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Lundi 29 Juin 2026
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Drâa-Tafilalet : un programme pour structurer l’entrepreneuriat dans les provinces les plus isolées

Le Centre régional d’investissement de Drâa-Tafilalet vient de lancer un appel d’offres pour confier la gestion de ses incubateurs «Najah» à un prestataire privé. Derrière ce marché public, une ambition claire : faire émerger une nouvelle génération d’entrepreneurs dans les provinces d’Ouarzazate et de Zagora.

L’initiative s’inscrit dans la continuité d’une convention cadre signée en mars 2022 entre la Wilaya de la région, le Conseil Régional et le CRIDT, actant la création d’incubateurs d’entreprises comme levier de développement endogène.
L’initiative s’inscrit dans la continuité d’une convention cadre signée en mars 2022 entre la Wilaya de la région, le Conseil Régional et le CRIDT, actant la création d’incubateurs d’entreprises comme levier de développement endogène.
C’est un pari sur l’avenir, dans une région que l’on associe davantage aux dunes de l’erg Chebbi ou aux kasbahs du cinéma mondial qu’aux startups et aux business plans. Le Centre régional d’investissement de Drâa-Tafilalet (CRIDT) planche sur une assistance externe pour la gestion de ses deux incubateurs «Najah», implantés à Ouarzazate et à Zagora. L’opération vise à accompagner 200 porteurs d’idées de projets en phase de pré-création et à assurer le suivi post-création de 100 entreprises déjà constituées dans ces deux provinces du sud marocain.

Un écosystème à construire de toutes pièces

La région de Drâa-Tafilalet souffre d’un tissu économique étroit, largement tributaire du tourisme, de l’agriculture oasienne et des transferts de la diaspora. L’initiative s’inscrit dans la continuité d’une convention-cadre signée en mars 2022 entre la Wilaya de la région, le Conseil régional et le CRIDT, actant la création d’incubateurs d’entreprises comme levier de développement endogène. Quatre ans après la signature de ce protocole, la mise en œuvre opérationnelle entre enfin dans sa phase active.

Le programme poursuit plusieurs objectifs simultanés : renforcer les services d’accompagnement entrepreneurial à l’échelle régionale, stimuler l’accès au financement pour les porteurs de projets et soutenir les entrepreneurs dans leurs démarches d’accès au foncier – une contrainte structurelle majeure dans des provinces où le statut des terres reste souvent complexe. Le tout en cherchant à favoriser «la convergence et la complémentarité entre les acteurs de l’écosystème».

Une architecture en trois missions

La mission d’accompagnement est structurée en trois phases aux logiques complémentaires. La première consiste en un travail de Sourcing et de sensibilisation : caravanes d’information, forums, présence sur les réseaux sociaux, entretiens individuels. L’objectif est d’identifier, sur chaque province, au minimum 200 porteurs d’idées éligibles à l’accompagnement et 100 entreprises déjà créées – très petites entreprises (TPE), auto-entrepreneurs, coopératives – pouvant bénéficier d’un suivi post-création. La deuxième phase est le cœur pédagogique du dispositif. Elle se déploie en deux temps : d’abord des ateliers de formation couvrant comptabilité, fiscalité, marketing, élaboration de business plans et design thinking ; puis un accompagnement individuel à la création effective d’entreprise, avec élaboration du business model, montage des dossiers de financement et assistance aux démarches administratives. À l’issue de cette mission, chaque bénéficiaire se voit remettre un certificat d’achèvement. La troisième mission est peut-être la plus stratégique. Elle porte sur le suivi post-création des entreprises issues du programme : accompagnement au démarrage, assistance en cas de difficultés, organisation de rencontres B to B entre entrepreneurs et avec des entreprises des mêmes filières. C’est ici que se joue la question de la pérennité – le vrai défi de tout dispositif d’incubation.

L’enjeu territorial au cœur du dispositif

Au-delà des ambitions liées à cette initiative, c’est la question du modèle de développement des territoires éloignés des grands pôles économiques que celle-ci soulève. Ouarzazate et Zagora restent parmi les provinces les moins intégrées aux dynamiques économiques du Maroc atlantique. Leur potentiel – tourisme saharien, énergies renouvelables, agriculture de niche, artisanat – reste largement sous-exploité faute de structures d’appui accessibles.

L’incubateur «Najah» ambitionne de combler ce vide institutionnel en créant un point de contact entre les porteurs de projets locaux, les financeurs (banques, Initiative nationale pour le développement humain, fonds d’honneur, ONG), les institutions (Agence nationale de promotion de l’emploi et des compétences – ANAPEC), Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail – OFPPT), Confédération générale des entreprises du Maroc – CGEM), facultés) et les marchés. La répartition géographique des objectifs – au minimum 100 bénéficiaires en accompagnement et 50 en suivi post-création par province – traduit une volonté d’équité territoriale entre les deux sites.
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