C’est dans les couloirs du Festival international du cinéma d’animation de Meknès (FICAM) que cette dynamique se confirme. Pour «TV5Monde», ce festival qui structure le paysage depuis plus de vingt ans est devenu un marché de professionnels incontournable. Zina Berrahal, responsable Marketing Afrique du Nord, rappelle que le groupe accompagne le festival depuis ses débuts, que ce soit par des campagnes médiatiques sur ses antennes maghrébines et européennes ou par un soutien logistique concret. Depuis le lancement de «TiVi5», sa chaîne jeunesse, en 2022 dans les pays du Maghreb, Christophe Assezat, responsable des pôles fiction-jeunesse et documentaires, vient au FICAM afin d’alimenter ce canal entièrement gratuit, accessible sur «Arabsat» et dédié aux 4-14 ans. Il y cherche des programmes locaux pour que la grille reflète la réalité de la région.
«Je suis présent au FICAM pour aller à la rencontre de tout l’écosystème : les créateurs, les auteurs, les réalisateurs, les producteurs et les studios. La vocation profonde de “TV5” à l’image de notre direction, est de soutenir et de faire rayonner la langue française ainsi que ses programmes à travers le monde, qu’ils soient belges, suisses, québécois, subsahariens ou, bien évidemment, marocains. Pour le Maroc, nous appliquons exactement la même rigueur et le même engagement que pour les autres nations : nous intervenons dès le premier jour du processus de création à travers des préachats ou des coproductions. En nous positionnant très tôt dans le co-financement, nous sécurisons les droits d’exploitation qui nous permettent ensuite de propulser ces œuvres à l’international sur l’ensemble de nos antennes et supports. Ce travail porte déjà ses fruits : depuis le mois d’avril, nous diffusons la série “Lilya et Rayane”, produite ici au Maroc par Yassine Lahrichi au sein du studio Neverseen», explique Christophe Assezat.
Le constat sur place est resté sans appel face à la modernisation des structures locales. Témoins de cette évolution, les responsables de la chaîne se disent impressionnés par la qualité globale des productions d’Artcoustic et de Neverseen, dont le niveau artistique et technique répond désormais rigoureusement aux plus hauts standards européens. Un avis partagé par Ali Rguigue, fondateur d’Artcoustic, qui se dit profondément optimiste face à une nouvelle génération de techniciens formés aux exigences du marché mondial, soutenue par les efforts récents du Centre cinématographique marocain (CCM) pour élever le secteur vers l’excellence.
Sur ce terrain, les studios marocains affichent une complémentarité idéale. Là où le studio Artcoustic explore le patrimoine et les récits historiques, Neverseen se penche davantage sur la société contemporaine. À travers des héros humains ou des personnages animaliers, cette production plurielle porte haut les valeurs de diversité. L’ambition est aussi symbolique et sociétale, comme le résume Christophe Assezat lorsqu’il évoque la volonté de la chaîne de mettre en avant des visages qui reflètent cette diversité culturelle : «Notre volonté profonde est de raconter les imaginaires issus d’Afrique du Nord et de montrer au monde entier quels personnages et quelles histoires naissent de la créativité maghrébine, et en particulier marocaine. Nous tenons à ce que nos héros et nos héroïnes reflètent enfin la réalité locale et la richesse d’un continent. C’est une question de valeurs : il est essentiel pour les enfants de grandir avec des programmes qui leur ressemblent, en se rappelant que les héros de dessins animés ne sont pas obligés d’être tous blonds».
Ce réseau permet, en effet, de diffuser ces œuvres aux États-Unis, en Europe et en Afrique subsaharienne, touchant environ 430 millions de foyers dans plus de 180 pays, tout en rendant les programmes disponibles à la demande sur la plateforme gratuite «TV5Monde Plus». Pour le fondateur d’Artcoustic, la diffusion de sa série «Maghariba Fi Samae (Les Marocains du ciel)» représente une validation culturelle et industrielle majeure, contribuant au rayonnement culturel du Royaume et à la valorisation d’un soft power basé sur la créativité. «Le réseau de «TV5» s’étend jusqu’aux États-Unis et à l’Afrique subsaharienne, offrant une vitrine internationale majeure. Cela signifie que les productions locales marocaines bénéficient d’une visibilité exceptionnelle à travers plusieurs continents. Au-delà d’une simple diffusion, ce partenariat offre un prolongement de vie et une visibilité dans la durée à des œuvres déjà découvertes sur le plan national. Notre mission fondamentale est d’aider et de propulser l’ensemble de la création francophone vers de nouveaux horizons», confirme Zina Berrahal.
