À 70 ans, les Domaines Zniber ne changent pas seulement de marque. Le groupe agricole, fondé en 1956 sur les terres d’Aït Harzallah, près de Meknès, prépare une nouvelle étape de son développement à partir de 2027, avec de nouveaux financements et la possibilité, pour la première fois, de produire hors du Maroc. Première étape de cette transformation : l’ensemble de ses fruits et huiles d’olive est désormais réuni sous une bannière unique, ZNIBER.
La nouvelle identité a été dévoilée jeudi 17 septembre à la Maassera Brahim Zniber, sur les terres où l’histoire du groupe a commencé il y a sept décennies. À compter de ce lancement, les marques historiques de la branche agricole, notamment Clemend’Or, Daylicio, Jad, O’lisens et MEISSARA, sont arrêtées au Maroc comme à l’export.
Deux gammes prennent le relais. ZNIBER portera l’offre destinée au quotidien, tandis que ZNIBER HERITAGE regroupera la sélection haut de gamme issue des différents terroirs et du savoir-faire du groupe. L’objectif est de rendre immédiatement identifiable l’origine des produits et de créer un lien plus direct entre la production et le consommateur final.
Cette nouvelle architecture s’accompagne de la signature « From Soil to Soul » et d’une promesse baptisée « Triple Good », articulée autour de trois critères : le goût, la qualité nutritionnelle et le respect des écosystèmes naturels.
Le groupe réalise aujourd’hui environ 500 millions de DH de chiffre d’affaires pour près de 120 millions de DH d’EBITDA. Il emploie plus de 2.600 personnes, dont environ 150 cadres, ingénieurs, techniciens, informaticiens et designers. Son dispositif agricole couvre 3.400 hectares répartis sur 25 sites de production, de Berkane à Agadir.
ZNIBER regroupe désormais les différentes productions agricoles du groupe : fruits rouges, rosacées, agrumes et huile d’olive. Les rosacées occupent 1.300 hectares, avec quelque 150 variétés de pêches, nectarines, prunes, abricots et kakis. Les oliveraies couvrent 1.000 hectares et alimentent une unité moderne de trituration, tandis que 350 hectares sont consacrés aux framboises, myrtilles et mûres. Les agrumes comprennent notamment la Clémentine de Berkane, protégée par une Indication géographique protégée.
L’Afrique n’est pas envisagée, à ce stade, comme un débouché commercial prioritaire. Elle pourrait en revanche devenir une zone de production permettant au groupe de diversifier ses implantations, de sécuriser une capacité de production tout au long de l’année et de mieux répartir les risques liés aux aléas climatiques.
Le groupe ne raisonnerait alors plus uniquement selon un modèle d’exportation depuis le Maroc, mais avec un dispositif agricole susceptible de s’étendre au-delà des frontières du Royaume.
Cette évolution viendrait compléter une présence commerciale déjà largement internationale. Les produits des Domaines Zniber sont aujourd’hui vendus au Maroc, en Europe, en Amérique du Nord, au Moyen-Orient, en Asie et en Afrique. L’Europe reste son principal marché extérieur, notamment la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni et les Pays-Bas. Le groupe souhaite désormais élargir ses débouchés en Europe, notamment dans les pays scandinaves, ainsi qu’en Asie, particulièrement au Japon et en Chine.
Les Domaines Zniber ont déjà dû adapter leurs cultures à plusieurs reprises. Lorsque le feu bactérien a détruit les premiers pommiers et poiriers, les exploitations ont été reconverties vers les fruits à noyau, notamment les pêches, nectarines, prunes et abricots, avec une orientation plus marquée vers l’export.
Dans l’Oriental, après plusieurs années de sécheresse, le groupe a également développé la culture des fruits rouges sous serre à Berkane, aux côtés de Driscoll’s. Les Domaines Zniber indiquent avoir été les premiers à introduire ce mode de production dans cette zone.
Mais les sept dernières années de sécheresse ont changé l’équation. « Le changement climatique n’est pas nouveau. Mais sa violence est nouvelle », résume Leyth Zniber. Une réalité qui conduit désormais le groupe à envisager une diversification géographique de sa production.
