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Mercredi 28 Octobre 2026
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Ce qu’il faut savoir sur les nouveaux ports Nador West Med et Tanger Med 3

Nador West Med et Tanger Med 3 ouvrent une nouvelle phase dans le développement des infrastructures portuaires marocaines. Le premier se prépare à accueillir ses premières escales commerciales dès la fin octobre 2026, tandis que les travaux du second doivent démarrer à la même période, avec une mise en service de son nouveau terminal à conteneurs TC5 prévue à la mi-2031.

Le Maroc franchit une nouvelle étape dans le développement de ses infrastructures portuaires, avec l’entrée progressive en exploitation de Nador West Med et le lancement prochain des travaux de Tanger Med 3. Le premier devrait accueillir ses premières escales commerciales dès la fin octobre 2026, tandis que le second prévoit la construction d’un nouveau terminal à conteneurs, dont la mise en service est programmée à la mi-2031. Ces deux projets s’accompagnent d’importants investissements destinés à renforcer les capacités portuaires et à soutenir le développement des activités industrielles et logistiques.



Les deux complexes présentent des caractéristiques distinctes. Nador West Med associera des terminaux à conteneurs, des installations énergétiques et des espaces dédiés aux activités industrielles et logistiques. Tanger Med 3, pour sa part, doit accroître les capacités de traitement des conteneurs du complexe existant, avec l’objectif de porter sa capacité annuelle à près de 20 millions d’EVP au cours de la prochaine décennie.

Nador West Med : les premières escales commerciales attendues fin octobre 2026

Situé sur la façade méditerranéenne, Nador West Med se prépare à entrer progressivement en exploitation. Le complexe a mobilisé, à ce jour, un investissement global de 54 milliards de dirhams, dont 31 milliards d’investissements publics et 23 milliards d’investissements privés.

Le démarrage des activités concernera d’abord le terminal à conteneurs Est. D’une capacité à terme de 3,5 millions de conteneurs, cette infrastructure dispose de 1.520 mètres linéaires de quai, d’un tirant d’eau de 18 mètres et de 70 hectares de terre-pleins. Une première phase sera exploitée sur 720 mètres linéaires de quai.

Ce terminal sera exploité par un groupement associant Marsa Maroc et l’armateur MSC, dans le cadre d’un investissement supérieur à 5 milliards de dirhams. Les premières lignes maritimes figurent déjà dans les programmes des armateurs, avec des escales commerciales prévues dès la fin du mois d’octobre 2026.

Le terminal à conteneurs Ouest doit prendre le relais au deuxième trimestre 2027. Doté d’une capacité de 1,8 million de conteneurs, il comprend 900 mètres linéaires de quai, un tirant d’eau de 18 mètres et 40 hectares de terre-pleins. Son exploitation sera assurée par un groupement réunissant Marsa Maroc et CMA CGM, pour un investissement privé dépassant 3 milliards de dirhams.

Au-delà des conteneurs, Nador West Med disposera d’infrastructures consacrées aux hydrocarbures et au gaz naturel liquéfié (GNL), dont la mise en exploitation est prévue progressivement à partir de la mi-2027.

Les installations dédiées aux hydrocarbures pourront traiter jusqu’à 25 millions de tonnes par an. Elles seront adossées à une zone de stockage de 170 hectares, dont une première tranche de 82 hectares est achevée. Le terminal GNL, équipé de 360 mètres linéaires de quai, aura pour sa part une capacité de traitement pouvant atteindre 5 milliards de mètres cubes par an.

Le complexe comprendra également un terminal pour les vracs solides, d’une capacité de 7 millions de tonnes par an, dont la livraison au concessionnaire est prévue en juin 2027. Un autre terminal, dédié aux marchandises diverses et concédé à Marsa Maroc, pourra traiter 3 millions de tonnes par an. Représentant un investissement privé de 2 milliards de dirhams, il devrait entrer en exploitation en décembre 2028.

Le développement portuaire s’accompagne de la mise en place d’un écosystème industriel et logistique. La zone industrielle de Nador West Med est déjà opérationnelle, avec une première usine en activité et trois autres en construction. Ces projets représentent près de 12 milliards de dirhams d’investissements.