Face à ce dynamisme, la recherche de nouveaux contenus reste permanente. Portée par des valeurs de promotion culturelle et d’échange, l’ambition de «TV5Monde» est d’étendre cette politique de soutien à l’ensemble du Maghreb, en se disant prête à accueillir avec le même enthousiasme des productions venues de Tunisie ou d’Algérie. Zina Berrahal et Christophe Assezat lancent ainsi un appel clair à l’écosystème : si un troisième ou un quatrième studio marocain est prêt à proposer des projets de cette envergure, le diffuseur international est immédiatement prêt à s’associer avec eux pour garantir la plus grande diversité possible sur ses antennes.
«Je suis présent au FICAM pour aller à la rencontre de tout l’écosystème : les créateurs, les auteurs, les réalisateurs, les producteurs et les studios. La vocation profonde de “TV5” à l’image de notre direction, est de soutenir et de faire rayonner la langue française ainsi que ses programmes à travers le monde, qu’ils soient belges, suisses, québécois, subsahariens ou, bien évidemment, marocains. Pour le Maroc, nous appliquons exactement la même rigueur et le même engagement que pour les autres nations : nous intervenons dès le premier jour du processus de création à travers des préachats ou des coproductions. En nous positionnant très tôt dans le co-financement, nous sécurisons les droits d’exploitation qui nous permettent ensuite de propulser ces œuvres à l’international sur l’ensemble de nos antennes et supports. Ce travail porte déjà ses fruits : depuis le mois d’avril, nous diffusons la série “Lilya et Rayane”, produite ici au Maroc par Yassine Lahrichi au sein du studio Neverseen», explique Christophe Assezat.
Le constat sur place est resté sans appel face à la modernisation des structures locales. Témoins de cette évolution, les responsables de la chaîne se disent impressionnés par la qualité globale des productions d’Artcoustic et de Neverseen, dont le niveau artistique et technique répond désormais rigoureusement aux plus hauts standards européens. Un avis partagé par Ali Rguigue, fondateur d’Artcoustic, qui se dit profondément optimiste face à une nouvelle génération de techniciens formés aux exigences du marché mondial, soutenue par les efforts récents du Centre cinématographique marocain (CCM) pour élever le secteur vers l’excellence.
L’histoire du Maroc : un réservoir narratif plus puissant que la fiction américaine ou turque
Derrière cette ambition commerciale se cache une philosophie profonde : le refus de la standardisation et des programmes clonés. Pour «TV5Monde», l’enjeu majeur réside désormais dans la préservation absolue des cultures locales et la mise en valeur d’une francophonie plurielle. Le patrimoine historique et culturel marocain apparaît ici comme une source d’inspiration formidable pour nourrir les scénarios. Ali Rguigue souligne d’ailleurs la valeur et la richesse exceptionnelle de ce patrimoine et de son histoire. Selon le fondateur d’Artcoustic, lorsque l’on place l’histoire marocaine face aux dynasties fantaisistes de séries mondiales comme «Game of Thrones» ou face aux grandes productions historiques turques, le Royaume dispose d’un réservoir de récits très riche à révéler. L’objectif affiché est de puiser dans ces racines pour donner vie aux imaginaires d’Afrique du Nord, en sortant du simple cadre du drame traditionnel pour aborder la grande histoire sous un jour totalement nouveau.Sur ce terrain, les studios marocains affichent une complémentarité idéale. Là où le studio Artcoustic explore le patrimoine et les récits historiques, Neverseen se penche davantage sur la société contemporaine. À travers des héros humains ou des personnages animaliers, cette production plurielle porte haut les valeurs de diversité. L’ambition est aussi symbolique et sociétale, comme le résume Christophe Assezat lorsqu’il évoque la volonté de la chaîne de mettre en avant des visages qui reflètent cette diversité culturelle : «Notre volonté profonde est de raconter les imaginaires issus d’Afrique du Nord et de montrer au monde entier quels personnages et quelles histoires naissent de la créativité maghrébine, et en particulier marocaine. Nous tenons à ce que nos héros et nos héroïnes reflètent enfin la réalité locale et la richesse d’un continent. C’est une question de valeurs : il est essentiel pour les enfants de grandir avec des programmes qui leur ressemblent, en se rappelant que les héros de dessins animés ne sont pas obligés d’être tous blonds».
