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Thami Al-Harrak invité de Ramadaniyates «Book Club Le Matin»

La troisième rencontre Ramadaniyates «Book Club Le Matin» était une nouvelle invitation à plonger dans le monde de la spiritualité avec cette fois-ci un disciple de la confrérie Harrâqiyya, Mohamed Thami Al-Harrak. L'occasion de découvrir son ouvrage «Adir Dhikra Man Ahwá» à travers lequel il a souhaité éclairer sur certains aspects de la crise de sens contemporaine et d'ouvrir des perspectives de réflexion et de questionnement.

Le livre que les invités de ce nouveau rendez-vous littéraire intrigue de bout en bout. À commencer par son titre tiré d’une célèbre Qasîda mystique de Omar Ibn Al-Fârid. Puis dans l’introduction, l'auteur exprime la spiritualité qui imprègne le livre, soulignant son désir d'éclairer les lecteurs sur certains aspects de la crise de sens contemporaine et d'ouvrir des perspectives de réflexion et de questionnement. Il met en lumière l'importance de méditer sur les secrets mystiques, même s'ils sont ineffables, citant un verset coranique à l'appui.

Le grand retour du soufisme

Apparu dès l'aube de l'islam, le soufisme connaît aujourd’hui un renouveau comme étant une source d’inspiration et d’apaisement. «La culture soufie revient en force et se retrouve même des fois diluée dans d’autres approches et sens différents. Ce retour peut être expliqué par le contexte religieux islamique au Maroc. Le soufisme a d’ailleurs toujours été un axe important qui a façonné l’Histoire du Royaume. Notre Histoire regorge de personnalités religieuses, de marabouts, d’écoles coraniques, de confréries qui ont laissé leurs empreintes au fil des années. De plus, cette culture a été répandue au sein même de la société. Nombreuses sont les villes marocaines qui portent les noms des walis et des saints qui ont fait l’Histoire du pays», explique Thami Al-Harrak. Et d’ajouter que cette culture soufie a également permis de bâtir l’identité spirituelle du Maroc.

Toutefois, l’invité du «Book Club Le Matin» a précisé que le soufisme a connu une phase de déclin face aux courants venus d’ailleurs et qui ne correspondaient pas au contexte marocain. «Le Maroc n’a fait que revenir à ses origines en redonnant ses lettres de noblesse à une culture qui fait partie de son identité et sa spiritualité. En ce faisant, le Royaume a barré la route aux autres courants opposés à son identité», note l’auteur.

Au-delà du Maroc, le renouveau du soufisme s’est mondialisé parallèlement à la quête des valeurs de tolérance et de dialogue des religions. Des principes qui sont au cœur de la pensée soufie, note l’invité. «L’humanité a fortement besoin de contrer toutes les formes d’extrémisme et de redonner à l’humain son sens spirituel et divin. C’est ce qui explique ce retour à la culture soufie qui porte en elle toutes les valeurs de tolérance et d’ouverture sur l’autre», souligne le professeur.

Comprendre le soufisme pour répondre aux questionnements de notre époque

Dans son ouvrage, «Adir Dhikra Man Ahwá», l’auteur a sélectionné 24 Allamas soufis qui ont enrichi la culture par leurs pensées. «Le choix de ces personnalités a été une étape importante dans la préparation de cet ouvrage. L’idée était de sélectionner des maîtres soufis dont les écrits et les pensées constituent des réponses à des questions contemporaines. Il était important pour moi de faire ce rapprochement entre ces maîtres et les défis présents», note l’invité. Pour lui, un héritage se doit d’être adopté par les générations successives pour qu’il ne meure pas à condition d’en tirer le sens profond et de l’utiliser selon le contexte actuel et non sous le prisme des ancêtres.

L'ouvrage «Adir Dhikra Man Ahwá» comporte 320 pages. Il est divisé en deux parties : la première consacrée à la présentation de 24 personnalités de l’Histoire de la littérature et la deuxième regroupe une série de messages tirés du soufisme.

Thami Al-Harrak, l’amoureux de la musique sacrée

Né en 1959 à Tétouan, Thami Al-Harrak est disciple de la confrérie Harrâqiyya, fondée il y a plus de deux cents ans par son aïeul Sidi Muhammad Al-Harrâq. Il a donc grandi dans ce milieu et reçu son éducation dans cette zaouïa considérée comme la plus riche et la plus complète du point de vue de l’enseignement qu’elle dispense et du grand choix d’instruments de musique, qu’elle met à disposition, tout en comptant parmi ses plus illustres disciples des grands maîtres de chant soufis tels que le maestro Abdessâdaq Chekâra et Mohammed Larbi Temsamani.

Il décide alors de fonder une troupe musicale, baptisée du nom de «Troupe Thami Al-Harrâq», dédiée à la musique sacrée, aux mouachahates andalous, au Mawwâl, à la poésie soufie et aux chants invocatoires. Al-Harrâq s’est produit en public avec les grands noms du chant soufi et des Mouachahates tels que Sabah Fakhri et Wadi Essafi. Il a obtenu un vif succès lors du festival d’Essaouira qu’il a animé en compagnie du chanteur marocain Haïm Mlouk et a participé à plusieurs reprises au Festival de musique sacrée de Fès et à l’Opéra du Caire, ainsi qu’à d’autres festivals, au Maroc et à l’étranger.

Thami Al-Harrak, l’auteur et chercheur

Le professeur Thami Al-Harrak est un académicien spécialisé en islamologie et soufisme qui a, à son actif, plusieurs ouvrages. Il est également l'auteur de plusieurs études et recherches portant sur les champs cognitifs, le soufisme, la pensée islamique, les musiques spirituelles et andalouses, outre sa participation à de nombreux forums nationaux et internationaux.
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