Les retards de paiement ont coûté 423,2 millions de dirhams aux établissements et entreprises publics en 2025. C’est l’un des enseignements du rapport 2026 de l’Observatoire des délais de paiement, publié par le ministère de l’Économie et des Finances et consacré aux pratiques de règlement dans les secteurs public et privé. Au total, 65 EEP ont payé des amendes pécuniaires au titre de factures réglées hors délai, contre 59 en 2024. Malgré cette augmentation du nombre d’entités sanctionnées, le montant des pénalités a fortement diminué : il est passé de 720 millions de dirhams en 2024 à 423,2 millions en 2025, soit une baisse de 41,2%.
Ces sanctions supportées par les EEP représentent près de 31,8% des 1,331 milliard de dirhams d’amendes enregistrés au titre de l’exercice 2025.
Cette évolution intervient dans un contexte où les délais de paiement du secteur public se sont globalement améliorés. L’Observatoire appelle donc à distinguer le montant des amendes du délai moyen de paiement. Les pénalités ne concernent en effet que les factures ayant effectivement dépassé le délai légal et ne reflètent pas la totalité des transactions d’un organisme. Un EEP peut ainsi présenter un délai moyen globalement maîtrisé tout en étant sanctionné pour un nombre limité de factures payées tardivement. Le rapport estime par conséquent que les retards constatés ne peuvent être assimilés à une contreperformance généralisée des EEP marchands.
Le nombre d’EEP dépassant la référence de 60 jours est parallèlement passé de 22 à 16. La situation se dégrade toutefois parmi les retardataires les plus importants. Le nombre d’EEP affichant un délai supérieur à 90 jours est passé de 8 à 12, tandis que celui des organismes dépassant 120 jours a doublé, de 3 à 6. Le rapport préconise donc un suivi renforcé des 16 EEP dépassant les 60 jours, avec une attention particulière pour les 12 entités situées au-delà de 90 jours.
Une nuance juridique est néanmoins apportée : trois des 16 EEP concernés exercent dans le cadre du Code de commerce, qui permet un délai maximal de 120 jours lorsqu’il est expressément convenu entre les parties, contre 60 jours lorsque aucun délai n’a été convenu. Leur situation ne peut donc pas automatiquement être considérée comme non conforme.
Certains retards peuvent notamment résulter de contraintes opérationnelles, financières ou institutionnelles propres aux EEP exerçant des missions d’intérêt général ou de service public, avec des circuits de financement, de validation et d’exécution plus complexes. L’Observatoire recommande dans ces situations de renforcer les dispositifs de pilotage et d’anticipation financière.
Dans le même temps, les intérêts moratoires ont diminué de 17,76 à 12,96 millions de dirhams. La commande publique considérée dans ces statistiques englobe les marchés publics, les conventions ou contrats de droit commun ainsi que les bons de commande.
La plateforme AJAL, consacrée aux réclamations des fournisseurs, a parallèlement accueilli 143 nouveaux inscrits en 2025, portant le nombre total d’utilisateurs à 899. Au cours de l’année, 60 réclamations, représentant un montant cumulé de 8,91 millions de dirhams, y ont été déposées. Les PME et TPE représentent 95% des réclamants.
Le solde commercial, correspondant à la différence entre créances clients et dettes fournisseurs rapportée au chiffre d’affaires, s’est amélioré de 14 jours pour atteindre 43 JCA. Les entreprises marocaines demeurent néanmoins globalement en position nette prêteuse vis-à-vis de leurs partenaires commerciaux et continuent donc de supporter un décalage de trésorerie.
La distribution des délais confirme cette amélioration. En 2024, 65% des entreprises étudiées affichent des délais clients inférieurs à 60 jours, contre 62% en 2023 et 58% en 2022. La proportion dépassant 120 jours est revenue à 23%, après 26% en 2023 et 29% en 2022, tandis que la tranche comprise entre 60 et 120 jours représente environ 12%.
