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Lundi 03 Août 2026
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Banques cotées : Attijari réduit ses prévisions de croissance pour 2026 après le recul des activités de Trading

Attijari Global Research (AGR) ramène sa prévision de croissance du produit net bancaire agrégé des banques cotées à 1,1% en 2026, contre 4,8% auparavant. Le bureau de recherche abaisse également son scénario de progression des bénéfices à 3,5%, tout en anticipant une reprise plus soutenue entre 2026 et 2028, portée par les crédits et la normalisation des activités de Trading.

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Attijari Global Research (AGR) revoit à la baisse ses prévisions pour les banques cotées à la Bourse de Casablanca en 2026. Cette actualisation intervient après la publication des résultats du premier trimestre, l’analyse des tendances économiques et les indications fournies par les dirigeants des établissements lors de leurs conférences financières. Le bureau de recherche anticipe désormais une croissance limitée à 1,1% du produit net bancaire agrégé du secteur en 2026, contre une estimation initiale de 4,8%. La progression du résultat net part du groupe devrait, pour sa part, atteindre 3,5%, alors qu’AGR tablait précédemment sur une hausse de 6,6%.

Cette révision repose principalement sur la forte contraction des activités de marché observée au début de l’année, dans un environnement de taux moins favorable aux portefeuilles obligataires. Le secteur conserve néanmoins des perspectives de croissance à moyen terme, soutenues par la progression des crédits et par une normalisation attendue des conditions de marché à partir de 2027.

Le PNB recule de 4,5% au premier trimestre

Au terme des trois premiers mois de 2026, le produit net bancaire agrégé des banques cotées a diminué de 4,5%. Cette contre-performance s’explique essentiellement par une contraction de 47,3% du résultat des activités de marché. La remontée des taux a pesé sur les performances obligataires et réduit les gains enregistrés sur les portefeuilles détenus par les établissements.

À l’inverse, le coût du risque a connu une amélioration marquée. Après une baisse de 6,5% sur l’ensemble de l’exercice 2025, il a reculé de 58,7% au premier trimestre 2026.



AGR attribue cette évolution à l’amélioration de la qualité des actifs, à l’assainissement des portefeuilles de crédits et aux efforts de recouvrement engagés par les banques. Cette réduction du coût du risque a permis de compenser en partie la faiblesse des revenus de marché. Le résultat net part du groupe agrégé a ainsi progressé de 2,2%, pour atteindre 5,8 milliards de dirhams.

Une reprise attendue après 2026

Malgré la révision du scénario pour l’année en cours, AGR conserve une lecture plus favorable sur la période 2026-2028. Le PNB agrégé des banques cotées afficherait un taux de croissance annuel moyen de 6,9% sur cette période. Cette trajectoire serait portée par une progression moyenne de 7,4% des crédits et par la normalisation graduelle des taux au Maroc. Les bénéfices progresseraient, pour leur part, à un rythme annuel moyen de 9% entre 2026 et 2028.

Le coefficient d’exploitation du secteur est toutefois révisé à la hausse. AGR l’attend désormais à 44,4% en 2026, contre 41% dans son scénario initial, en raison d’investissements digitaux plus importants que prévu. Ce ratio devrait ensuite se stabiliser sous le seuil de 43% à l’horizon 2028.

Le coût du risque est également revu à la baisse pour 2026, avec un recul anticipé de 13%, contre une hausse de 0,7% envisagée auparavant. Il progresserait ensuite de 5,7% en moyenne annuelle en 2027 et 2028, portant son taux à 88 points de base en 2028, proche de la moyenne pré-Covid de 82 points de base enregistrée entre 2017 et 2019.

Attijariwafa bank conserve sa trajectoire de PNB

AGR maintient sa prévision de croissance du PNB d’Attijariwafa bank à 4,7% en 2026. Ce scénario repose sur une hausse de 8% des crédits, qui devrait compenser une baisse de 4,6% des activités de marché. Le bureau de recherche tablait initialement sur une progression de 2,2% de ces dernières. Sur la période 2026-2028, le PNB d’Attijariwafa bank devrait afficher un taux de croissance annuel moyen de 6,6%.

La prévision de bénéfices est, en revanche, légèrement abaissée. Le RNPG progresserait de 4,9% en 2026, contre 6,2% estimé précédemment. Sur trois ans, sa croissance annuelle moyenne atteindrait 7,3%, soutenue par la dynamique des crédits au Maroc, la normalisation des revenus de marché et le maintien du coût du risque autour de 66 points de base.

BCP : un recul attendu en 2026 avant le rattrapage

Le scénario de la Banque Centrale Populaire est fortement révisé pour 2026. AGR anticipe désormais une baisse de 3,9% du PNB, alors qu’il tablait auparavant sur une croissance de 4,3%. Le RNPG reculerait également de 1,8%, contre une hausse initialement prévue de 5,9%. La trajectoire devrait toutefois se redresser à partir de 2027. Entre 2026 et 2028, le PNB afficherait un taux de croissance annuel moyen de 7,1%.

