Afficher des engagements ne suffit plus : encore faut-il pouvoir en mesurer les résultats et en démontrer la réalité. C’est autour de cette exigence que Tennaxia Consulting et GlobalEthix ont réuni, mercredi 28 octobre à Casablanca, les responsables RSE et développement durable de 40 entreprises. Avec un enjeu pour les organisations marocaines : faire du reporting environnemental, social et de gouvernance un outil de décision et de compétitivité.
Placée sous le fil conducteur «Gouverner · Mesurer · Prouver», la rencontre-débat a porté sur le référentiel ESG 1000 et sur les moyens d’organiser une démarche cohérente face à la multiplication des exigences extra-financières. Pour les intervenants, la question dépasse la production d’un rapport : elle concerne la capacité de l’entreprise à anticiper ses risques, à répondre aux attentes de ses partenaires et à étayer ses engagements par des données fiables.
«Ce qui change fondamentalement, c’est qu’on passe de “bien faire” à “prouver qu’on fait bien”. L’ESG n’est plus un coût : c’est un levier de financement, d’accès aux marchés et de confiance», a déclaré Yassine Karim, directeur général de Tennaxia Consulting.
Il a décrit un marché marocain avançant «à trois vitesses», où l’enjeu consiste désormais à mobiliser davantage les entreprises de taille intermédiaire et les PME. Selon les chiffres présentés lors de son intervention, 152 entreprises disposent du label RSE de la CGEM et près de 97% des émetteurs cotés concernés ont publié leur rapport ESG, tandis que seulement 12% des PME exportatrices disposent d’un bilan carbone certifié.
Des données pour éclairer les décisions
Face à la diversité des références existantes, Yassine Karim a présenté ESG 1000 comme un système intégré et certifiable permettant de capitaliser sur les démarches déjà engagées par les entreprises. Porté par l’International Group for Sustainable Finance (IGSF), au Luxembourg, ce référentiel a été publié le 29 janvier 2025. Il comprend 1.000 bonnes pratiques réparties sur douze thèmes et 190 indicateurs alignés sur les standards ESRS et GRI, selon les éléments exposés lors de la rencontre.
L’accompagnement proposé au Maroc par Tennaxia Consulting et GlobalEthix est distinct de l’audit de certification, assuré par COFICERT. La démarche présentée repose sur trois étapes : réaliser un autodiagnostic, former et certifier les managers RSE/ESG, puis engager la certification de l’organisation.
Pour Christian Lévesque, président de GlobalEthix International, cette structuration doit surtout permettre de mieux piloter l’entreprise. Une progression du chiffre d’affaires peut, a-t-il expliqué, masquer des fragilités liées au stress hydrique, aux conditions sociales chez les fournisseurs ou au départ des talents. «Être rentable aujourd’hui ne suffit pas : il faut pouvoir le demeurer», a-t-il souligné.
Le reporting doit ainsi aider à identifier les risques, à fixer des objectifs mesurables et à éclairer les arbitrages du conseil d’administration. Christian Lévesque a notamment présenté un tableau de bord de deux pages dans lequel chaque indicateur est associé à un objectif, un résultat, un écart, un responsable et une décision.
«La confiance ne repose pas sur la perfection, mais sur la démonstration. Notre ambition : bâtir de meilleures entreprises, pas seulement de meilleurs rapports», a-t-il affirmé.
Une première promotion de managers certifiés
La rencontre a également donné lieu à la remise des certificats à la première promotion de managers RSE/ESG certifiés ESG 1000 au Maroc, à l’issue d’une formation conduite par GlobalEthix et Tennaxia Consulting. Ces professionnels ont été formés pour piloter l’autodiagnostic, l’alignement des pratiques et la préparation à la certification au sein de leurs organisations.
Holcim Maroc, présentée lors de l’événement comme la première entreprise certifiée ESG 1000 en Afrique, a partagé son expérience par la voix de Nabila Chiba, cheffe de projet développement durable. Son témoignage a mis en avant une démarche de long terme, soutenue par la direction et par l’implication des parties prenantes.
La Fondation Jadara et l’Agence Bayt Mal Al-Qods Acharif ont également participé aux échanges. Cette dernière a présenté son programme RSE permettant aux entreprises de soutenir l’éducation, la santé et le développement social à Al-Qods, avec un suivi des résultats.
