Dix ans après ses débuts à Essaouira, MOGA revient dans la cité atlantique avec une édition qui étend encore son empreinte dans la ville. Le festival conservera ses cinq jours de programmation, mais son architecture évolue cette année entre le MOGA OFF, gratuit et déployé dans Essaouira les 30 septembre et 1er octobre, et le MOGA IN, qui réunira les principales têtes d’affiche du 2 au 4 octobre.
Lors de la conférence de presse organisée jeudi à Casablanca, les organisateurs ont insisté sur cette volonté de faire davantage circuler MOGA au-delà de son site principal et de l’inscrire plus profondément dans la ville. « Aujourd’hui, on passe à une nouvelle étape, on passe aux 10 ans », ont-ils expliqué en annonçant « un OFF beaucoup plus présent et ancré dans Mogador ».
Un MOGA OFF qui change d’échelle !
C’est dans son volet gratuit que cette évolution se lit le plus nettement, puisque, pendant deux jours, le MOGA OFF investira différents espaces d’Essaouira avec une programmation à la croisée de la musique, de la culture, de la danse, du sport et du bien-être. Au total, 88 artistes participeront à ce programme, qui comprendra 17 soirées, 30 activités, 51 événements et 32 hotspots, auxquels s’ajoutent plusieurs lieux partenaires répartis dans la ville.
DJ sets, performances, rendez-vous autour de la danse et ateliers viendront ainsi prolonger la programmation musicale dans différents espaces de la cité, tandis que le nombre de concerts gratuits en plein air passera cette année à deux. Ouverts à tous, ils réuniront des artistes marocains et internationaux ainsi que des participants issus de la MOGA Academy.
En donnant davantage d’ampleur à ce volet gratuit, les organisateurs disent vouloir toucher un public qui ne fréquente pas nécessairement la partie payante du festival, notamment les jeunes, tout en favorisant les rencontres entre artistes locaux, visiteurs internationaux et habitants d’Essaouira.Pour Matthieu Corosine, cofondateur du festival, l’enjeu consiste aussi à faire de la ville elle-même un espace de programmation, avec l’objectif affiché que, « le temps d’un week-end, Essaouira devienne la capitale de l’électro au Maroc ».
Faire venir les festivaliers plus tôt et les faire rester plus longtemps
Derrière l’extension du OFF se dessine également une logique économique, mise en évidence par l’étude d’impact réalisée à l’issue de la précédente édition, qui estime à près de 50 millions de dirhams les retombées générées par MOGA sur le territoire. Les organisateurs soulignent ainsi que l’événement ne se limite pas à sa programmation musicale, puisqu’il profite aussi à plusieurs secteurs de l’économie locale.
Cette dimension a d’ailleurs occupé une place importante dans la présentation, avec une idée centrale : « un festival, c’est la musique mais c’est aussi de l’impact ». Le développement du OFF doit précisément permettre d’étirer cette dynamique au-delà des trois jours du festival principal.
« C’est cet OFF qui est un moteur d’impact économique, parce que ça fait venir les gens plus tôt et ça les fait rester plus longtemps », explique Matthieu Corosine, cofondateur du festival. L’objectif est donc de prolonger le séjour des festivaliers à Essaouira et, avec lui, leur présence dans les hôtels, restaurants, commerces et autres activités de la ville.
Plus de 70 artistes pour les trois jours du MOGA IN
À partir du 2 octobre, la programmation se recentrera sur le MOGA IN, qui réunira pendant trois jours plus de 70 artistes répartis sur quatre espaces de danse. Jamie Jones, The Martinez Brothers, ANOTR ou encore Sonja Moonear figurent parmi les noms internationaux annoncés pour cette édition anniversaire.
La construction de la programmation reposera également sur plusieurs collectifs invités à imaginer eux-mêmes leur scène et à choisir les artistes qu’ils souhaitent y associer, laissant ainsi davantage de place à des univers musicaux distincts au sein d’un même festival. « Au lieu d’avoir une programmation assez verticale, on a une programmation qui est très horizontale », a expliqué le cofondateur, évoquant des cartes blanches destinées à préserver l’identité et la sensibilité musicale de chaque collectif.
Le site du festival connaîtra lui aussi plusieurs transformations, avec une scène principale et différents espaces repensés, auxquels s’ajouteront un espace de restauration et un marché réunissant des créateurs et artisans marocains.
MOGA PRO, un nouveau volet consacré aux métiers de la musique
L’autre nouveauté majeure de 2026 sera le lancement de MOGA PRO, consacré aux artistes et aux professionnels des industries culturelles et créatives. Le programme s’articulera notamment autour de la MOGA Academy, soutenue par le British Council, avec deux parcours de formation organisés en amont du festival.
Le premier s’adressera aux opérateurs et porteurs de projets culturels, tandis que le second sera consacré aux DJ et producteurs souhaitant approfondir leur pratique artistique et mieux appréhender les réalités du secteur. Le 1er octobre, l’Essaouira Dance Summit, lui aussi intégré à MOGA PRO, réunira artistes et professionnels autour de conférences, d’ateliers et de rencontres.
Les échanges porteront notamment sur le passage d’une scène locale à une carrière internationale, la construction d’écosystèmes musicaux durables et les différentes sources de revenus accessibles aux artistes au-delà de la scène. L’ensemble s’inscrit dans l’objectif annoncé de faire de MOGA non seulement un espace de diffusion, mais également « un espace d’échange, un espace de partage et un espace de professionnalisation ».
Après Essaouira, MOGA prépare son arrivée au Brésil
Le dixième anniversaire doit également ouvrir un nouveau chapitre hors du Maroc puisque, après son implantation au Portugal puis en Espagne, MOGA traversera l’Atlantique avec une édition annoncée à Bahia, au Brésil, en 2027.
Plusieurs rendez-vous seront organisés d’ici là au Brésil afin de faire connaître le festival et de nouer des liens avec les artistes et les acteurs de la scène locale, dans la continuité d’un développement international qui cherche à relier plusieurs territoires par leurs scènes musicales et culturelles.
Cette ouverture vers de nouvelles destinations ne remet toutefois pas en cause la place centrale d’Essaouira dans le développement du projet, conclut Matthieu Corosine en reprenant la parole : « Ça marque aussi notre volonté d’amener cette ville d’Essaouira avec nous dans d’autres territoires, rencontrer d’autres communautés, générer aussi plus d’échanges, de partages et de rencontres ».
