Menu
Search
Jeudi 14 Mai 2026
S'abonner
close

Kaïss Ben Yahya célèbre la quête intérieure au «Book Club Le Matin»

Invité du «Book Club Le Matin», le poète Kaïss Ben Yahya a présenté son dernier recueil «Laila al-Khamis, Nafas al-Jumu'a» («La nuit du jeudi, le souffle du vendredi»), une œuvre traversée par la spiritualité, la mémoire et la quête d’humanité. Une rencontre où poésie, soufisme et transmission se sont entremêlés dans une atmosphère empreinte d’émotion.

Ph. Saouri
Ph. Saouri
Le «Book Club Le Matin» a offert une parenthèse poétique et spirituelle avec la rencontre consacrée au poète Kaïss Ben Yahya. À travers son nouveau recueil «Laila al-Khamis, Nafas al-Jumu'a» (La nuit de jeudi, le souffle de vendredi), l’auteur propose une poésie de l’intime, nourrie par la contemplation, la mémoire et la recherche de sérénité intérieure.



La rencontre s’est ouverte sur un hommage appuyé à Abdelwahab Doukkali, figure majeure de la musique marocaine, salué par Kaïss Ben Yahya pour avoir contribué à immortaliser la poésie marocaine à travers ses compositions. Le poète a notamment évoqué l’importance du musicien dans la transmission des textes poétiques, y compris ceux de son propre père, soulignant le lien profond entre poésie et chant dans la culture marocaine.

Chercheuse spécialisée dans le soufisme, Touria Ikbal a ensuite proposé une lecture approfondie du recueil, mettant en lumière les dimensions spirituelles qui traversent l’œuvre. Elle y a relevé la présence de notions centrales comme le «Tawhid» (l’unité), le «Dhikr» (l’invocation) ou encore l’«Ihsan» (l’excellence spirituelle), inscrivant cette poésie dans une tradition contemplative où l’écriture devient cheminement intérieur.
Le titre même du recueil renvoie à une symbolique profondément ancrée dans la culture marocaine. Le jeudi soir, moment de préparation spirituelle au vendredi, jour sacré de la prière collective, devient ici un espace de méditation et d’élévation. Une temporalité particulière où le poète cherche à transformer les émotions en langage.

L’importance du cœur traverse également l’ensemble du recueil. Selon Touria Ikbal, ce mot revient plus d’une cinquantaine de fois dans les poèmes, symbole d’un lieu intérieur où se nouent perception spirituelle, amour et connaissance de soi. Le cœur devient ainsi un miroir capable de refléter l’essentiel au-delà du visible.

Kaïss Ben Yahya a confié avoir écrit ces textes chaque jeudi soir pendant près de trois ans, dans une quête de «Tam’anina», cette sérénité intérieure chère à la tradition spirituelle musulmane. S’il refuse toute posture académique, le poète reconnaît l’influence des grandes figures du soufisme et de la poésie universelle, telles que Rûmî, Ibn Arabi ou Rabia Al-Adawiyya.

Au-delà de la dimension spirituelle, l’auteur a insisté sur la portée profondément humaine de son écriture. Pour lui, la poésie dépasse les frontières linguistiques, culturelles ou identitaires pour rappeler ce qui relie fondamentalement les êtres humains.

La rencontre s’est achevée sur une réflexion autour de la place de la poésie dans un monde dominé par l’instantanéité et la superficialité des réseaux sociaux. Un moment de respiration littéraire où la poésie est apparue comme un acte de transmission, un retour à l’essentiel et une manière de nourrir l’âme.
Lisez nos e-Papers