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Mercredi 07 Octobre 2026
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5G, IA, data centers… les prochains défis technologiques du Maroc selon Ericsson

Présent au Maroc depuis 1984, Ericsson entend accompagner la nouvelle phase de transformation numérique du Royaume, portée par le déploiement de la 5G, l’essor de l’intelligence artificielle et le développement des data centers. Dans cet entretien, Majda Lahlou Kassi, Présidente d’Ericsson Maroc, revient également sur les besoins en infrastructures, en cybersécurité et en compétences, ainsi que sur le rôle du Maroc comme hub pour ses activités en Afrique.

Majda Lahlou Kassi.
Majda Lahlou Kassi.
Le Matin : Ericsson célèbre cette année ses 150 ans. Que représente cet anniversaire pour un groupe qui évolue dans un secteur où les ruptures technologiques sont permanentes ?

Majda Lahlou Kassi :
Les 150 ans d’Ericsson racontent avant tout une histoire d’adaptation et d’innovation continue. Depuis 1876, les technologies de communication ont profondément changé, tout comme les usages et les attentes des sociétés. Ericsson a accompagné ces différentes évolutions, des premières infrastructures de communication aux réseaux mobiles, et aujourd’hui à la 5G, à l’intelligence artificielle et à l’automatisation.

Cet anniversaire est donc à la fois l’occasion de mesurer le chemin parcouru et de regarder vers l’avenir. Notre métier reste fondamentalement le même : contribuer à faire évoluer les réseaux pour répondre aux nouveaux besoins de connectivité et accompagner les transformations économiques et numériques.

Au Maroc, Ericsson est présent depuis 1984. Comment cette présence a-t-elle évolué au fil des transformations du secteur des télécommunications ?

Notre histoire au Maroc s’est construite dans la durée, aux côtés des acteurs qui ont accompagné l’évolution des télécommunications dans le Royaume. Depuis 1984, nous travaillons avec les opérateurs télécom, mais aussi avec les entreprises, les institutions et plus largement l’écosystème technologique national.

Au fil des décennies, les technologies ont changé, les usages se sont multipliés et la connectivité a pris une place de plus en plus centrale dans l’économie et dans la société. Notre présence au Maroc a évolué avec ces transformations, avec une même ambition : mettre notre expertise technologique au service de l’évolution des réseaux et de la transformation numérique du pays.

Quel rôle le Maroc occupe-t-il aujourd’hui dans l’organisation régionale d’Ericsson ?

Le Maroc constitue un hub important pour Ericsson. Des experts basés dans le Royaume contribuent aujourd’hui à des activités qui couvrent une géographie beaucoup plus large, notamment en Afrique de l’Ouest et en Afrique australe.

Cette dimension illustre également la place que peut occuper le Maroc dans les dynamiques technologiques régionales. Notre présence ne se limite donc pas au marché national :elle s’inscrit aussi dans une organisation qui permet de mobiliser depuis le Maroc des compétences au service de plusieurs marchés africains.

La 5G ouvre une nouvelle ère pour les télécommunications au Maroc. Au-delà de l’amélioration des débits, quelles transformations peut-elle permettre ?

La 5G doit être envisagée comme une infrastructure de transformation numérique, au-delà de la seule question de la vitesse. Elle peut accompagner l’évolution des usages, mais également répondre aux nouveaux besoins des entreprises, des institutions et de différents secteurs d'activité.

L’enjeu est de disposer de réseaux capables d’accompagner une demande croissante en connectivité, tout en offrant davantage d’efficacité, d’agilité et de capacité d’adaptation. La sécurité des réseaux télécom joue un rôle prépondèrent pour notre pays.

Et c’est cette combinaison entre infrastructures, usages et innovation qui donnera progressivement toute sa portée à la 5G.

L’intelligence artificielle prend une place croissante dans les télécommunications. Comment transforme-t-elle concrètement les réseaux ?

L’intelligence artificielle et l’automatisation ouvrent la voie à des réseaux de plus en plus autonomes, capables de s’adapter à des environnements numériques toujours plus complexes.

Pour les opérateurs, l’enjeu est notamment de gagner en efficacité et en agilité dans la gestion des réseaux. À mesure que les usages se développent et que les besoins en connectivité augmentent, cette capacité à automatiser et à optimiser certaines fonctions devient de plus en plus importante. Toutefois, avec l’utilisation croissante de l’IA par les utilisateurs, les operateurs Telecom se voient en face d’une pression grandissante sur leur réseaux, d’où le besoin de constamment développer leur capacite et leurs capabilités afin de rester toujours prêts pour l’avenir.

Ericsson met également l’accent sur les communications critiques. Pourquoi cet enjeu devient-il central ?

Dans certains environnements, la connectivité ne peut pas être considérée comme un simple service : sa disponibilité, sa fiabilité, sa sécurité et sa continuité sont essentielles.

C’est notamment le cas pour certaines organisations, industries et institutions dont les activités nécessitent des solutions de communication adaptées à des exigences particulièrement élevées. Les communications critiques constituent ainsi un prolongement important de l’évolution des réseaux et de la place croissante de la connectivité dans le fonctionnement des économies.

Les besoins en connectivité ne concernent désormais plus uniquement les opérateurs télécoms. Comment évolue la relation d’Ericsson avec les entreprises et les institutions ?

À l’occasion des 150 ans d’Ericsson, nous constatons que notre rôle évolue : nous ne sommes plus seulement un fournisseur de technologies pour les opérateurs, mais un partenaire de transformation numérique pour les entreprises et les institutions.

Au Maroc, nous collaborons avec nos partenaires des solutions adaptées à des besoins concrets : 5G industrielle, réseaux privés, automatisation, cybersécurité, logistique intelligente et services publics. Notre objectif est de transformer la connectivité en valeur réelle, davantage de productivité, de sécurité et de résilience.

Cette évolution repose sur la collaboration entre opérateurs telecom, entreprises, pouvoirs publics et écosystèmes d’innovation. Après 150 ans, notre ambition reste la même : utiliser la technologie pour contribuer au progrès économique et social du Maroc.

Le Maroc connaît une accélération de sa transformation numérique. Quels sont, selon vous, les grands enjeux technologiques des prochaines années ?

Nous entrons dans une phase où plusieurs transformations vont se conjuguer : le développement de la 5G, l’intégration croissante de l’intelligence artificielle, l’automatisation des réseaux et l’évolution des besoins des entreprises et des institutions.

L’enjeu sera de disposer d’infrastructures capables d’accompagner cette accélération et de s’adapter à des usages de plus en plus diversifiés. Que ce soit en termes de « Cloud compute », « data centers » en passant par une capacite des réseaux même dans les zones urbaines, La connectivité devient progressivement une infrastructure essentielle de la transformation numérique, et cette évolution ouvre de nouvelles perspectives pour l’ensemble de l’écosystème.

Après 42 ans de présence au Maroc et 150 ans d’histoire pour Ericsson, comment envisagez-vous la prochaine étape ?

Nous souhaitons poursuivre ce qui caractérise notre présence au Maroc depuis plusieurs décennies, travailler aux côtés de l’écosystème et accompagner les grandes évolutions technologiques.

La prochaine étape sera marquée par des réseaux toujours plus intelligents, automatisés et adaptés à de nouveaux usages. Notre ambition est de continuer à développer les compétences des ingénieurs marocains pour pouvoir apporter notre expertise et nos capacités d’innovation pour accompagner les prochaines étapes de la transformation numérique du Royaume, tout en confortant le rôle du Maroc dans notre organisation régionale.
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