Pour assurer la connexion du complexe à son arrière-pays, plusieurs infrastructures de transport sont également programmées. La liaison ferroviaire de 49 kilomètres entre Selouane et Nador West Med devrait être mise en service en 2028, tandis que l’autoroute de 105 kilomètres reliant Guercif au port est attendue en juin 2029. Un programme de modernisation de 280 kilomètres de routes est par ailleurs en cours, dont 210 kilomètres sont déjà achevés.

Sur le plan de l’emploi, Nador West Med devrait permettre la création, à court terme, de 14.000 emplois directs et 20.000 emplois indirects. À l’horizon 2035-2036, les projections font état de près de 90.000 emplois directs et indirects, dont 50.000 emplois directs, grâce au développement des activités portuaires, industrielles, logistiques et énergétiques.

Tanger Med 3 : un nouveau terminal à conteneurs attendu en 2031

Parallèlement à la montée en exploitation de Nador West Med, Tanger Med engage une nouvelle phase d’extension avec le lancement du projet Tanger Med 3, situé à l’ouest du complexe portuaire actuel.

Ce développement s’inscrit dans un programme global d’investissement de 36 milliards de dirhams, répartis entre 20 milliards d’investissements publics et 16 milliards d’investissements privés.

Le futur port Tanger Med 3 comprendra 3.000 mètres de digues ainsi qu’un nouveau terminal à conteneurs, baptisé TC5, doté de 1.200 mètres linéaires de quais. Sa capacité annuelle est estimée à 4,5 millions d’équivalents vingt pieds (EVP), avec la possibilité d’atteindre 5 millions d’EVP.

L’investissement consacré à ce nouveau développement portuaire s’élève à 8 milliards de dirhams, portés par Tanger Med. Le lancement des travaux est prévu à partir de la fin octobre 2026, pour une mise en service du terminal à la mi-2031.

Un contrat de concession a été signé avec Maersk–APM pour le développement et l’exploitation du terminal TC5.

Avec cette nouvelle infrastructure, Tanger Med ambitionne de porter sa capacité annuelle à près de 20 millions d’EVP au cours de la prochaine décennie. L’objectif affiché est également de faire entrer le complexe dans le classement des dix premiers ports à conteneurs au monde.

Cette nouvelle phase de développement ne se limite pas au transport des conteneurs. Le complexe poursuit également l’extension de son port Passagers et Rouliers, dont les travaux ont démarré en décembre 2024.

Cette extension doit permettre de porter progressivement les capacités d’accueil à un million de camions TIR et sept millions de passagers par an. Sa mise en service est programmée en 2029.

Le développement de Tanger Med devrait aussi accompagner une nouvelle dynamique industrielle. Selon les projections, cette phase d’extension pourrait générer près de 100 milliards de dirhams d’investissements privés supplémentaires, distincts du programme d’investissement de 36 milliards de dirhams consacré au développement du complexe, et permettre la création de 80.000 nouveaux emplois.

Le volume d’affaires de la plateforme industrielle pourrait ainsi passer de 188 milliards de dirhams à près de 350 milliards de dirhams à l’horizon 2035.

Cette extension vise notamment à répondre à l’évolution des échanges internationaux et à la réorganisation des chaînes d’approvisionnement, dans un contexte où la proximité géographique du Maroc avec les marchés européens constitue un facteur important pour les activités industrielles et logistiques.

Une stratégie portuaire intégrée

L’entrée progressive en exploitation de Nador West Med et le développement de Tanger Med 3 s’inscrivent dans une stratégie nationale visant à renforcer et à diversifier les infrastructures portuaires du Maroc. Cette approche repose sur la complémentarité des grandes plateformes maritimes, avec des activités et des zones de rayonnement distinctes.

Tanger Med poursuit son expansion pour accroître sa capacité de traitement des conteneurs et consolider sa place dans les échanges maritimes internationaux. Nador West Med vient compléter ce dispositif en développant de nouvelles capacités portuaires, industrielles, logistiques et énergétiques, avec des retombées attendues pour la région de l’Oriental et son arrière-pays.

Cette stratégie trouve également son prolongement sur la façade atlantique à travers le projet Dakhla Atlantique. Ce futur port est appelé à renforcer les échanges économiques du Maroc avec les pays africains et à faciliter l’accès des pays du Sahel aux marchés internationaux.

À travers ces trois plateformes, le Maroc entend ainsi disposer d’un réseau portuaire complémentaire, capable d’accompagner le développement industriel, de diversifier les capacités logistiques et énergétiques du pays et de renforcer son intégration aux grandes routes du commerce international.
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