Aujourd’hui encore, l’eau reste son premier poste d’investissement. Récupération des eaux pluviales, bassins, sondes, capteurs connectés et pilotage précis de l’irrigation font désormais partie des dispositifs utilisés dans les exploitations. À Agadir, certaines fermes sont alimentées à 90% par de l’eau dessalée.
Cette maîtrise de la ressource devient d’autant plus stratégique que le groupe doit composer avec des épisodes de sécheresse plus longs et une plus forte instabilité des conditions de production.
L’hypothèse d’une introduction en Bourse n’est pas totalement écartée, mais ne constitue pas un projet immédiat. Leyth Zniber indique que cette option fait partie des réflexions, tout en soulignant qu’une telle opération nécessiterait plusieurs années de préparation, particulièrement dans un secteur agricole soumis à de profondes transformations.
La priorité reste donc, à ce stade, de consolider le modèle avant de déterminer les financements les mieux adaptés au prochain cycle de croissance.
Les Domaines Zniber utilisent notamment des dendromètres pour suivre l’évolution des arbres et des branches, des tensiomètres pour mesurer l’humidité des sols et des outils permettant de surveiller quotidiennement le calibre des fruits. Des solutions d’intelligence artificielle sont également utilisées.
Le groupe envisage désormais d’accroître le recours aux drones et à la robotisation. Cette montée en puissance technologique doit permettre d’affiner le pilotage des exploitations, notamment dans la gestion de l’eau et des cultures.
Il faudra cinq années pour dépierrer les terres, d’abord à la main puis mécaniquement, avant d’y planter les premiers vergers de pommiers et de poiriers de la région. Cette première expérience contribuera à installer durablement la maîtrise de l’eau et la protection des cultures au cœur du modèle agricole du groupe.
« Mon père a acheté cette terre en 1956 sur sa seule parole. La marque que nous présentons aujourd’hui porte son nom. Elle prolonge cet héritage avec une agriculture plus proche de la nature, plus précise grâce à la technologie, et plus consciente de sa responsabilité envers les hommes et la société », souligne Leyth Zniber.
Soixante-dix ans plus tard, le passage à une marque unique matérialise ainsi une nouvelle étape. Mais le changement le plus structurant pourrait intervenir à partir de 2027, avec le financement d’un nouveau cycle d’investissements et une possible extension du modèle de production des Domaines Zniber au-delà du Maroc.
La nouvelle identité a été dévoilée jeudi 17 septembre à la Maassera Brahim Zniber, sur les terres où l’histoire du groupe a commencé il y a sept décennies. À compter de ce lancement, les marques historiques de la branche agricole, notamment Clemend’Or, Daylicio, Jad, O’lisens et MEISSARA, sont arrêtées au Maroc comme à l’export.
Deux gammes prennent le relais. ZNIBER portera l’offre destinée au quotidien, tandis que ZNIBER HERITAGE regroupera la sélection haut de gamme issue des différents terroirs et du savoir-faire du groupe. L’objectif est de rendre immédiatement identifiable l’origine des produits et de créer un lien plus direct entre la production et le consommateur final.
Cette nouvelle architecture s’accompagne de la signature « From Soil to Soul » et d’une promesse baptisée « Triple Good », articulée autour de trois critères : le goût, la qualité nutritionnelle et le respect des écosystèmes naturels.
80 millions de DH investis chaque année depuis quatre ans
Ce repositionnement intervient après plusieurs années de transformation de l’outil de production. Depuis quatre ans, les Domaines Zniber investissent près de 80 millions de DH par an dans leurs activités agricoles, industrielles et commerciales.Le groupe réalise aujourd’hui environ 500 millions de DH de chiffre d’affaires pour près de 120 millions de DH d’EBITDA. Il emploie plus de 2.600 personnes, dont environ 150 cadres, ingénieurs, techniciens, informaticiens et designers. Son dispositif agricole couvre 3.400 hectares répartis sur 25 sites de production, de Berkane à Agadir.
ZNIBER regroupe désormais les différentes productions agricoles du groupe : fruits rouges, rosacées, agrumes et huile d’olive. Les rosacées occupent 1.300 hectares, avec quelque 150 variétés de pêches, nectarines, prunes, abricots et kakis. Les oliveraies couvrent 1.000 hectares et alimentent une unité moderne de trituration, tandis que 350 hectares sont consacrés aux framboises, myrtilles et mûres. Les agrumes comprennent notamment la Clémentine de Berkane, protégée par une Indication géographique protégée.
