Une dette bancaire ne disparaît pas lorsqu’une banque décide de ne plus la garder dans ses comptes. Elle peut, demain, changer de main. C’est précisément le marché que le Maroc s’apprête à ouvrir avec la réforme de la cession des créances en souffrance : permettre à des investisseurs spécialisés d’acquérir des portefeuilles de crédits difficiles à recouvrer et d’en assurer la gestion. L’IFC et le groupe allemand EOS préparent ainsi une facilité pouvant atteindre 60 millions d’euros, financée à parité, pour investir dans des créances en souffrance détenues par des institutions financières marocaines. Le dossier, dévoilé par l’IFC le 17 août sous le nom de «DARP NPL EOS Morocco», doit encore être approuvé. Sa présentation au conseil d’administration est projetée au 15 octobre. Il s’agirait de la première opération DARP de l’IFC au Maroc. Chacun des deux partenaires pourrait engager jusqu’à 30 millions d’euros.
Contacté par «Le Matin», EOS confirme le projet avec prudence. «Nous examinons actuellement les possibilités d’investir ensemble sur le marché marocain», indique Cornelia Claußen, responsable Corporate Communications and Marketing du groupe. Selon la documentation de l’IFC, le véhicule pourrait acheter des prêts non performants de particuliers, de PME et d’entreprises, mais aussi des REO, ces actifs immobiliers entrés dans le patrimoine d’une institution financière après une procédure de recouvrement. Le sujet dépasse donc l’assainissement comptable des banques : il touche aux crédits à la consommation, aux financements d’entreprises, aux garanties et, dans certains dossiers, à l’immobilier.
Filiale du groupe allemand Otto, EOS opère dans plus de vingt pays. Son métier consiste à acheter ces dettes, souvent avec une décote, puis à tenter d’en récupérer une partie dans la durée. «La gestion professionnelle des créances comprend la communication avec les consommateurs, la gestion des garanties et la mise en œuvre des exigences légales», explique EOS au journal «Le Matin». Cette arrivée intervient alors que le Maroc prépare le terrain juridique. Le projet de loi n°02.26 relatif à la cession directe des créances en souffrance prévoit qu’une banque ou un organisme assimilé puisse céder, à titre onéreux, tout ou partie de certaines créances présentant un risque de non-recouvrement. Surtout, son article 4 pose un principe déterminant : «toute personne» pourra acquérir une ou plusieurs de ces créances, dans les conditions définies par le futur texte. La réforme ferait ainsi entrer dans le jeu des acteurs qui ne sont pas nécessairement des établissements de crédit.
L’enjeu est considérable. À fin 2024, les banques marocaines portaient 97,4 milliards de dirhams de créances en souffrance, soit 8,4% de leurs crédits. Parmi elles, 82,2 milliards étaient classées comme créances «compromises», le niveau de risque le plus élevé. Pour les banques et les pouvoirs publics, céder une partie de ces actifs peut alléger les bilans, libérer du capital et redonner des marges pour financer l’économie. L’IFC estime aussi que l’opération doit permettre aux débiteurs de «normaliser leurs obligations financières». Mais lorsque la créance quitte la banque, une autre question commence : comment sera-t-elle recouvrée ?
Contacté par «Le Matin», EOS confirme le projet avec prudence. «Nous examinons actuellement les possibilités d’investir ensemble sur le marché marocain», indique Cornelia Claußen, responsable Corporate Communications and Marketing du groupe. Selon la documentation de l’IFC, le véhicule pourrait acheter des prêts non performants de particuliers, de PME et d’entreprises, mais aussi des REO, ces actifs immobiliers entrés dans le patrimoine d’une institution financière après une procédure de recouvrement. Le sujet dépasse donc l’assainissement comptable des banques : il touche aux crédits à la consommation, aux financements d’entreprises, aux garanties et, dans certains dossiers, à l’immobilier.
Filiale du groupe allemand Otto, EOS opère dans plus de vingt pays. Son métier consiste à acheter ces dettes, souvent avec une décote, puis à tenter d’en récupérer une partie dans la durée. «La gestion professionnelle des créances comprend la communication avec les consommateurs, la gestion des garanties et la mise en œuvre des exigences légales», explique EOS au journal «Le Matin». Cette arrivée intervient alors que le Maroc prépare le terrain juridique. Le projet de loi n°02.26 relatif à la cession directe des créances en souffrance prévoit qu’une banque ou un organisme assimilé puisse céder, à titre onéreux, tout ou partie de certaines créances présentant un risque de non-recouvrement. Surtout, son article 4 pose un principe déterminant : «toute personne» pourra acquérir une ou plusieurs de ces créances, dans les conditions définies par le futur texte. La réforme ferait ainsi entrer dans le jeu des acteurs qui ne sont pas nécessairement des établissements de crédit.
L’enjeu est considérable. À fin 2024, les banques marocaines portaient 97,4 milliards de dirhams de créances en souffrance, soit 8,4% de leurs crédits. Parmi elles, 82,2 milliards étaient classées comme créances «compromises», le niveau de risque le plus élevé. Pour les banques et les pouvoirs publics, céder une partie de ces actifs peut alléger les bilans, libérer du capital et redonner des marges pour financer l’économie. L’IFC estime aussi que l’opération doit permettre aux débiteurs de «normaliser leurs obligations financières». Mais lorsque la créance quitte la banque, une autre question commence : comment sera-t-elle recouvrée ?
