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Mercredi 07 Octobre 2026
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Marrakech Air Show 2026 : Boeing mise sur le Maroc pour accompagner l’essor de l’aviation africaine

Présent au Marrakech Air Show 2026, Boeing dévoile des perspectives particulièrement soutenues pour le marché aéronautique africain. L’avionneur américain table sur un quasi-doublement du trafic passagers et sur une flotte commerciale qui passerait de 755 appareils en 2025 à 1.625 en 2045. Dans cette dynamique, le Maroc occupe une place stratégique pour le groupe, qui y est implanté depuis plus de cinq décennies et s’appuie sur des fournisseurs locaux pour accompagner le développement de l’écosystème aéronautique national.   

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Boeing profite du Marrakech Air Show 2026 pour afficher ses ambitions sur l’un des marchés aéronautiques appelés à connaître les plus fortes croissances au cours des deux prochaines décennies. À Marrakech, le constructeur américain présente son nouveau Commercial Market Outlook pour l’Afrique ainsi qu’une mise à jour de sa gamme d’avions commerciaux, portée notamment par les familles 737 MAX et 787 Dreamliner. La présentation est assurée par Shahab Matin, directeur du marketing commercial de Boeing pour l’Afrique et le Moyen-Orient.

Pour le constructeur, plusieurs tendances structurelles devraient soutenir durablement le transport aérien africain : croissance démographique, urbanisation, montée de la classe moyenne et amélioration des infrastructures. Boeing prévoit ainsi une progression moyenne du trafic passagers de 5,8% par an jusqu’en 2045, soit l’un des rythmes les plus élevés au monde.

Le Maroc, point d’ancrage de Boeing en Afrique

La tenue de cette présentation à Marrakech n’est pas anodine. Boeing rappelle être partenaire du Maroc depuis plus de cinq décennies. Le groupe indique investir dans le développement industriel du Royaume et travailler avec des fournisseurs marocains pour la production de composants aéronautiques, dans le cadre du positionnement du pays comme pôle aéronautique en Afrique.

Les perspectives présentées à Marrakech ouvrent ainsi des opportunités qui dépassent la seule vente d’avions. L’expansion attendue des flottes africaines devrait accroître les besoins en maintenance, formation, services numériques, compétences techniques et infrastructures après-vente. Autant de segments sur lesquels les capacités industrielles et humaines deviennent déterminantes.

Boeing évalue à 140 milliards de dollars le marché africain des services aéronautiques sur la période 2026-2045, avec une croissance annuelle de 4,6%. La maintenance représenterait à elle seule 90 milliards de dollars, les services numériques 45 milliards et la formation et les services aux pilotes 5 milliards.

Pour le Maroc, cette évolution rejoint les ambitions de montée en gamme de son industrie aéronautique. Mais les documents présentés par Boeing ne ventilent pas ces prévisions par pays et ne chiffrent donc pas la part que pourrait capter le Royaume.

1.165 nouveaux avions attendus en Afrique

Le potentiel commercial est considérable. Selon Boeing, les compagnies africaines auront besoin de 1.165 nouveaux avions entre 2026 et 2045. Les monocouloirs concentreront l'essentiel de la demande, avec 870 appareils, soit 75% des livraisons, contre 240 gros-porteurs, 40 avions régionaux et 15 avions cargo.

Cette structure de la demande correspond à l'évolution attendue des réseaux africains. Les monocouloirs devraient notamment accompagner l'ouverture de nouvelles dessertes domestiques et intra-africaines ainsi que les liaisons court-courrier vers le Moyen-Orient et l'Eurasie.

La flotte commerciale africaine devrait ainsi passer de 755 appareils en 2025 à 1.625 en 2045. Et il ne s'agira pas uniquement d'ajouter des capacités : Boeing anticipe un renouvellement massif du parc. Dans vingt ans, 92% de la flotte africaine serait composée d'avions de technologie plus récente, tandis que moins de 125 des 755 appareils actuellement en service seraient toujours exploités.

Les gros-porteurs devraient également gagner du terrain. Leur nombre passerait de 135 à 315 appareils, accompagnant le développement des hubs africains et des réseaux intercontinentaux. La flotte cargo progresserait, elle, de 60 à 150 avions, portée par la logistique, le commerce électronique et les exportations africaines à forte valeur ajoutée.

L'intra-africain et le Moyen-Orient, moteurs de la croissance

C'est surtout la géographie du trafic qui éclaire les perspectives africaines de Boeing. Les liaisons Afrique-Moyen-Orient devraient enregistrer la croissance la plus rapide, avec 7,1% par an entre 2025 et 2045. Le trafic serait ainsi presque multiplié par quatre.

Le trafic intra-africain progresserait de 6,5% par an et serait multiplié par 3,5 en vingt ans. L'axe Afrique-Europe, aujourd'hui beaucoup plus important en volume, afficherait une progression plus modérée de 3,4% par an et doublerait sur la période. L'Europe devrait néanmoins rester le premier marché international de passagers au départ et à destination du continent.

Cette accélération du trafic intra-africain représente un enjeu particulier pour les compagnies et les hubs du continent. Boeing relève que le développement des réseaux a longtemps été freiné par la taille du continent, la fragmentation des marchés et le nombre limité d'accords de services aériens entre pays africains. Malgré ces contraintes, le réseau a progressé de plus de 20% au cours de la dernière décennie et le trafic intra-africain devrait plus que tripler d'ici 2045.

75.000 professionnels à former d'ici 2045

La croissance annoncée pose enfin la question des compétences. Boeing estime que l'Afrique aura besoin de 75.000 nouveaux professionnels de l'aviation au cours des vingt prochaines années : 22.000 pilotes, 25.000 techniciens et 28.000 membres d'équipage de cabine, soit en moyenne 3.750 professionnels supplémentaires par an.

Parmi les nouveaux pilotes nécessaires, 77% devraient travailler sur les réseaux régionaux et 23% sur les réseaux internationaux. « Le marché aéronautique africain entre dans une période de croissance durable, portée par l'amélioration de la connectivité, le développement des déplacements intra-africains et le renforcement des liens économiques sur le continent et avec les principaux marchés mondiaux », souligne Shahab Matin. Pour Boeing, cette croissance imposera non seulement de moderniser et d'augmenter les flottes, mais également d'investir dans les solutions numériques et les compétences.

À Marrakech, le message du constructeur est donc plus large que ses perspectives de ventes d'appareils : la croissance attendue du transport aérien africain déplacera aussi une partie des enjeux vers l'industrie, la maintenance, la formation et les services aéronautiques. Des segments sur lesquels le Maroc, fort de son écosystème industriel et de la présence historique de Boeing, entend précisément consolider son positionnement continental.
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