Du côté des règlements effectués par les entreprises, sept sociétés sur dix paient désormais leurs factures en moins de 60 jours, contre 59% en 2020 et 62% en 2021. La part de celles dépassant 120 jours est revenue à 18% en 2024, contre 19% en 2023 et 20% en 2022.
Celui-ci est passé de 372 milliards de dirhams en 2023 à 368 milliards en 2024. Les grandes entreprises concentrent toutefois encore 63% de ce montant, soit 232 milliards de dirhams. Avec la généralisation progressive des sanctions, le nombre d’entreprises déclarantes a plus que triplé pour atteindre 56.041, dont 63,5% réalisent un chiffre d’affaires compris entre 2 et 10 millions de dirhams.
Le montant des factures déclarées en retard atteint 53,2 milliards de dirhams, dont près de 83% sont concentrés chez les grandes entreprises.
Au total, les amendes émises se sont élevées à 1,331 milliard de dirhams, en baisse de 11,5% par rapport à 2024. Cette diminution provient principalement des entreprises réalisant plus de 50 millions de dirhams de chiffre d’affaires, pour lesquelles les amendes sont revenues de 1,310 milliard à 1,018 milliard de dirhams.
Ces sanctions supportées par les EEP représentent près de 31,8% des 1,331 milliard de dirhams d’amendes enregistrés au titre de l’exercice 2025.
Cette évolution intervient dans un contexte où les délais de paiement du secteur public se sont globalement améliorés. L’Observatoire appelle donc à distinguer le montant des amendes du délai moyen de paiement. Les pénalités ne concernent en effet que les factures ayant effectivement dépassé le délai légal et ne reflètent pas la totalité des transactions d’un organisme. Un EEP peut ainsi présenter un délai moyen globalement maîtrisé tout en étant sanctionné pour un nombre limité de factures payées tardivement. Le rapport estime par conséquent que les retards constatés ne peuvent être assimilés à une contreperformance généralisée des EEP marchands.
92% des EEP respectent le seuil de 60 jours
Sur les 205 EEP suivis, dont 178 établissements publics et 27 entreprises publiques, 189 affichaient en décembre 2025 un délai moyen de paiement inférieur ou égal à 60 jours. Le taux de conformité atteint ainsi 92%, contre 90% en décembre 2024. Cette amélioration provient notamment de la réduction du nombre d'entités situées dans la tranche comprise entre 61 et 90 jours, qui a diminué de dix unités en un an, soit un recul de 5 points.Le nombre d’EEP dépassant la référence de 60 jours est parallèlement passé de 22 à 16. La situation se dégrade toutefois parmi les retardataires les plus importants. Le nombre d’EEP affichant un délai supérieur à 90 jours est passé de 8 à 12, tandis que celui des organismes dépassant 120 jours a doublé, de 3 à 6. Le rapport préconise donc un suivi renforcé des 16 EEP dépassant les 60 jours, avec une attention particulière pour les 12 entités situées au-delà de 90 jours.
Une nuance juridique est néanmoins apportée : trois des 16 EEP concernés exercent dans le cadre du Code de commerce, qui permet un délai maximal de 120 jours lorsqu’il est expressément convenu entre les parties, contre 60 jours lorsque aucun délai n’a été convenu. Leur situation ne peut donc pas automatiquement être considérée comme non conforme.
Les délais ont diminué de 41,9% en sept ans
La tendance de long terme reste nettement orientée à la baisse. Entre 2018 et 2025, le délai moyen de paiement des EEP est passé de 55,9 à 32,5 jours, soit une réduction de 23,4 jours ou 41,9%. Selon l’Observatoire, cette évolution reflète les effets des réformes engagées en matière de discipline financière, d’optimisation des procédures de paiement et de suivi institutionnel. Le mouvement semble toutefois atteindre un palier. Depuis 2023, les variations annuelles sont devenues limitées et le délai moyen a même légèrement augmenté de 0,8 jour en 2025 par rapport à 2024. Le rapport considère que les gains les plus rapides ont désormais été largement captés. Les améliorations futures devraient davantage dépendre d’ajustements organisationnels, d’une gestion plus fine de la trésorerie et d’actions ciblées sur les organismes qui présentent encore des délais élevés.Certains retards peuvent notamment résulter de contraintes opérationnelles, financières ou institutionnelles propres aux EEP exerçant des missions d’intérêt général ou de service public, avec des circuits de financement, de validation et d’exécution plus complexes. L’Observatoire recommande dans ces situations de renforcer les dispositifs de pilotage et d’anticipation financière.