Produire hors du Maroc à partir de 2027
Mais la prochaine transformation pourrait concerner la géographie même de la production. Les Domaines Zniber étudient plusieurs pays africains en vue d’une éventuelle implantation agricole à partir de 2027.L’Afrique n’est pas envisagée, à ce stade, comme un débouché commercial prioritaire. Elle pourrait en revanche devenir une zone de production permettant au groupe de diversifier ses implantations, de sécuriser une capacité de production tout au long de l’année et de mieux répartir les risques liés aux aléas climatiques.
Le groupe ne raisonnerait alors plus uniquement selon un modèle d’exportation depuis le Maroc, mais avec un dispositif agricole susceptible de s’étendre au-delà des frontières du Royaume.
Cette évolution viendrait compléter une présence commerciale déjà largement internationale. Les produits des Domaines Zniber sont aujourd’hui vendus au Maroc, en Europe, en Amérique du Nord, au Moyen-Orient, en Asie et en Afrique. L’Europe reste son principal marché extérieur, notamment la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni et les Pays-Bas. Le groupe souhaite désormais élargir ses débouchés en Europe, notamment dans les pays scandinaves, ainsi qu’en Asie, particulièrement au Japon et en Chine.
Le changement climatique rebat les cartes
Cette réflexion sur l’internationalisation de la production est étroitement liée aux transformations que connaît l’agriculture marocaine. Les années successives de sécheresse ont renforcé la nécessité de diversifier les risques.Les Domaines Zniber ont déjà dû adapter leurs cultures à plusieurs reprises. Lorsque le feu bactérien a détruit les premiers pommiers et poiriers, les exploitations ont été reconverties vers les fruits à noyau, notamment les pêches, nectarines, prunes et abricots, avec une orientation plus marquée vers l’export.
Dans l’Oriental, après plusieurs années de sécheresse, le groupe a également développé la culture des fruits rouges sous serre à Berkane, aux côtés de Driscoll’s. Les Domaines Zniber indiquent avoir été les premiers à introduire ce mode de production dans cette zone.
Mais les sept dernières années de sécheresse ont changé l’équation. « Le changement climatique n’est pas nouveau. Mais sa violence est nouvelle », résume Leyth Zniber. Une réalité qui conduit désormais le groupe à envisager une diversification géographique de sa production.
L’eau reste le premier poste d’investissement
La gestion de l’eau constitue depuis les origines l’un des axes structurants du modèle agricole des Domaines Zniber. Le groupe figure parmi les premiers exploitants de la région du Saïss à avoir installé des réseaux de goutte-à-goutte ainsi que des dispositifs anti-grêle.Aujourd’hui encore, l’eau reste son premier poste d’investissement. Récupération des eaux pluviales, bassins, sondes, capteurs connectés et pilotage précis de l’irrigation font désormais partie des dispositifs utilisés dans les exploitations. À Agadir, certaines fermes sont alimentées à 90% par de l’eau dessalée.
Cette maîtrise de la ressource devient d’autant plus stratégique que le groupe doit composer avec des épisodes de sécheresse plus longs et une plus forte instabilité des conditions de production.
De nouveaux financements pour accompagner la prochaine étape
Le développement envisagé à partir de 2027 nécessitera également de nouvelles ressources financières. Les Domaines Zniber étudient plusieurs options, parmi lesquelles la dette bancaire, une levée de fonds ou d’autres instruments de financement. Aucun arbitrage définitif n’a encore été effectué.L’hypothèse d’une introduction en Bourse n’est pas totalement écartée, mais ne constitue pas un projet immédiat. Leyth Zniber indique que cette option fait partie des réflexions, tout en soulignant qu’une telle opération nécessiterait plusieurs années de préparation, particulièrement dans un secteur agricole soumis à de profondes transformations.
La priorité reste donc, à ce stade, de consolider le modèle avant de déterminer les financements les mieux adaptés au prochain cycle de croissance.
