Le Festival international des femmes metteuses en scène «Jassad» a ouvert officiellement sa quatrième édition mardi 27 octobre au Théâtre national Mohammed V, à Rabat. Une soirée d’ouverture qui a réuni un public nombreux et mêlé allocutions, hommage et spectacle inaugural. Le Festival se poursuit jusqu’au 30 octobre.
La soirée a été marquée par l’hommage rendu à la comédienne et chercheuse marocaine Amal Benhadou, lauréate de l'Institut supérieur d’art dramatique et d’animation culturelle (Isadac), saluée pour un parcours entre le Maroc et la France guidé par la transmission et la rigueur du jeu. Le public a également découvert la pièce «Bonne nuit, maman» («Tsebehy Ala Kher Ya Mama»), de la troupe égyptienne Nour, mise en scène par Nour Ismaïl, qui a ouvert la programmation. Adaptée du texte de la dramaturge américaine Marsha Norman, la pièce explore la relation entre une mère et sa fille au cours de la dernière heure de vie de cette dernière, jusqu’à son suicide avec l’arme de son père. La mise en scène traduit l’univers intérieur de la fille à travers un décor étrange et surréaliste: le foyer familial, jonché de sable et de sacs-poubelles et dominé par une machine à laver délabrée, devient le reflet d’un monde oppressant. Le corps et le mouvement des comédiennes donnent à voir l’épuisement psychique de la jeune femme, ses pensées et ses souvenirs douloureux, tout en révélant la souffrance des deux femmes dans cet espace familial.
Au programme de cette édition figurent la Rencontre des Femmes Metteuses en Scène, consacrée aux réalités du métier, de la production à la censure, ainsi que des spectacles portés par des visions artistiques de différents pays.
Le mercredi 28 octobre, au Théâtre Al Mansour, la troupe marocaine Muse, qui réunit des lauréats et des étudiants de l’Isadac, a présenté «Funérailles des roses», mise en scène par Imane Jaafari. La pièce se déroule autour du lit d’hôpital d’Eugenia, comédienne célèbre en agonie, où se retrouvent proches, famille et collègues de théâtre, entre tensions intimes et rancœurs. À la Salle Bahnini, la compagnie espagnole Ekléctika a proposé «Yo soy gente rara», mise en scène par Lola Botello.
Jeudi 29 octobre, la journée s’ouvre à 11 h à la Salle Gérard Philippe avec le colloque «La critique théâtrale au féminin». À 17 h 30, le Théâtre Al Mansour accueille «Ulrike – Lettres du pavillon mort», une création grecque dans laquelle la comédienne Natalia Georgosopoulou et la violoniste Fani Vovoni, qui signent également la mise en scène, partagent la scène. Le spectacle s’appuie sur les lettres écrites par Ulrike Meinhof durant sa détention, de 1972 à sa mort en 1976, pour plonger dans l’univers d’enfermement de cette journaliste devenue figure de la Fraction Armée rouge (RAF).
À 20 h, la Salle Bahnini présente «Iqtibas», une pièce française mise en scène par Sarah M. Mêlant théâtre, danse et musique, elle raconte l’histoire d’amour d’Abel et de Balkis, que sépare une nuit de tremblement de terre au Maroc. Hayet Darwich et Maxime Lévêque y sont accompagnés en direct par le compositeur et oudiste Osam.
Le Festival propose également une master class animée par la comédienne et chercheuse Mouna Belghali. La clôture sera marquée par «Dialy», une création de Naïma Zitan.