État et collectivités : le délai moyen tombe à 16,2 jours
Les délais sont encore plus courts pour la commande publique de l’État et des collectivités territoriales. Le délai moyen de paiement s’est établi à 16,2 jours en 2025, contre 18 jours en 2024, restant largement inférieur au plafond réglementaire de 60 jours.Dans le même temps, les intérêts moratoires ont diminué de 17,76 à 12,96 millions de dirhams. La commande publique considérée dans ces statistiques englobe les marchés publics, les conventions ou contrats de droit commun ainsi que les bons de commande.
La plateforme AJAL, consacrée aux réclamations des fournisseurs, a parallèlement accueilli 143 nouveaux inscrits en 2025, portant le nombre total d’utilisateurs à 899. Au cours de l’année, 60 réclamations, représentant un montant cumulé de 8,91 millions de dirhams, y ont été déposées. Les PME et TPE représentent 95% des réclamants.
Dans le privé, les délais clients reculent de 27 jours
L’amélioration concerne également les entreprises privées, même si les délais y restent nettement supérieurs à ceux observés dans le secteur public. L’analyse portant sur environ 92.000 entreprises au titre de 2024 fait ressortir un délai clients moyen de 98 jours de chiffre d’affaires (JCA), en baisse de 27 jours par rapport à 2023. Ce niveau passe ainsi, pour la première fois, sous le plafond dérogatoire de 120 jours. Les délais fournisseurs ont également diminué de 15 jours, pour atteindre 70 jours d’achats, après s’être maintenus autour de 85 jours en 2022 et 2023.Le solde commercial, correspondant à la différence entre créances clients et dettes fournisseurs rapportée au chiffre d’affaires, s’est amélioré de 14 jours pour atteindre 43 JCA. Les entreprises marocaines demeurent néanmoins globalement en position nette prêteuse vis-à-vis de leurs partenaires commerciaux et continuent donc de supporter un décalage de trésorerie.
La distribution des délais confirme cette amélioration. En 2024, 65% des entreprises étudiées affichent des délais clients inférieurs à 60 jours, contre 62% en 2023 et 58% en 2022. La proportion dépassant 120 jours est revenue à 23%, après 26% en 2023 et 29% en 2022, tandis que la tranche comprise entre 60 et 120 jours représente environ 12%.
Du côté des règlements effectués par les entreprises, sept sociétés sur dix paient désormais leurs factures en moins de 60 jours, contre 59% en 2020 et 62% en 2021. La part de celles dépassant 120 jours est revenue à 18% en 2024, contre 19% en 2023 et 20% en 2022.
53,2 milliards de dirhams de factures déclarées en retard
La mise en œuvre progressive de la loi n°69-21 commence également à se refléter dans les indicateurs du crédit interentreprises.Celui-ci est passé de 372 milliards de dirhams en 2023 à 368 milliards en 2024. Les grandes entreprises concentrent toutefois encore 63% de ce montant, soit 232 milliards de dirhams. Avec la généralisation progressive des sanctions, le nombre d’entreprises déclarantes a plus que triplé pour atteindre 56.041, dont 63,5% réalisent un chiffre d’affaires compris entre 2 et 10 millions de dirhams.
Le montant des factures déclarées en retard atteint 53,2 milliards de dirhams, dont près de 83% sont concentrés chez les grandes entreprises.
Au total, les amendes émises se sont élevées à 1,331 milliard de dirhams, en baisse de 11,5% par rapport à 2024. Cette diminution provient principalement des entreprises réalisant plus de 50 millions de dirhams de chiffre d’affaires, pour lesquelles les amendes sont revenues de 1,310 milliard à 1,018 milliard de dirhams.
