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Vendredi 10 Avril 2026
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Banque mondiale : 500 millions de dollars pour l’emploi et la croissance verte au Maroc

La Banque mondiale s’apprête à approuver un financement de 500 millions de dollars en faveur du Maroc pour soutenir l’emploi et la croissance verte. Cette opération, première d’une série de trois financements, s’inscrit dans un programme de réformes visant à améliorer l’insertion des jeunes et des femmes sur le marché du travail, renforcer l’environnement des affaires et mobiliser l’investissement privé dans des secteurs verts à fort potentiel.

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La Banque mondiale doit approuver ces jours-ci un financement de 500 millions de dollars en faveur du Maroc, en soutien à l’emploi et à la croissance verte et inclusive. Cette opération est la première d’une série de trois financements programmés, conçue pour soutenir les réformes du gouvernement visant à élargir les opportunités d’emploi – en particulier pour les jeunes et les femmes –, à améliorer l’environnement des affaires et à mobiliser l’investissement privé dans des secteurs verts à fort potentiel. Le programme s’inscrit dans les priorités nationales définies par la Feuille de route pour l’emploi, le nouveau modèle de développement, la Stratégie Climat des affaires et la Stratégie de développement à faibles émissions.

Trois axes complémentaires

Le programme repose sur trois piliers complémentaires. Le premier, consacré au capital humain, vise à renforcer l’inclusivité et l’efficacité des politiques d’emploi, à mieux aligner les compétences des jeunes sur les besoins du marché du travail et à lever les obstacles à la participation des femmes à la vie active. Parmi les actions prévues figurent l’élargissement de l’éligibilité aux programmes actifs du marché du travail aux demandeurs d’emploi sans diplôme du secondaire, l’adoption d’un décret pour renforcer l’orientation scolaire et professionnelle, ainsi que la simplification et la digitalisation des procédures d’autorisation pour développer l’offre privée de garde d’enfants.

Le deuxième pilier porte sur l’amélioration de l’environnement des affaires afin de stimuler la croissance des entreprises créatrices d’emplois. Il prévoit notamment la consolidation des Centres régionaux d’investissement (CRI) en guichets uniques pour les investisseurs, la mise en place d’un régime prudentiel spécifique pour l’institution nationale de garantie Tamwilcom et le renforcement du cadre réglementaire des administrateurs judiciaires pour améliorer la prévisibilité et la transparence des procédures d’insolvabilité.



Le troisième pilier vise à mobiliser les capitaux privés dans les secteurs verts à haut potentiel, à travers des réformes réglementaires ciblées. Il s’agit notamment de clarifier et d’améliorer l’accès au réseau pour la production décentralisée d’électricité renouvelable, de lancer l’opérationnalisation du cadre d’efficacité énergétique en permettant l’activité des Sociétés de services énergétiques (ESCOs), et de moderniser les procédures réglementaires de l’Agence nationale du médicament et des produits de santé (AMMPS) afin de renforcer la compétitivité du secteur pharmaceutique orienté vers l’export.

Une mise en œuvre sous pilotage gouvernemental

La mise en œuvre de cette opération sera conjointement assurée par le Chef du gouvernement et le ministère de l’Économie et des finances (MEF). Le Chef du gouvernement assurera la supervision stratégique et la coordination interministérielle, conformément à la Feuille de route pour l’emploi, tandis que le MEF constituera l’interlocuteur principal de la Banque mondiale, gérera les fonds et rendra compte des avancées au regard de la matrice de politique et du cadre de résultats. La mise en œuvre des actions spécifiques incombera aux ministères et agences concernés, dont le ministère de l’Inclusion économique, de la petite entreprise, de l’emploi et des compétences, l’Autorité nationale de régulation de l’électricité (ANRE) et l’AMMPS. Le suivi et l’évaluation s’appuieront sur des indicateurs mesurables issus de sources administratives officielles et des statistiques nationales du Haut-Commissariat au Plan (HCP).

Une économie en reprise, mais un marché de l’emploi sous tension

Cette opération intervient dans un contexte de résilience de l’économie marocaine après plusieurs chocs successifs. La croissance du PIB réel s’est accélérée à environ 5% en 2025. Malgré cette performance, le marché du travail peine à absorber une population active croissante, le chômage et l’inactivité ayant progressé de façon significative, touchant de manière disproportionnée les jeunes et les femmes. C’est pour répondre à ces défis structurels que le gouvernement a lancé sa Feuille de route pour l’emploi, que cette opération de la Banque mondiale vient précisément appuyer.
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