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Vendredi 18 Septembre 2026
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Quand Tétouan et Matera font chanter la Méditerranée d’une seule voix

Un projet musical italo-marocain, porté par l’Institut culturel italien de Rabat, réunira dès ce week-end à Tétouan puis à Matera plus d’une trentaine d’artistes des deux rives, dans un parcours de résidences et de concerts gratuits qui culminera par une création commune inédite.

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Il y a des ponts qui se construisent en pierre, et d’autres qui se construisent en notes. Celui que dessine «Suoni Mediterranei» (Sons méditerranéens) appartient à la seconde catégorie, et il s’apprête à relier, le temps de deux semaines intenses, les ruelles de la médina de Tétouan aux ruelles troglodytes de Matera.

Le projet n’est pas né du hasard des calendriers. Tétouan et Matera ont toutes deux été désignées «Capitales méditerranéennes de la culture et du dialogue 2026», une reconnaissance qui met en lumière la richesse des liens historiques, culturels et humains tissés entre les deux rives de la Méditerranée. C’est de cette gémellité symbolique qu’est né «Suoni Mediterranei», porté par l’Institut culturel italien de Rabat en coordination avec l’Ambassade d’Italie au Royaume du Maroc, dans le cadre du Programme «Matera, Capitale méditerranéenne de la culture et du dialogue 2026».

Deux ensembles, une seule création

L’ambition du projet dépasse la simple juxtaposition de deux répertoires sur une même scène. D’un côté, les cordes des Solisti Lucani portent la tradition classique italienne : fondé à Matera en 2019 et reconnu par le ministère italien de la Culture comme «Groupe instrumental de jeunes», cet ensemble de dix-huit musiciens – violons, altos, violoncelles et contrebasse – forme et accompagne de jeunes interprètes à travers un répertoire qui va de la musique classique à la création contemporaine, jusqu’à l’expérimentation. Il est placé sous la direction du pianiste et chef d’orchestre Leonardo Colafelice.

De l’autre côté, les sonorités de la musique andalouse-arabe et populaire marocaine, portées par le Oud, le Nay, le violon, les percussions et les voix de l’Ensemble Chorale Assalam. Cette formation de quatorze artistes, réunissant un chanteur soliste et six choristes, évolue sous la coordination artistique de Samir Bahajin.

Le cœur du projet tient en un mot : la résidence. Pendant plusieurs jours, à Tétouan puis à Matera, musiciens italiens et marocains ne se contentent pas de répéter côte à côte : ils confrontent leurs sensibilités, croisent leurs langages musicaux, et construisent progressivement une création commune, née du dialogue entre leurs traditions respectives.

Un parcours en quatre temps, de part et d’autre de la Méditerranée

Le rendez-vous s’ouvre à Tétouan le 19 septembre courant à 18h, avec un premier concert des Solisti Lucani intitulé «Musiques de la Méditerranée», donné dans l’auditorium de l’Institut national des beaux-arts (INBA). Le Programme fait dialoguer Respighi («Antiche danze ed arie per liuto», 3e suite), Nino Rota («Concerto per archi») et Bizet («Carmen Suite») – et réserve un moment particulier avec la création mondiale de «Fantasia Mediterranea», une œuvre du compositeur Nicola Hansalik Samale écrite spécialement pour ce projet.

S’ensuit, du 20 au 26 septembre, une semaine de résidence artistique commune à Tétouan, réunissant pour la première fois les musiciens des deux ensembles autour d’un travail de création partagée. Cette étape trouve son aboutissement le 27 septembre courant à 18h, avec un concert conjoint des Solisti Lucani et de l’Ensemble Chorale Assalam au Cinéma Théâtre Espagnol de Tétouan.

Le projet traverse ensuite la Méditerranée : du 29 septembre au 1er octobre, une nouvelle résidence artistique se tient à Matera, où les artistes marocains rejoignent leurs partenaires italiens. Le parcours s’achève le 2 octobre, avec le concert final donné à Matera par les Solisti Lucani et l’Ensemble Chorale Assalam, aboutissement de deux semaines de travail, de rencontre et de création partagée.

Tous les concerts sont gratuits et ouverts au public.

«Faire naître une création nouvelle de cette rencontre»

Pour Pasquale Salzano, ambassadeur d’Italie au Royaume du Maroc, le projet incarne une continuité plus qu’une nouveauté : «La Méditerranée est depuis des siècles un espace de rencontres, d’échanges et de circulations entre l’Italie et le Maroc», rappelle-t-il. «Avec Suoni Mediterranei, nous voulons donner à ce dialogue une forme très concrète : faire travailler ensemble des artistes italiens et marocains, croiser leurs traditions et leurs sensibilités, et faire naître de cette rencontre une création nouvelle.»

L’ambassadeur souligne également la dimension symbolique du lien entre les deux villes hôtes : le statut commun de Tétouan et Matera comme Capitales méditerranéennes de la culture et du dialogue 2026 donne au projet, selon lui, une signification particulière. Il permet de partir d’un patrimoine et d’une histoire partagés pour créer ensemble de nouveaux langages, et pour nouer, entre les deux pays, de nouvelles relations et de nouvelles collaborations.

Un partenariat institutionnel à la mesure du projet

«Suoni Mediterranei» est organisé par l’Institut culturel italien de Rabat et le CIDIM ETS (Comitato Nazionale Italiano Musica), dans le cadre du programme «Matera, Capitale méditerranéenne de la culture et du dialogue 2026». Le projet bénéficie du soutien du ministère de la Culture de la République italienne – Direction générale du spectacle –, de la Ville de Matera et de la Fondazione Matera Basilicata 2019.

Il est réalisé avec la collaboration de l’Ambassade d’Italie au Royaume du Maroc, du ministère de la Culture du Maroc, de la ville de Tétouan, de l’Association M.A.T.È., des Solisti Lucani, de l’Ensemble chorale Assalam, de l’Institut des beaux-arts de Tétouan et du Cinéma Théâtre Espagnol de Tétouan.
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