Le Matin : Quels critères ont guidé la sélection des projets marocains de cette 28e édition ?
Majid Bekkas : Le Festival est avant tout fondé sur les rencontres. C’est ce qui fait sa particularité : il ne s’agit pas simplement de présenter du jazz européen ou de la musique marocaine séparément, mais de créer un dialogue entre le jazz européen et les musiques marocaines. En tant que directeur artistique pour la programmation marocaine, je me base d’abord sur la capacité des musiciens à être ouverts à la rencontre, au dialogue et à la découverte d’autres cultures. Il existe des musiciens traditionnels qui sont excellents dans leur domaine, mais qui connaissent peu ce qui se passe ailleurs et ne sont pas nécessairement dans une démarche de rencontre. C’est la même chose dans le jazz : certains très bons jazzmen privilégient une approche très attachée à la culture jazz et ne recherchent pas forcément le croisement avec d’autres univers musicaux. Notre critère essentiel est donc de choisir des musiciens ouverts à la rencontre et au dialogue.
Comment avez-vous imaginé les rencontres entre les artistes marocains et européens, et quelle liberté leur avez-vous laissée dans la création ?
Nous leur laissons une réelle liberté dans la préparation de leur création. Les artistes qui vont se rencontrer peuvent notamment choisir eux-mêmes les morceaux et les musiques qu’ils souhaitent présenter. Nous les mettons en contact suffisamment longtemps à l’avance, généralement trois semaines ou un mois avant le festival, afin qu’ils puissent échanger des idées et des musiques à distance. Puis, ils arrivent un ou deux jours avant leur concert et disposent d’un lieu de répétition pendant une journée pour concrétiser ce qu’ils ont préparé et échangé en amont. Ensuite, sur scène, ils présentent le fruit de ce travail, tout en conservant une grande part d’improvisation et de liberté. C’est justement ce qui est important dans ces rencontres : il faut leur permettre de construire ensemble, mais aussi laisser une place à l’imprévu et à la spontanéité.
Les artistes marocains proposés cette année évoluent entre jazz, musiques traditionnelles et influences internationales. Que dit cette programmation de la création musicale marocaine actuelle ?
Majid Bekkas : Le Festival est avant tout fondé sur les rencontres. C’est ce qui fait sa particularité : il ne s’agit pas simplement de présenter du jazz européen ou de la musique marocaine séparément, mais de créer un dialogue entre le jazz européen et les musiques marocaines. En tant que directeur artistique pour la programmation marocaine, je me base d’abord sur la capacité des musiciens à être ouverts à la rencontre, au dialogue et à la découverte d’autres cultures. Il existe des musiciens traditionnels qui sont excellents dans leur domaine, mais qui connaissent peu ce qui se passe ailleurs et ne sont pas nécessairement dans une démarche de rencontre. C’est la même chose dans le jazz : certains très bons jazzmen privilégient une approche très attachée à la culture jazz et ne recherchent pas forcément le croisement avec d’autres univers musicaux. Notre critère essentiel est donc de choisir des musiciens ouverts à la rencontre et au dialogue.
Comment avez-vous imaginé les rencontres entre les artistes marocains et européens, et quelle liberté leur avez-vous laissée dans la création ?
Nous leur laissons une réelle liberté dans la préparation de leur création. Les artistes qui vont se rencontrer peuvent notamment choisir eux-mêmes les morceaux et les musiques qu’ils souhaitent présenter. Nous les mettons en contact suffisamment longtemps à l’avance, généralement trois semaines ou un mois avant le festival, afin qu’ils puissent échanger des idées et des musiques à distance. Puis, ils arrivent un ou deux jours avant leur concert et disposent d’un lieu de répétition pendant une journée pour concrétiser ce qu’ils ont préparé et échangé en amont. Ensuite, sur scène, ils présentent le fruit de ce travail, tout en conservant une grande part d’improvisation et de liberté. C’est justement ce qui est important dans ces rencontres : il faut leur permettre de construire ensemble, mais aussi laisser une place à l’imprévu et à la spontanéité.
Les artistes marocains proposés cette année évoluent entre jazz, musiques traditionnelles et influences internationales. Que dit cette programmation de la création musicale marocaine actuelle ?
Le festival montre justement qu’il existe au Maroc des musiciens qui ont une grande capacité d’improvisation et qui peuvent dialoguer avec d’autres univers musicaux. Les rencontres organisées au fil des éditions ont permis de révéler des artistes marocains talentueux et de leur offrir des possibilités de collaboration avec des musiciens venus d’Europe et d’ailleurs. C’est aussi l’un des intérêts de ces croisements : ils permettent de faire découvrir autrement la richesse des musiques marocaines et la capacité de leurs interprètes à entrer dans un dialogue artistique avec d’autres cultures.
Quel rôle un festival comme Jazz à Rabat peut-il jouer aujourd’hui dans la visibilité et l’évolution de la scène jazz et des musiques actuelles au Maroc?
