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Jeudi 21 Mai 2026
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Aïd Al Adha : prison, amendes, fermeture de points de vente… détails de l'offensive contre les chennaqa

Revente interdite dans les marchés, fermeture des points de vente non autorisés, sanctions financières et peines de prison… Le gouvernement durcit les règles à l’approche de l’Aïd Al Adha pour tenter d’enrayer la spéculation sur les moutons, alors que la flambée des prix continue d’alimenter la colère des consommateurs malgré une offre annoncée comme suffisante.

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Le gouvernement a officiellement enclenché son offensive contre les “chennaqa”. Un arrêté, signé du chef du gouvernement, a été publié au Bulletin officiel du 20 mai 2026. Il instaure une série de mesures exceptionnelles visant à encadrer les marchés et souks de vente des moutons de l’Aïd Al Adha et à lutter contre les pratiques spéculatives accusées d’alimenter la hausse des prix. Cette décision intervient dans un contexte particulièrement sensible. Depuis plusieurs semaines, les prix des moutons atteignent des niveaux record dans plusieurs marchés du Royaume, suscitant une forte inquiétude chez les ménages. Une situation qui contraste avec les assurances du ministère de l’Agriculture, lequel affirme que l’offre disponible dépasse la demande prévue pour cette année.

Revente et spéculation dans le viseur

Le nouveau dispositif cible directement les intermédiaires et revendeurs opérant dans les marchés aux bestiaux. L’arrêté interdit désormais l’achat de moutons à l’intérieur des marchés dans le but de les revendre, une pratique largement associée aux “chenaqa”, accusés de provoquer une inflation artificielle des prix à l’approche de l’Aïd.

Le texte interdit également toute tentative de manipulation des prix ou de perturbation du marché, notamment à travers le stockage des moutons hors des circuits commerciaux, la création de pénuries artificielles ou encore la diffusion de fausses informations susceptibles d’influencer les tarifs.

Autre mesure phare : la vente des moutons sera désormais strictement limitée aux marchés autorisés par les autorités locales. Les vendeurs devront obtenir une autorisation préalable et déclarer le nombre de bêtes mises en vente.

Les ventes réalisées en dehors des espaces agréés pourront entraîner la fermeture immédiate des points de vente concernés. Les autorités auront également la possibilité de saisir les moutons ainsi que le matériel utilisé dans le cadre des infractions constatées.

Le dispositif prévoit aussi un volet répressif important. Les contrevenants s’exposent à des sanctions prévues par la législation relative à la liberté des prix et de la concurrence, incluant des amendes financières et, dans certains cas, des peines d’emprisonnement.

L’arrêté précise que la mission centrale de contrôle est confiée aux autorités locales et aux agents habilités. Ils sont chargés de surveiller les marchés, constater les infractions et appliquer les mesures prévues par le texte. Ces agents pourront procéder à la saisie des moutons ainsi que du matériel utilisé dans le cadre des infractions constatées.

À travers cet arrêté, valide jusqu'au 29 mai, l’exécutif cherche clairement à reprendre le contrôle d’un marché devenu explosif à l’approche de l’Aïd Al Adha. Car au-delà de la question des moutons, c’est surtout celle du pouvoir d’achat qui cristallise les tensions. Pour de nombreux citoyens, la hausse continue des prix reste difficilement compréhensible alors que les autorités assurent que l’offre nationale est largement suffisante.

Dans les marchés, les éleveurs invoquent pour leur part la hausse des coûts de l’alimentation animale, du transport et de l’élevage. Mais dans l’opinion publique, les “chenaqa” demeurent les principaux accusés d’un système où les intermédiaires profiteraient de la forte demande saisonnière pour faire grimper les prix.
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