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Jeudi 30 Avril 2026
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Banques : Fitch Ratings anticipe une amélioration continue des profils de crédit au Maroc

Portées par une rentabilité en hausse et des conditions d’exploitation favorables, les banques marocaines devraient renforcer leur solidité financière et saisir de nouvelles opportunités de croissance, selon Fitch Ratings.

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Alors que la dernière étape de la marocanisation des principales banques du pays vient d’être officialisée ce mercredi avec la concrétisation du rachat de la BMCI par le groupe Holmarcom, Fitch Ratings a profité de ce contexte pour publier un commentaire sur les perspectives du secteur bancaire marocain, qu’elle juge toujours orientées à la hausse. Dans un récent rapport consacré aux sept plus grandes banques du Royaume, l’agence estime que leurs profils de crédit devraient continuer à s’améliorer, soutenus par une rentabilité renforcée, une discipline accrue en matière de capital et des conditions opérationnelles favorables.

Une année 2025 marquée par une forte progression des résultats

En 2025, les banques marocaines ont enregistré une amélioration notable de leurs performances. La croissance des crédits, estimée à 6%, a contribué à une hausse significative des indicateurs financiers. Le résultat net agrégé a progressé de 26%, tandis que les revenus ont augmenté de 18%. Dans le même temps, le résultat d’exploitation a affiché une hausse de 24%, bénéficiant notamment d’une baisse de 5% des charges de dépréciation des prêts.

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Malgré cette dynamique, l’indicateur de rentabilité clé suivi par Fitch, le ratio résultat d’exploitation sur actifs pondérés par les risques (RWAs), est resté stable à 2,3%. Cette stabilité s’explique par une croissance accélérée des actifs pondérés, liée à l’expansion du crédit et à la dégradation de la qualité de certains États souverains en Afrique subsaharienne.

Des perspectives favorables à court et moyen terme

Fitch anticipe une poursuite de l’amélioration de la rentabilité en 2026 et 2027, portée par des conditions d’exploitation jugées favorables et par l’augmentation des volumes d’activité. Les marges d’intérêt nettes devraient rester globalement stables, dans une fourchette de 3,3% à 3,4%. D’éventuelles baisses de taux d’intérêt ne devraient pas exercer de pression significative sur ces marges ni sur la rentabilité globale du secteur. Cette amélioration de la rentabilité contribue par ailleurs à compenser l’impact de la hausse des actifs pondérés sur les ratios de capital.

Sur le plan prudentiel, les banques marocaines conservent des niveaux de capital confortables. Le ratio CET1 moyen a reculé de 20 points de base en 2025, tout en restant nettement au-dessus du seuil réglementaire de 8%.

La mise en œuvre progressive du dispositif de supervision SREP (Supervisory Review and Evaluation Process), prévue d’ici 2027, encourage une discipline accrue en matière de capital. Les trois banques systémiques domestiques affichent ainsi des ratios Tier 1 supérieurs d’environ 200 points de base au minimum réglementaire fixé à 9%. Historiquement, le secteur opérait avec des coussins de capital relativement limités, ce qui pouvait freiner sa croissance. L’élargissement de ces marges de sécurité permet désormais aux banques de mieux se positionner pour financer de grands projets structurants.

Dans ce contexte, les banques marocaines devraient jouer un rôle central dans le financement des grands chantiers à venir. Fitch souligne notamment que 70% du financement lié à l’organisation de la Coupe du Monde 2030 devrait être assuré par les banques domestiques. Cette capacité d’intervention est directement liée à l’amélioration des fondamentaux financiers du secteur.

Une base de financement solide et diversifiée

Les conditions de financement et de liquidité demeurent par ailleurs des atouts majeurs. Le modèle bancaire marocain repose largement sur les dépôts de la clientèle, caractérisés par un coût relativement faible. En 2025, ces dépôts ont enregistré une progression de 8,6 %, portée par la hausse de 10 % des dépôts des entreprises, l’augmentation de 6 % de ceux des particuliers, ainsi que la croissance de 5 % des dépôts des Marocains résidant à l’étranger. Cette dynamique conforte la capacité des banques à financer leur croissance dans des conditions favorables.

Fitch considère que les banques marocaines disposent désormais de fondamentaux renforcés, combinant rentabilité accrue, capitalisation améliorée et liquidité solide.
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