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Jeudi 16 Avril 2026
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La Collection «Nid d’artistes», de Malika Éditions, primée à Paris

À l’occasion du Salon du livre africain de Paris, Malika Éditions a vu le quatrième opus de sa collection «Nid d’artistes» consacré par le Prix du plus beau livre africain. Le livre, dédié à Cotonou et au Sud Bénin, a été réalisé avec le soutien de Bank Of Africa.

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En Afrique, il y a de la beauté à revendre et de l’art à qui en demande. Et ce Prix prestigieux du plus beau livre africain, décerné à l’ouvrage de Malika Éditions, en est la dernière preuve en date. Ceux qui connaissent l’éditrice Malika Slaoui savent que sa maison a réalisé d’excellents ouvrages patrimoniaux, avant de se tourner significativement vers la scène contemporaine africaine. C’est dans cette nouvelle direction que s’inscrit la collection «Nid d’artistes», qui a débuté par Casablanca, avant de passer à Dakar puis à Abidjan, avant de s’installer plusieurs mois à Cotonou.

À chaque étape, la méthode reste la même : une immersion longue, un ancrage local, la constitution d’une équipe sur place réunissant les acteurs culturels de la place. Le résultat n’est pas un catalogue d’artistes, mais une archive vivante – une centaine de voix par volume, qui tissent le récit intime d’une ville. «J’ai profondément ressenti que, de Casablanca à Cotonou, ces scènes ont en commun une volonté farouche de raconter le monde depuis leur propre réalité», confirme l’éditrice.

Un tour à Cotonou

Ils sont à peu près une centaine à composer ce volume. Plasticiens, photographes, designers, slameurs, écrivains et musiciens font le paysage artistique de la ville béninoise. Qu’ils soient émergents ou confirmés, ils signent ensemble une fresque d’une belle densité. C’est à l’écrivain et critique d’art Florent Raoul Couao-Zotti qu’est revenue la mission de consigner les portraits, accompagné par l’œil du photographe Ricky Lavern Martin. La préface, quant à elle, a été signée par la passionaria du Bénin, Angélique Kidjo.

Dans cet ouvrage qui parcourt aussi bien Cotonou que Porto-Novo, les communes d’Ouidah, d’Abomey et d’Abomey-Calavi, la tradition vodun embrasse la scène contemporaine et la mémoire coloniale dialogue avec l’actualité. Mais le livre est également traversé par la frénésie de la rue, les odeurs des marchés et la spiritualité des habitants. Dans cette mosaïque diversifiée, la ville prend corps le long des quatre cents pages de cette œuvre primée.

Immersion et humilité

Pour réussir un travail de cette qualité, deux conditions s’imposent. Il y a d’abord une nécessité de bien connaître les villes et les communautés depuis l’intérieur. L’immersion longue et patiente s’impose alors pour éviter les énumérations superficielles de noms et de parcours, sans vision ni cohérence. C’est ainsi que l’éditrice opère : «Pour chaque ville, je mène un travail immersif de terrain de plusieurs mois. Je vais personnellement à la rencontre des artistes, des écrivains et des acteurs culturels. Cette proximité constitue le socle de ma démarche. Elle me permet de tisser des liens forts et de restituer une vision juste, sensible et profondément humaine de la scène artistique». Ensuite, il faut de l’humilité et de l’écoute pour sonder les métropoles africaines et les laisser s’exprimer au lieu de parler pour elles. «Il est crucial que l’Afrique se raconte elle-même au lieu de laisser les autres la raconter à leur façon. Les artistes, les écrivains et les penseurs savent mieux que quiconque percevoir ce que nous ne voyons pas et exprimer ce que nous n’arrivons pas à dire», affirme Malika Slaoui. Grâce à cette approche basée sur le partage et l’échange, les ouvrages rendent compte d’une vitalité et d’une richesse à préserver et à transmettre.
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