche est le fruit d’un travail mené depuis plusieurs années au sein de la résidence artistique Jardin Rouge, de la Fondation Montresso. Dans ce cadre, l’artiste s’est intéressée aux pierres, non pas comme objets géologiques, mais comme témoins silencieux de transformations lentes et de mémoires invisibles. Son approche privilégie l’intuition et la contemplation plutôt que l’explication scientifique.

Diplômée de l’École supérieure des arts visuels de Marrakech, Hasnae El Ouarga développe depuis plusieurs années une réflexion autour de l’image photographique. Son travail consiste à questionner la manière dont une image se construit, se transforme et peut faire surgir des souvenirs ou des sensations. Cette démarche l’a conduite à expérimenter différentes techniques, jusqu’à faire du cyanotype un élément central de sa pratique.

Ce procédé photographique ancien lui permet d’explorer les relations entre la lumière, la matière et le temps. Les pierres deviennent alors des supports de création qui révèlent des formes inattendues, tandis que les imperfections, les fissures ou les altérations participent pleinement à la construction de l’œuvre. L’artiste ne cherche pas à effacer ces accidents, mais au contraire à leur donner une place essentielle dans son langage plastique.

À travers «Rémanence», Hasnae

El Ouarga poursuit une réflexion sur les liens entre le monde visible et ce qui échappe au regard. Ses œuvres suggèrent que la matière peut être porteuse d’histoires et de temporalités qui dépassent l’expérience humaine, tout en laissant au spectateur la liberté d’y projeter ses propres références.

Le travail de l’artiste est aujourd’hui présent sur plusieurs scènes internationales. Ses œuvres ont notamment été exposées à Art Paris, à la Hannah Traore Gallery, aux États-Unis, et à la Foire 1-54 Art Fair de Londres. Elles figurent également dans les collections Rockefeller, de Dior, de la Société Générale, de la Fondation Montresso ainsi que du Musée national de la photographie au Maroc.
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