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Vendredi 17 Avril 2026
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Carburants : les transporteurs pointent les limites du soutien public

Face à la hausse persistante des prix des carburants, le soutien public au secteur du transport routier revient au cœur des débats. Les professionnels appellent à une meilleure adéquation entre les aides accordées et les coûts réellement supportés, dans un contexte marqué par des pressions croissantes sur leur activité. Dans ce cadre, l’Union syndicale du transport routier a dénoncé, dans un communiqué publié mercredi, un dispositif «incohérent» et «largement en deçà des coûts réels».

Ph : MAP
Ph : MAP
Le dispositif de soutien destiné aux professionnels du transport routier suscite de nouveau les critiques. Dans un communiqué publié mercredi, l’Union syndicale du transport routier est montée au créneau pour dénoncer un mécanisme «incohérent» et «largement en deçà des coûts réels», dans un contexte de volatilité persistante des prix des carburants. Pour les professionnels, le problème est double : un soutien jugé insuffisant et un versement souvent irrégulier. Une situation qui fragilise davantage un secteur déjà soumis à une forte pression sur ses coûts d’exploitation. Dans ce cadre, le syndicat, affilié à l’Union marocaine du travail (UMT), met directement en cause la logique de calcul adoptée par le gouvernement. «Comment peut-on annoncer un soutien de 3 dirhams par litre tout en imposant un plafond de 6.000 dirhams pour les camions ?», s’interroge-t-il. Une question qui, au-delà de la formule, met en lumière une contradiction centrale du dispositif.

Des écarts flagrants entre théorie et réalité

Ce décalage se reflète clairement dans les chiffres avancés par les professionnels. D’après le syndicat, un camion de gros tonnage consomme en moyenne près de 6.000 litres de gasoil par mois. Sur la base du soutien annoncé, l’aide devrait théoriquement atteindre 18.000 dirhams. Or le plafond fixé à 6.000 dirhams réduit cette couverture à une fraction du coût réel. Dans le transport national de marchandises, la situation apparaît tout aussi révélatrice. Avec une consommation mensuelle estimée à 3.500 litres – pour des trajets pouvant atteindre 12.000 kilomètres –, les transporteurs se retrouvent confrontés à un soutien qui ne couvre qu’une partie limitée de leurs dépenses en carburant. Dès lors, souligne le communiqué, l’aide effectivement perçue correspond à l’équivalent d’environ 2.000 litres seulement, laissant le reste à la charge des opérateurs. Un déséquilibre qui «menace directement la viabilité financière des entreprises de transport».

Tous les segments concernés

Au-delà du transport de marchandises, cette problématique touche l’ensemble des segments du secteur. Le transport de voyageurs n’échappe pas à cette pression. Selon le communiqué, les autocars, dont la consommation mensuelle varie entre 2.700 et 3.400 litres, bénéficient d’un soutien plafonné à 7.000 dirhams. Là encore, les professionnels estiment que ce niveau reste en deçà des besoins réels du secteur. Dans le même prolongement, les taxis font face à des contraintes similaires. Les véhicules de première catégorie consomment environ 450 litres par mois pour une aide plafonnée à 2.200 dirhams, contre 1.600 dirhams pour la deuxième catégorie (environ 300 litres consommés). À ces limites s’ajoutent des retards de paiement récurrents, qui accentuent les tensions de trésorerie.
Par ailleurs, un autre point de friction concerne l’exclusion des véhicules utilitaires du dispositif. Une décision vivement critiquée par le syndicat, qui rappelle leur rôle central dans l’acheminement des produits agricoles vers les marchés. Au-delà des montants alloués, c’est la philosophie même du soutien qui est remise en question. Le syndicat dénonce des critères «opaques» et inadaptés aux réalités différenciées du secteur, notamment entre transport national et international.
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