Comment poursuivre la transition écologique lorsque les tensions géopolitiques et le coût de la vie ramènent les besoins immédiats au premier plan ? À la clôture de la 29e édition d’Ecomondo, organisée du 3 au 6 novembre à Rimini (Italie), le professeur Fabio Fava souligne cette difficulté. Selon lui, la situation géopolitique a remis les combustibles conventionnels au premier plan et a fortement accru le coût de la vie dans les États membres de l’Union européenne, mais aussi, estime-t-il, dans les pays voisins.
« La durabilité n’est donc pas leur préoccupation première : leur priorité est d’améliorer leurs revenus, et ils considèrent le pétrole comme nécessaire pour vivre », a déclaré à « Le Matin » le président du comité scientifique et technique du salon. Ce constat ne remet toutefois pas en cause, à ses yeux, la nécessité de réduire en partie la dépendance au pétrole pour diminuer les émissions et la pollution et progresser vers une économie plus circulaire.
Fabio Fava relie également cette évolution à la sécurité des approvisionnements. « L’économie circulaire peut nous y aider en permettant de disposer de matières premières à l’échelle nationale, ce qui contribue à ce que l’on appelle l’autonomie stratégique », explique-t-il.
Ces enjeux ont traversé cette édition du salon consacré à l’économie circulaire et régénérative. Organisé par Italian Exhibition Group, Ecomondo a réuni plus de 1.800 marques exposantes, réparties sur 30 pavillons et 170.000 m² de superficie brute.
Pour aller plus loin dans l’atténuation du changement climatique, elle évoque plusieurs pistes concernant le Royaume : réduire les effets sur la santé, améliorer la collecte des déchets industriels et urbains et en diminuer le volume. Elle insiste également sur la poursuite des échanges entre les deux pays. « Il est donc très important de renforcer la collaboration entre l’Italie et le Maroc à travers Ecomondo et de poursuivre cette coopération l’an prochain », souligne-t-elle.
L’eau représente un autre sujet commun. Alessandra Astolfi la place parmi les principales priorités de cette édition, aux côtés du textile. « Le manque d’eau touche l’ensemble du bassin méditerranéen, notamment l’Italie, mais aussi le Maroc », relève-t-elle. D’où l’importance, selon elle, de développer des technologies permettant de réutiliser et de recycler l’eau pour les usages agricoles, industriels et domestiques.
Le secteur « Water Cycle & Blue Economy » du salon a notamment fait une place à la récupération et à la réutilisation des eaux usées, ainsi qu’aux équipements de surveillance intelligente des réseaux et de gestion durable des ressources hydriques.
Le textile a, pour sa part, bénéficié d’un pavillon entier, le D2. « Nous y avons présenté les meilleures technologies de recyclage et de réemploi, ainsi que celles permettant de donner une nouvelle vie aux matières textiles », a expliqué Alessandra Astolfi lors de notre entretien. Elle souligne l’importance de ce secteur dans la lutte contre le changement climatique.
Ces technologies peuvent aussi faciliter la récupération des matières premières destinées à être transformées, ainsi que celle des déchets issus des procédés de production et de l’utilisation des produits, dans l’industrie comme dans la vie quotidienne. « À chacune de ces étapes, l’intelligence artificielle peut jouer un rôle clé », a souligné Fabio Fava à « Le Matin ».
Le scientifique insiste particulièrement sur l’amélioration des procédés de production. Les jumeaux numériques permettent, explique-t-il, d’anticiper les problèmes susceptibles de survenir lors de leur mise en œuvre. « Nous pouvons ainsi prévoir ces difficultés et les gérer pour assurer une production efficace. »
La flexibilité constitue un autre enjeu. Les besoins peuvent varier au cours de la journée, ce qui nécessite des procédés capables de s’y adapter. « Nous n’avons pas besoin de produire les mêmes quantités tout au long de la journée », rappelle Fabio Fava, pour qui l’IA et les jumeaux numériques peuvent également apporter une aide dans ce domaine.
Face au changement climatique, à la pollution et à leurs effets sur la biodiversité, le président du comité scientifique et technique appelle à poursuivre les efforts vers des systèmes plus durables, malgré les difficultés du contexte actuel. Il défend ainsi la poursuite du travail engagé en faveur de l’économie circulaire, pour réduire l’impact environnemental et « renforcer la sécurité de nos pays en matière d’approvisionnement en matières premières ».
Ecomondo a achevé sa 29e édition avec une fréquentation nationale en hausse de 1% et internationale de 14%. Le salon a réuni plus de 1.800 marques exposantes, dont 21% étrangères, sur 171.000 m². L’Innovation District a également accueilli 20 start-up et PME innovantes présentant des solutions pour la transition écologique et l’économie circulaire. Un bilan positif avant le 30e anniversaire du rendez-vous, qui sera célébré en 2027.
« La durabilité n’est donc pas leur préoccupation première : leur priorité est d’améliorer leurs revenus, et ils considèrent le pétrole comme nécessaire pour vivre », a déclaré à « Le Matin » le président du comité scientifique et technique du salon. Ce constat ne remet toutefois pas en cause, à ses yeux, la nécessité de réduire en partie la dépendance au pétrole pour diminuer les émissions et la pollution et progresser vers une économie plus circulaire.
