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Samedi 23 Mai 2026
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Laâyoune va tripler sa capacité de dessalement pour sécuriser son eau potable

L’Office national de l’électricité et de l’eau potable s’apprête à engager prochainement une étude stratégique pour concevoir une troisième station de dessalement d’eau de mer à Laâyoune, portant la production totale à 900 l/s à l’horizon 2050. Un projet stratégique face à l’assèchement progressif des nappes phréatiques de la région.

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La ville de Laâyoune s’apprête à renforcer la sécurisation de son alimentation en eau potable. L’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) – Branche Eau engagera prochainement une étude technique détaillée pour la conception d’une troisième unité de dessalement d’eau de mer, destinée à renforcer l’approvisionnement de la ville et des centres avoisinants, Foum El Oued, El Marsa et le Village de pêche de Tarouma. Si l’ONEE veut accélérer la mise en place de ce projet, c’est que le diagnostic qu’il a établi est sans appel : les ressources actuelles sont sous tension.



Si les deux stations de dessalement existantes – l’ancienne et la nouvelle, chacune d’une capacité de 300 litres (l)/seconde (s) – fournissent la colonne vertébrale du système, les forages du champ captant de Foum El Oued sont en déclin. Leur capacité, estimée à 95 l/s en 2026, est appelée à baisser progressivement sous l’effet d’une surexploitation de la nappe phréatique. Les trois stations de déminéralisation (30 l/s) et les forages d’eau saumâtre (40 l/s) complètent un tableau dont la fragilité structurelle justifie une réponse ambitieuse.

Osmose inverse et prise directe d’eau de mer

La solution retenue par l’Office repose sur une nouvelle unité de dessalement par osmose inverse, à implanter à proximité des installations existantes. La rupture avec le passé est technologique autant que logistique. En effet, contrairement aux anciennes stations alimentées par des forages côtiers, la future unité sera raccordée à une prise directe d’eau de mer, dont les travaux de génie civil sont en cours de réalisation par l’ONEE. Ce choix impose une chaîne de traitement intégralement repensée. En amont, un système de prétraitement adapté à la qualité spécifique de l’eau de mer captée devra être dimensionné. En aval, une nouvelle conduite d’adduction en acier ou en fonte – de diamètre DN 600 sur un linéaire d’environ 10 kilomètres – reliera la station au réservoir Carrefour, nœud stratégique de la distribution urbaine. La station de pompage d’eau dessalée sera, elle aussi, renforcée en conséquence. Le projet prévoit par ailleurs la gestion des saumures issues du processus de dessalement, dont le rejet en mer devra être conçu pour minimiser l’impact sur le milieu marin, via des diffuseurs appropriés et des dispositifs de dilution. La réutilisation de ces concentrés à des fins industrielles sera aussi étudiée.

Le contexte géographique de la ville impose ses propres contraintes. Le site est exposé à un phénomène d’ensablement important, à une hygrométrie élevée et à des températures ambiantes fortes, ce qui conduit à intégrer dès la conception des protections spécifiques contre l’érosion éolienne et la corrosion saline. L’étude en projet devra ainsi définir des techniques de protection optimales, choisir la végétation la mieux adaptée et chiffrer les coûts afférents à ce dispositif de protection du site. La gestion intelligente des installations est aussi au cœur du projet. Un système de télégestion reliant le bassin de captage, la station de dessalement, les réservoirs et les stations de pompage sera déployé. Il s’appuiera sur la fibre optique existante entre la station de 2022 et le réservoir carrefour, et sera étendu au nouvel ensemble, avec étude des liaisons complémentaires par fibre, radio ou GSM/GPRS selon la couverture disponible.
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