Je suis lié à Jazz à Rabat depuis 1996. Depuis, le festival est devenu un rendez-vous annuel auquel le public de Rabat est attaché. Des spectateurs viennent aussi de Casablanca et de Tanger, notamment pour découvrir ces rencontres entre le jazz européen et la musique marocaine. Je pense que Jazz à Rabat a été l’un des premiers festivals de jazz au Maroc. D’autres festivals sont ensuite apparus, mais Jazz à Rabat conserve cette spécificité d’être fondé sur la rencontre. À ses débuts, l’un de ses objectifs était notamment de faire connaître le jazz européen au public marocain.
À l’époque, ce qui était surtout connu au Maroc était le jazz américain, tandis que le jazz européen était beaucoup moins présent dans les habitudes d’écoute. Le festival a donc contribué à faire découvrir cette autre histoire et cette autre scène du jazz. Mais les rencontres ont aussi permis de mettre en lumière des musiciens marocains et leur talent pour l’improvisation. Je me souviens notamment de plusieurs rencontres aux Oudayas qui ont été particulièrement marquantes. Je pense à feu Salah Cherki, qui avait collaboré avec le chanteur basque Beñat Axiari et le guitariste Pedro Soler.
La rencontre avait été tellement forte qu’ils ont ensuite effectué une tournée en France. Une autre collaboration illustre cette volonté de prolonger les rencontres au-delà du festival : celle du joueur de ney Rachid Zeroual avec le groupe allemand Pata Masters. Cette rencontre a donné naissance au projet « Pata Maroc », qui a donné lieu à un disque sorti en Allemagne. Pour nous, c’est exactement ce que doivent permettre ces rencontres : commencer à Rabat, puis donner naissance à des collaborations qui peuvent se poursuivre au-delà du festival, à travers des concerts, des tournées ou des enregistrements.
Qu’aimeriez-vous que ces collaborations avec les artistes européens apportent durablement aux musiciens marocains ?
Pour nous, la rencontre qui commence ici n’est que le début. L’objectif est que ces collaborations puissent ensuite être exportées en Europe et, pourquoi pas, dans le reste du monde. C’est notre but : permettre aux artistes de se rencontrer à Rabat, de créer ensemble, puis de prolonger ces collaborations au-delà du festival. Lorsqu’une rencontre fonctionne réellement, elle peut donner naissance à des tournées, à des enregistrements et à de nouveaux projets artistiques. C’est ainsi que le festival peut contribuer durablement au parcours des musiciens marocains.
Quel rôle un festival comme Jazz à Rabat peut-il jouer aujourd’hui dans la visibilité et l’évolution de la scène jazz et des musiques actuelles au Maroc?
Je suis lié à Jazz à Rabat depuis 1996. Depuis, le festival est devenu un rendez-vous annuel auquel le public de Rabat est attaché. Des spectateurs viennent aussi de Casablanca et de Tanger, notamment pour découvrir ces rencontres entre le jazz européen et la musique marocaine. Je pense que Jazz à Rabat a été l’un des premiers festivals de jazz au Maroc. D’autres festivals sont ensuite apparus, mais Jazz à Rabat conserve cette spécificité d’être fondé sur la rencontre. À ses débuts, l’un de ses objectifs était notamment de faire connaître le jazz européen au public marocain.
À l’époque, ce qui était surtout connu au Maroc était le jazz américain, tandis que le jazz européen était beaucoup moins présent dans les habitudes d’écoute. Le festival a donc contribué à faire découvrir cette autre histoire et cette autre scène du jazz. Mais les rencontres ont aussi permis de mettre en lumière des musiciens marocains et leur talent pour l’improvisation. Je me souviens notamment de plusieurs rencontres aux Oudayas qui ont été particulièrement marquantes. Je pense à feu Salah Cherki, qui avait collaboré avec le chanteur basque Beñat Axiari et le guitariste Pedro Soler.
La rencontre avait été tellement forte qu’ils ont ensuite effectué une tournée en France. Une autre collaboration illustre cette volonté de prolonger les rencontres au-delà du festival : celle du joueur de ney Rachid Zeroual avec le groupe allemand Pata Masters. Cette rencontre a donné naissance au projet « Pata Maroc », qui a donné lieu à un disque sorti en Allemagne. Pour nous, c’est exactement ce que doivent permettre ces rencontres : commencer à Rabat, puis donner naissance à des collaborations qui peuvent se poursuivre au-delà du festival, à travers des concerts, des tournées ou des enregistrements.
Qu’aimeriez-vous que ces collaborations avec les artistes européens apportent durablement aux musiciens marocains ?
Pour nous, la rencontre qui commence ici n’est que le début. L’objectif est que ces collaborations puissent ensuite être exportées en Europe et, pourquoi pas, dans le reste du monde. C’est notre but : permettre aux artistes de se rencontrer à Rabat, de créer ensemble, puis de prolonger ces collaborations au-delà du festival. Lorsqu’une rencontre fonctionne réellement, elle peut donner naissance à des tournées, à des enregistrements et à de nouveaux projets artistiques. C’est ainsi que le festival peut contribuer durablement au parcours des musiciens marocains.