Fabio Fava relie également cette évolution à la sécurité des approvisionnements. « L’économie circulaire peut nous y aider en permettant de disposer de matières premières à l’échelle nationale, ce qui contribue à ce que l’on appelle l’autonomie stratégique », explique-t-il.
Ces enjeux ont traversé cette édition du salon consacré à l’économie circulaire et régénérative. Organisé par Italian Exhibition Group, Ecomondo a réuni plus de 1.800 marques exposantes, réparties sur 30 pavillons et 170.000 m² de superficie brute.
L’eau et les déchets au cœur de la coopération avec le Maroc
Pour Alessandra Astolfi, les partenariats entre les acteurs sont essentiels pour répondre aux défis à venir. « Le Maroc est un acteur et un partenaire très important pour Ecomondo », a-t-elle affirmé à « Le Matin ». La directrice rappelle l’organisation, deux mois auparavant, d’un roadshow à Casablanca destiné à promouvoir le salon et à renforcer les liens entre le Maroc et l’Italie.Pour aller plus loin dans l’atténuation du changement climatique, elle évoque plusieurs pistes concernant le Royaume : réduire les effets sur la santé, améliorer la collecte des déchets industriels et urbains et en diminuer le volume. Elle insiste également sur la poursuite des échanges entre les deux pays. « Il est donc très important de renforcer la collaboration entre l’Italie et le Maroc à travers Ecomondo et de poursuivre cette coopération l’an prochain », souligne-t-elle.
L’eau représente un autre sujet commun. Alessandra Astolfi la place parmi les principales priorités de cette édition, aux côtés du textile. « Le manque d’eau touche l’ensemble du bassin méditerranéen, notamment l’Italie, mais aussi le Maroc », relève-t-elle. D’où l’importance, selon elle, de développer des technologies permettant de réutiliser et de recycler l’eau pour les usages agricoles, industriels et domestiques.
Le secteur « Water Cycle & Blue Economy » du salon a notamment fait une place à la récupération et à la réutilisation des eaux usées, ainsi qu’aux équipements de surveillance intelligente des réseaux et de gestion durable des ressources hydriques.
Le textile a, pour sa part, bénéficié d’un pavillon entier, le D2. « Nous y avons présenté les meilleures technologies de recyclage et de réemploi, ainsi que celles permettant de donner une nouvelle vie aux matières textiles », a expliqué Alessandra Astolfi lors de notre entretien. Elle souligne l’importance de ce secteur dans la lutte contre le changement climatique.
L’IA pour anticiper les difficultés de production
Interrogé sur l’apport des nouvelles technologies à l’économie circulaire, Fabio Fava décrit plusieurs possibilités offertes par l’intelligence artificielle et les jumeaux numériques. Leur rôle concerne d’abord l’amélioration de l’efficacité de la transformation des matières premières en produits. Ils peuvent également contribuer à une meilleure gestion de ces derniers, en permettant leur acheminement « au bon endroit et au bon moment, afin d’éviter qu’ils ne deviennent des déchets ».Ces technologies peuvent aussi faciliter la récupération des matières premières destinées à être transformées, ainsi que celle des déchets issus des procédés de production et de l’utilisation des produits, dans l’industrie comme dans la vie quotidienne. « À chacune de ces étapes, l’intelligence artificielle peut jouer un rôle clé », a souligné Fabio Fava à « Le Matin ».
Le scientifique insiste particulièrement sur l’amélioration des procédés de production. Les jumeaux numériques permettent, explique-t-il, d’anticiper les problèmes susceptibles de survenir lors de leur mise en œuvre. « Nous pouvons ainsi prévoir ces difficultés et les gérer pour assurer une production efficace. »
La flexibilité constitue un autre enjeu. Les besoins peuvent varier au cours de la journée, ce qui nécessite des procédés capables de s’y adapter. « Nous n’avons pas besoin de produire les mêmes quantités tout au long de la journée », rappelle Fabio Fava, pour qui l’IA et les jumeaux numériques peuvent également apporter une aide dans ce domaine.
Face au changement climatique, à la pollution et à leurs effets sur la biodiversité, le président du comité scientifique et technique appelle à poursuivre les efforts vers des systèmes plus durables, malgré les difficultés du contexte actuel. Il défend ainsi la poursuite du travail engagé en faveur de l’économie circulaire, pour réduire l’impact environnemental et « renforcer la sécurité de nos pays en matière d’approvisionnement en matières premières ».
Ecomondo a achevé sa 29e édition avec une fréquentation nationale en hausse de 1% et internationale de 14%. Le salon a réuni plus de 1.800 marques exposantes, dont 21% étrangères, sur 171.000 m². L’Innovation District a également accueilli 20 start-up et PME innovantes présentant des solutions pour la transition écologique et l’économie circulaire. Un bilan positif avant le 30e anniversaire du rendez-vous, qui sera célébré en 2027.
