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Jeudi 23 Avril 2026
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Défaillances d’entreprises en hausse mondiale : le Maroc fait figure d’exception

Alors que le conflit au Moyen-Orient pousse les faillites d’entreprises à la hausse pour la cinquième année consécutive à l’échelle mondiale, le Maroc fait le chemin inverse. Selon le dernier rapport d’Allianz Trade, les défaillances au Maroc sont reparties à la baisse en 2025 et devraient continuer de reculer jusqu’en 2027 – une trajectoire que peu de pays peuvent s’offrir en ce moment, dans un contexte d’incertitude sur les marchés de l’énergie, les coûts de transport et les chaînes d’approvisionnement mondiales.

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Le monde des affaires traverse une zone de turbulences inédite. Alors que le conflit au Moyen-Orient fait grimper les coûts de l’énergie et du transport à l’échelle planétaire, Allianz Trade tire la sonnette d’alarme : 2026 sera une cinquième année consécutive de hausse des défaillances d’entreprises dans le monde. Dans ce tableau sombre, le Maroc fait figure d’exception – et c’est une bonne nouvelle.

Le Maroc avait atteint un niveau record de défaillances d’entreprises en 2024, avec 15.658 cas, soit une hausse de +10% par rapport à 2023 (14.245 cas). En 2025, la tendance s’est inversée : le nombre de défaillances a reculé de -2%, pour s’établir à 15.307 cas, confirmant un premier signe d’assainissement du tissu entrepreneurial marocain.

Selon les prévisions d’Allianz Trade publiées ce 22 avril 2026, cette amélioration devrait se poursuivre dans les deux prochaines années. Pour 2026, le nombre de défaillances est attendu en baisse de -2%, à 14.950 cas, puis une nouvelle contraction de -4% est anticipée en 2027, à 14.300 unités.



Si la trajectoire est encourageante, le niveau absolu de défaillances reste très élevé : même en 2027, le Maroc afficherait encore près de +78% de défaillances au-dessus de sa moyenne d’avant-pandémie (2016-2019).

Un contexte mondial de plus en plus tendu

Pour 2026, le Maroc figure ainsi sur une liste restreinte d’économies qui afficheront un recul des défaillances selon les prévisions d’Allianz Trade, aux côtés de la Hongrie (-12%), la Norvège (-8%), l’Espagne (-4%), l’Estonie (-3%), Singapour (-3%) ou encore le Danemark (-2%).

Si ces pays bénéficient d’une dynamique favorable, la situation globale reste sous pression. Selon le Rapport d’Allianz Trade, les défaillances d’entreprises dans le monde progresseront de +6 % en 2026, marquant une cinquième année consécutive de hausse. Un plateau est désormais attendu en 2027 – et non plus en 2026, comme le prévoyaient les estimations d’avant-crise.

Le déclencheur de ce report : le conflit au Moyen-Orient, qui amplifie les tensions sur les marchés de l’énergie, les coûts de transport et les chaînes d’approvisionnement mondiales. À l’échelle planétaire, l’impact direct du conflit représente 7.000 défaillances supplémentaires en 2026 et 7.900 en 2027.

«Une prolongation du blocage du détroit d’Ormuz risque d’amplifier les effets de second tour liés à une perturbation durable de l’approvisionnement mondial en pétrole et en gaz, ainsi que d’autres pénuries de matières premières (engrais, hélium). Conjugué à une inflation plus élevée, à une baisse de confiance des agents économiques et à une croissance plus faible, cela ferait grimper les risques de défaillances», détaille l’assureur-crédit.

Dans un scénario de conflit prolongé, la hausse des défaillances mondiales pourrait atteindre +10% en 2026 et +3% en 2027, soit environ 4.100 cas supplémentaires aux États-Unis et 10.500 en Europe occidentale sur la période 2026-2027.

Les régions les plus exposées sont l’Europe occidentale – où la France s’apprête à battre un nouveau record avec près de 69.900 défaillances en 2026 (+2%) – et l’Asie, tirée notamment par la Chine (+9% en 2026). Les États-Unis prolongent quant à eux leur rebond avec une hausse attendue de +9%, à 26.750 cas.

Au total, 2,2 millions d’emplois seraient directement menacés dans le monde en 2026 du fait de ces défaillances, soit 94.000 de plus qu’en 2025. L’Europe concentre l’essentiel du risque avec 1,3 million de postes potentiellement touchés, dont environ 960.000 en Europe occidentale.

Au niveau sectoriel, la construction, le commerce de détail et les services seraient les principaux secteurs menacés.
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