La série comme laboratoire avant le grand saut vers le cinéma
Pour Ali Rguigue, l’alliance stratégique avec «TV5Monde» va bien au-delà d’un simple accord de diffusion. Elle constitue la première étape cruciale vers l’exportation et un véritable laboratoire industriel. En acceptant de co-produire ou de préacheter ces nouvelles séries, la chaîne internationale permet aux studios marocains de tester leur résonance internationale et de roder des narratifs beaucoup plus pointus. Le producteur concède en toute transparence que sans cette vitrine et l’écoute attentive de l’équipe de «TV5Monde» depuis trois ans, les studios locaux n’eussent pu franchir le cap de la co-production internationale de cette envergure. Cette étape intermédiaire réussie provoque un véritable saut temporel dans l’imaginaire des investisseurs, prouvant qu’il existe au Maroc une base narrative unique, prête à être exploitée dans le format supérieur du long-métrage.Ce réseau permet, en effet, de diffuser ces œuvres aux États-Unis, en Europe et en Afrique subsaharienne, touchant environ 430 millions de foyers dans plus de 180 pays, tout en rendant les programmes disponibles à la demande sur la plateforme gratuite «TV5Monde Plus». Pour le fondateur d’Artcoustic, la diffusion de sa série «Maghariba Fi Samae (Les Marocains du ciel)» représente une validation culturelle et industrielle majeure, contribuant au rayonnement culturel du Royaume et à la valorisation d’un soft power basé sur la créativité. «Le réseau de «TV5» s’étend jusqu’aux États-Unis et à l’Afrique subsaharienne, offrant une vitrine internationale majeure. Cela signifie que les productions locales marocaines bénéficient d’une visibilité exceptionnelle à travers plusieurs continents. Au-delà d’une simple diffusion, ce partenariat offre un prolongement de vie et une visibilité dans la durée à des œuvres déjà découvertes sur le plan national. Notre mission fondamentale est d’aider et de propulser l’ensemble de la création francophone vers de nouveaux horizons», confirme Zina Berrahal.
Une accélération industrielle portée par l’émergence des talents
Suivant de près cette évolution, les responsables de «TV5Monde» soulignent la rapidité de la transition sectorielle. Lors de l’arrivée de Christophe Assezat sur le marché du FICAM il y a trois ans, l’écosystème local laissait entrevoir une émergence de talents qui s’est aujourd’hui transformée en une solide réalité de programmes existants. La trajectoire du studio Neverseen incarne parfaitement cette métamorphose : alors qu’il ne comptait que deux séries en développement lors des premiers contacts, sa structure pilote désormais une dizaine de projets.Le public marocain conserve toutefois la primeur de ces nouveautés sur les chaînes nationales, comme «2M» ou la Société nationale de radiodiffusion et de télévision (SNRT), puisque Christophe Assezat rappelle que «TV5Monde» met un point d’honneur à travailler en collaboration avec les diffuseurs locaux, en intervenant toujours dans un second temps. Le calendrier des sorties s’annonce déjà très dense. La série «Les Marocains du ciel» d’Artcoustic arrivera sur «TV5Monde» dès la fin de cet été, succédant à la série «Lilya et Rayane» produite par Neverseen et diffusée depuis avril. Les années à venir verront éclore une multitude de projets marocains, à l’image des séries «Jade et ses sœurs», «Mission Héros», «Caramel», «Mini Maestro» (en 2027) du studio Neverseen ou encore «Histoires et leçons marocaines», «Le coffre des contes marocains» et la série de contes traditionnels marocains «Griba» d’Artcoustic.Face à ce dynamisme, la recherche de nouveaux contenus reste permanente. Portée par des valeurs de promotion culturelle et d’échange, l’ambition de «TV5Monde» est d’étendre cette politique de soutien à l’ensemble du Maghreb, en se disant prête à accueillir avec le même enthousiasme des productions venues de Tunisie ou d’Algérie. Zina Berrahal et Christophe Assezat lancent ainsi un appel clair à l’écosystème : si un troisième ou un quatrième studio marocain est prêt à proposer des projets de cette envergure, le diffuseur international est immédiatement prêt à s’associer avec eux pour garantir la plus grande diversité possible sur ses antennes.