Des exploitations désormais entièrement digitalisées
L’autre chantier stratégique concerne la technologie. Toutes les fermes du groupe sont aujourd’hui digitalisées, avec un enregistrement des opérations sur tablettes et une remontée immédiate des informations vers le niveau central.Les Domaines Zniber utilisent notamment des dendromètres pour suivre l’évolution des arbres et des branches, des tensiomètres pour mesurer l’humidité des sols et des outils permettant de surveiller quotidiennement le calibre des fruits. Des solutions d’intelligence artificielle sont également utilisées.
Le groupe envisage désormais d’accroître le recours aux drones et à la robotisation. Cette montée en puissance technologique doit permettre d’affiner le pilotage des exploitations, notamment dans la gestion de l’eau et des cultures.
Une histoire commencée en 1956 à Aït Harzallah
Cette transformation s’inscrit dans une histoire commencée en 1956, lorsque Brahim Zniber acquiert le domaine d’Aït Harzallah, au pied du Moyen Atlas. Selon le récit du groupe, le financement de cette acquisition lui avait alors été accordé sur sa seule parole, sans autre garantie.Il faudra cinq années pour dépierrer les terres, d’abord à la main puis mécaniquement, avant d’y planter les premiers vergers de pommiers et de poiriers de la région. Cette première expérience contribuera à installer durablement la maîtrise de l’eau et la protection des cultures au cœur du modèle agricole du groupe.
« Mon père a acheté cette terre en 1956 sur sa seule parole. La marque que nous présentons aujourd’hui porte son nom. Elle prolonge cet héritage avec une agriculture plus proche de la nature, plus précise grâce à la technologie, et plus consciente de sa responsabilité envers les hommes et la société », souligne Leyth Zniber.
Soixante-dix ans plus tard, le passage à une marque unique matérialise ainsi une nouvelle étape. Mais le changement le plus structurant pourrait intervenir à partir de 2027, avec le financement d’un nouveau cycle d’investissements et une possible extension du modèle de production des Domaines Zniber au-delà du Maroc.
Rita Maria Zniber : « Ne transformons jamais l’héritage en immobilité »
Dans son allocution pour les 70 ans des Domaines Zniber, Rita Maria Zniber, présidente des Domaines Zniber et PDG de Diana Holding, a choisi de parler autant d’avenir que de mémoire. Elle a retracé une histoire commencée en 1956, lorsque son époux, Brahim Zniber, acquiert à crédit le domaine d’Aït Harzallah, point de départ d’une aventure entrepreneuriale qui s’étendra progressivement bien au-delà de l’agriculture. Son discours a surtout pris une tonalité personnelle lorsqu’elle a rendu hommage aux femmes et aux hommes qui ont accompagné cette construction au fil des décennies. « Aux présents et aux absents » vont ses pensées et sa reconnaissance, a-t-elle déclaré, rappelant avoir partagé avec Brahim Zniber ses « réflexions », ses « inquiétudes », ses « déceptions », mais aussi ses « enthousiasmes », ses « échecs » et ses « réussites ». À quelques jours du dixième anniversaire de la disparition de Brahim Zniber, le 30 septembre, Rita Maria Zniber a également évoqué celui qui « aimait construire », « entreprendre » et surtout « regardait devant lui ». Un souvenir dont elle tire un message adressé aux nouvelles générations : « Ne transformons jamais l’héritage en immobilité. » Cette transmission, a-t-elle insisté, ne consiste pas seulement à préserver ce qui a été construit, mais à le transformer et à préparer ce que d’autres auront demain la responsabilité de poursuivre. Une philosophie qu’elle applique également à la nouvelle identité des Domaines Zniber, appelée à accompagner le groupe face aux défis de l’eau, du climat, de la technologie et de la compétitivité internationale.Domaines Zniber en chiffres et dates
- 1956 — Création du domaine d’Aït Harzallah, point de départ de l’aventure Zniber.
- 70 ans — L’âge célébré en 2026 avec le lancement de la marque unique ZNIBER.
- 3.400 hectares — Répartis sur 25 sites de production, de Berkane à Agadir.
- 2.600 collaborateurs — L’effectif des Domaines Zniber.
- 500 millions de DH — Le chiffre d’affaires annuel, pour près de 120 millions de DH d’EBITDA.
- 80 millions de DH — Les investissements réalisés chaque année depuis quatre ans.
- 2027 — Le prochain cap de développement, avec de nouveaux financements et une possible production hors du Maroc.
