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Dimanche 18 Octobre 2026
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Moussem d’Assilah: l’écrivain Ahmed El Madini replonge dans la mémoire des exilés arabes à Paris

Présenté au 47e Moussem culturel international d’Assilah, le roman «La boucle parisienne : Marocains et autres Arabes» explore les trajectoires de Marocains et d’autres Arabes qui ont fait de la capitale française un lieu de vie, de réflexion et d’engagement.

Le parcours de plusieurs générations d’intellectuels et de militants arabes ayant vécu à Paris constitue le fil conducteur du nouveau roman d’Ahmed El Madini. L’écrivain marocain a présenté, jeudi 15 octobre courant, «La boucle parisienne : Marocains et autres Arabes», au Centre Hassan II des rencontres internationales, dans le cadre de la 47ᵉ édition du Moussem culturel international d’Assilah. Publié par le Centre culturel du livre, cet ouvrage revient sur les expériences de Marocains et d’autres Arabes installés dans la capitale française durant la seconde moitié du XXᵉ siècle. À travers leurs parcours, l’auteur explore les aspirations politiques et intellectuelles de cette génération, mais aussi les difficultés liées à l’éloignement, aux appartenances culturelles et au rapport au pays d’origine.

Lors de la présentation, le secrétaire général de la Fondation du Forum d’Assilah, Hatim Betioui, a mis en avant la capacité du roman à restituer l’atmosphère d’une époque traversée par de profondes mutations. Les lieux de rencontre, les habitudes quotidiennes et les échanges entre les protagonistes contribuent à faire revivre un univers dans lequel les expériences individuelles se mêlent aux évolutions historiques.

Paris, bien plus qu’un décor

Le roman s’inscrit dans la continuité du travail littéraire qu’Ahmed El Madini consacre à Paris depuis plusieurs années. La ville y occupe une place centrale : elle représente un espace de découverte et de liberté, mais aussi un lieu de solitude et de questionnement sur l’identité. Pour les personnages, l’expérience parisienne se construit ainsi entre les possibilités offertes par l’exil et les liens persistants avec leur terre d’origine.

Le critique Noureddine Darmouch a souligné la place particulière de cette nouvelle publication dans le parcours parisien de l’écrivain. Loin de servir uniquement de cadre aux événements, la capitale française participe à la dynamique du récit et à la compréhension des destins qui s’y croisent. Ahmed El Madini privilégie une construction narrative dans laquelle des figures inspirées de personnes réelles prennent forme à travers la fiction. Ce choix lui permet d’explorer les expériences de l’exil sans dissocier les histoires personnelles du contexte politique et social dans lequel elles se sont développées. Le roman fait ainsi dialoguer la mémoire, le témoignage et l’invention littéraire.

Une mémoire collective sur plus de 700 pages

Avec plus de 700 pages réparties en 33 chapitres, auxquels s’ajoute une partie consacrée aux écrits sur le roman, l’ouvrage déploie une fresque consacrée à des trajectoires humaines et intellectuelles marquées par les bouleversements de la seconde moitié du siècle dernier. À travers cette pluralité de parcours, l’auteur revient sur les espoirs suscités par les combats politiques et les projets de transformation sociale, sans éluder les désillusions ni les tensions liées à la vie en exil. L’expérience parisienne apparaît dès lors comme un observatoire des relations entre le monde arabe et la société française, mais également des contradictions auxquelles sont confrontés ceux qui vivent entre plusieurs cultures.

Cette publication prolonge les interrogations qui traversent les précédents livres d’Ahmed El Madini consacrés à Paris. Avec «La boucle parisienne : Marocains et autres Arabes», l’écrivain élargit cette exploration à une diversité de destins, en donnant à la mémoire individuelle une dimension collective.
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