Les discussions ont finalement ramené les participants à trois questions concrètes : comment fiabiliser les données, répondre aux exigences des donneurs d’ordre européens et associer davantage les conseils d’administration à la supervision des engagements ESG ? Autant de conditions pour que les indicateurs publiés se traduisent dans les décisions de l’entreprise.
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Placée sous le fil conducteur «Gouverner · Mesurer · Prouver», la rencontre-débat a porté sur le référentiel ESG 1000 et sur les moyens d’organiser une démarche cohérente face à la multiplication des exigences extra-financières. Pour les intervenants, la question dépasse la production d’un rapport : elle concerne la capacité de l’entreprise à anticiper ses risques, à répondre aux attentes de ses partenaires et à étayer ses engagements par des données fiables.
«Ce qui change fondamentalement, c’est qu’on passe de “bien faire” à “prouver qu’on fait bien”. L’ESG n’est plus un coût : c’est un levier de financement, d’accès aux marchés et de confiance», a déclaré Yassine Karim, directeur général de Tennaxia Consulting.
Il a décrit un marché marocain avançant «à trois vitesses», où l’enjeu consiste désormais à mobiliser davantage les entreprises de taille intermédiaire et les PME. Selon les chiffres présentés lors de son intervention, 152 entreprises disposent du label RSE de la CGEM et près de 97% des émetteurs cotés concernés ont publié leur rapport ESG, tandis que seulement 12% des PME exportatrices disposent d’un bilan carbone certifié.
Des données pour éclairer les décisions
Face à la diversité des références existantes, Yassine Karim a présenté ESG 1000 comme un système intégré et certifiable permettant de capitaliser sur les démarches déjà engagées par les entreprises. Porté par l’International Group for Sustainable Finance (IGSF), au Luxembourg, ce référentiel a été publié le 29 janvier 2025. Il comprend 1.000 bonnes pratiques réparties sur douze thèmes et 190 indicateurs alignés sur les standards ESRS et GRI, selon les éléments exposés lors de la rencontre.
L’accompagnement proposé au Maroc par Tennaxia Consulting et GlobalEthix est distinct de l’audit de certification, assuré par COFICERT. La démarche présentée repose sur trois étapes : réaliser un autodiagnostic, former et certifier les managers RSE/ESG, puis engager la certification de l’organisation.
Pour Christian Lévesque, président de GlobalEthix International, cette structuration doit surtout permettre de mieux piloter l’entreprise. Une progression du chiffre d’affaires peut, a-t-il expliqué, masquer des fragilités liées au stress hydrique, aux conditions sociales chez les fournisseurs ou au départ des talents. «Être rentable aujourd’hui ne suffit pas : il faut pouvoir le demeurer», a-t-il souligné.
Le reporting doit ainsi aider à identifier les risques, à fixer des objectifs mesurables et à éclairer les arbitrages du conseil d’administration. Christian Lévesque a notamment présenté un tableau de bord de deux pages dans lequel chaque indicateur est associé à un objectif, un résultat, un écart, un responsable et une décision.
«La confiance ne repose pas sur la perfection, mais sur la démonstration. Notre ambition : bâtir de meilleures entreprises, pas seulement de meilleurs rapports», a-t-il affirmé.
Une première promotion de managers certifiés
La rencontre a également donné lieu à la remise des certificats à la première promotion de managers RSE/ESG certifiés ESG 1000 au Maroc, à l’issue d’une formation conduite par GlobalEthix et Tennaxia Consulting. Ces professionnels ont été formés pour piloter l’autodiagnostic, l’alignement des pratiques et la préparation à la certification au sein de leurs organisations.
Holcim Maroc, présentée lors de l’événement comme la première entreprise certifiée ESG 1000 en Afrique, a partagé son expérience par la voix de Nabila Chiba, cheffe de projet développement durable. Son témoignage a mis en avant une démarche de long terme, soutenue par la direction et par l’implication des parties prenantes.
La Fondation Jadara et l’Agence Bayt Mal Al-Qods Acharif ont également participé aux échanges. Cette dernière a présenté son programme RSE permettant aux entreprises de soutenir l’éducation, la santé et le développement social à Al-Qods, avec un suivi des résultats.
Les discussions ont finalement ramené les participants à trois questions concrètes : comment fiabiliser les données, répondre aux exigences des donneurs d’ordre européens et associer davantage les conseils d’administration à la supervision des engagements ESG ? Autant de conditions pour que les indicateurs publiés se traduisent dans les décisions de l’entreprise.
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