Les bénéfices progresseraient plus rapidement, avec un taux annuel moyen de 13,1%, grâce à la reprise des crédits au Maroc, au rattrapage des activités de marché et au retour progressif du coût du risque vers son niveau pré-Covid, estimé autour de 120 points de base.

Bank of Africa limitée par les activités de marché

Pour Bank of Africa, la prévision de croissance du PNB en 2026 est ramenée de 4,5% à 0,2%. La contraction attendue de 34,8% des activités de marché serait compensée par une progression de 3,3% de la marge d’intérêt et de 5% de la marge sur commissions. Sur la période 2026-2028, le PNB devrait croître en moyenne de 4,8% par an.

Le RNPG progresserait légèrement de 1% en 2026, bénéficiant d’une baisse de 16,5% du coût du risque. Sur trois ans, les bénéfices afficheraient un taux de croissance annuel moyen de 6%, soutenus par le rattrapage du PNB et par une stabilisation du coût du risque autour de 103 points de base.

CIH Bank soutenue par une forte croissance des crédits

CIH Bank conserve l’un des scénarios de croissance les plus dynamiques du secteur. AGR relève sa prévision de progression des crédits en 2026 de 9% à 15,5%. Le PNB augmenterait de 5%, soutenu par une hausse de 15,5% de la marge d’intérêt et de 35% de la marge sur commissions. Ces évolutions devraient compenser un recul de 26,5% des activités de marché. Entre 2026 et 2028, le PNB afficherait un taux de croissance annuel moyen de 12,9%.

Le RNPG progresserait de 6,7% en 2026, contre une prévision initiale de 6,4%. Sa croissance annuelle moyenne atteindrait 16,8% sur trois ans, portée notamment par les crédits à l’équipement et par les besoins de financement liés aux grands projets annoncés au Maroc.

Crédit du Maroc viserait plus d’un milliard de bénéfices en 2027

AGR relève également sa prévision de croissance des crédits de Crédit du Maroc à 10% en 2026, contre 9% auparavant. Le PNB progresserait de 4,9%, malgré une baisse attendue de 31,7% des activités de marché. Sur la période 2026-2028, sa croissance annuelle moyenne atteindrait 9,9%, grâce à la bonne dynamique de l’activité de crédit.

Le RNPG augmenterait de 6,6% en 2026, légèrement en dessous des 7,9% anticipés précédemment. Les bénéfices progresseraient ensuite à un rythme annuel moyen de 10%, permettant à la banque de franchir le seuil d’un milliard de dirhams de résultat net dès 2027.

BMCI pourrait retrouver 500 millions de dirhams de bénéfices

Les prévisions de revenus de BMCI sont revues à la baisse, mais son résultat net bénéficierait d’une amélioration plus forte que prévu du coût du risque. AGR anticipe une baisse de 3,5% du PNB en 2026, contre une croissance de 2,9% dans son scénario initial.

Sur la période 2026-2028, le PNB progresserait néanmoins en moyenne de 3,6% par an, porté par une reprise graduelle de l’ensemble des métiers.

Le taux de coût du risque est ramené à 100 points de base pour 2026, contre 122 points de base auparavant. Cette amélioration porterait la croissance du RNPG à 20,6%, soit deux fois plus que les 10,3% initialement prévus. Dans ces conditions, BMCI pourrait retrouver une capacité bénéficiaire de 500 millions de dirhams dès 2026.

CFG Bank relève légèrement ses prévisions

CFG Bank est l’un des rares établissements pour lesquels AGR relève son scénario de croissance. Le PNB devrait progresser de 14,1% en 2026, contre une estimation initiale de 13,6%. Sur la période 2026-2028, il afficherait un taux de croissance annuel moyen de 15,7%, soutenu par le maintien d’une forte dynamique commerciale.

Le RNPG augmenterait de 17,5% en 2026, contre 15,8% prévu auparavant. Entre 2026 et 2028, les bénéfices progresseraient en moyenne de 17,1% par an, pour atteindre près de 600 millions de dirhams à l’horizon 2028.

BCP, Bank of Africa et BMCI devraient subir plus directement l’effet de la contraction des activités de marché sur leur PNB en 2026. Attijariwafa bank maintiendrait une croissance positive de ses revenus, tandis que CIH Bank, Crédit du Maroc et CFG Bank bénéficieraient d’une activité commerciale et d’une dynamique de crédits plus soutenues. L’amélioration du coût du risque demeure le principal facteur de soutien aux bénéfices du secteur en 2026. Elle permet d’amortir le recul des revenus de marché et de préserver une croissance positive du RNPG agrégé. La reprise attendue à partir de 2027 dépendra toutefois de la normalisation des taux, du maintien de la demande de financement et de la capacité des banques à rentabiliser les investissements engagés dans la transformation digitale.
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