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Eau : un Programme de 346,9 millions d’euros pour renforcer la politique hydrique du Maroc

Le Maroc bénéficie d’un Programme de financement de 346,9 millions d’euros destiné à accompagner la mise en œuvre de sa politique nationale de l’eau sur la période 2026-2030. Cofinancé par l’Agence française de développement, la Caisse des dépôts et des prêts italienne, la banque allemande KfW et l’Union européenne, ce dispositif vise notamment à améliorer la connaissance des ressources hydriques, à renforcer la gestion des sécheresses et des inondations et à protéger les eaux souterraines contre la surexploitation et la pollution.

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La lutte contre le stress hydrique et l’adaptation au changement climatique constituent les principaux axes d’un nouveau Programme d’appui à la politique nationale de l’eau du Maroc. Le projet prévoit une durée de financement de cinq ans et repose sur un financement budgétaire de politique publique, complété par une assistance technique et un dialogue entre les différents acteurs institutionnels. Le Plan de financement mobilise trois prêts de 100 millions d’euros chacun, accordés respectivement par l’Agence française de développement (AFD), la Caisse des dépôts et des prêts italienne (CDP) et la Banque allemande de développement (KfW). À ces concours s’ajoutent une subvention européenne déléguée de 46,9 millions d’euros, hors rémunération de l’AFD, ainsi qu’une subvention française de 400.000 euros destinée à couvrir les coûts non pris en charge par les fonds européens.

Le montant global du Programme culmine ainsi à 347,3 millions d’euros. Ce dispositif intervient dans un contexte de forte tension sur les ressources hydriques. Le Maroc dispose de moins de 750 m³ d’eau par habitant et par an et a enregistré, en 2024, une sixième année consécutive de sécheresse. Parallèlement, la demande en eau monte de 3% en moyenne annuelle depuis 2016, tandis que les ressources disponibles diminuent et que leur qualité se dégrade. Le pays doit aussi faire face à des phénomènes hydrologiques extrêmes plus fréquents et plus intenses, ainsi qu’à la sur-exploitation des nappes souterraines.

Le Programme s’articule autour de sept axes. Il prévoit d’abord d’améliorer la connaissance des ressources en eau et de mieux mesurer les effets du changement climatique sur leur disponibilité. La gestion intégrée des sécheresses et des inondations constitue un autre volet important, avec la mise en place d’un cadre de vigilance contre les crues et de systèmes d’alerte précoce. Le dispositif vise en outre à renforcer la préservation des ressources hydriques et de la biodiversité, ainsi que la protection et la gestion durable des eaux souterraines.

La lutte contre la pollution de l’eau figure aussi parmi les chantiers identifiés. Les réalisations attendues comprennent la préparation d’un Programme national de dépollution industrielle hydrique, le lancement d’un Programme pilote dans les secteurs du textile et du cuir et l’élaboration de textes encadrant la pollution causée par les margines. Le Programme prévoit, en outre, des textes réglementaires relatifs à la réutilisation des eaux usées en agriculture et à l’amélioration de la qualité des ressources en eau. Une évaluation environnementale et sociale stratégique de la politique nationale de l’eau est aussi attendue.

La gestion des nappes souterraines fera l’objet d’une attention particulière, avec une étude consacrée à leur recharge intégrant des solutions fondées sur la nature. Le suivi hydrologique doit, de son côté, être amélioré grâce à une meilleure connaissance des eaux souterraines et à l’installation de systèmes de surveillance de la qualité de l’eau. Le renforcement des systèmes de collecte de données et de modélisation figure en outre parmi les objectifs du Programme. Au-delà des investissements et des outils techniques, le financement comporte une dimension institutionnelle. Il prévoit de renforcer la gestion intégrée des ressources en eau dans les différents bassins hydrauliques, d’améliorer la coordination entre les secteurs concernés et de consolider le cadre de gouvernance. L’égalité entre les femmes et les hommes, l’inclusion sociale et la participation citoyenne font aussi partie des axes retenus. La coordination du Programme est assurée par le ministère de l’Économie et des finances et le ministère de l’Équipement et de l’eau, avec la participation du ministère de l’Agriculture et des agences de bassins hydrauliques. Un comité de pilotage et des groupes de travail intersectoriels sont prévus pour accompagner sa mise en œuvre. L’assistance technique, quant à elle, sera déployée selon plusieurs modalités, sous la maîtrise d’ouvrage des ministères et des agences de bassins hydrauliques ou dans le cadre de contrats pilotés par l’AFD. Une partie des fonds européens bénéficiera par ailleurs à deux organismes à but non lucratif, The Nature Conservancy et la Fondation ZDHC, chargés respectivement de mettre en œuvre des activités liées aux solutions fondées sur la nature et à la réduction de la pollution hydrique de l’industrie textile.

À travers ce programme, les partenaires entendent soutenir la mise en œuvre de la politique nationale de l’eau sur la période 2025-2030, renforcer les capacités des institutions concernées et améliorer le dialogue entre les acteurs publics. L’objectif affiché est de réduire la vulnérabilité de l’ensemble de la population marocaine face au changement climatique, en s’appuyant sur une gestion plus intégrée et durable des ressources hydriques.
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