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Vendredi 16 Octobre 2026
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«Les Jarres amoureuses» de Maxime Gralet s’installent dans le bassin de l’ancien Consulat de France à Tanger

Après leur première présentation à la Tour Catherine, lors du Festival «Être Ici», les trente jarres en terre cuite de l’artiste français Maxime Gralet investissent le bassin de l’ancien Consulat de France à Tanger. Fruit d’une résidence de trois mois et demi entre Tanger, Marrakech et Safi, coproduite par l’Institut français de Tanger et la Galerie Delacroix, l’installation associe céramique, vidéo, musique et danse.

Dans le bassin de l’ancien Consulat de France, entre pierre et verdure, des jarres en terre cuite attendent qu’on tourne autour d’elles. Elles sont trente, et chacune est la trace d’un voyage. Ce voyage, Maxime Gralet l’a fait pendant trois mois et demi, de Tanger à Marrakech puis à Safi. Cet artiste installé dans le sud de la France, à la fois plasticien, chorégraphe et compositeur, y a travaillé avec des artisans, notamment sur la Colline des potiers de Safi et dans les Ateliers de Tameslohte. Une partie des jarres sort de leurs mains, le reste des siennes. L’Institut français de Tanger et la Galerie Delacroix ont coproduit l’aventure.

L’idée de départ tient en une phrase de Spinoza : l’amour est une joie qu’accompagne l’idée d’une cause extérieure à soi. Pour l’artiste, la jarre en est l’image idéale. On la remplit, on la vide, on la déplace, et c’est justement ce va-et-vient qui l’intéresse. Il refuse d’opposer le plein au vide : le second signifie pour lui qu’on est prêt à recevoir, le premier qu’on a de quoi donner.

Mais l’œuvre ne se réduit pas à de la céramique. Trois écrans diffusent des films et de la vidéo-danse tournés au Maroc: paysages, ateliers, architectures, vestiges industriels. Les sons sont composés par Maxime Gralet lui-même. Des danseurs et des musiciens peuvent venir se mêler aux jarres, de sorte que l’ensemble change selon les corps, la lumière et le lieu. Les photographies prises durant la résidence feront, elles, l’objet d’une exposition distincte.

C’est à la Tour Catherine que le public a découvert l’œuvre, le 13 septembre dernier, pour l’ouverture de la sixième édition du Festival «Être Ici». Les organisateurs annoncent plus d’un millier de visiteurs. Le bassin du Consulat, lui, offre un tout autre décor, ouvert et végétal, et confirme que le projet est fait pour voyager : à chaque étape, il se reconfigure.

Ce goût des lieux inattendus ne date pas d’hier. Maxime Gralet a déjà investi une ancienne station thermale, des friches, des caves désaffectées ou des jardins de châteaux, avec la conviction que l’art doit aller au-devant de ceux qui ne poussent pas la porte des musées. Il fréquente le Maroc depuis trois ans et défend l’idée que «la culture est une arme de paix».
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