Le dromadaire occupe depuis des siècles une place centrale dans les espaces désertiques marocains, où il s’est imposé comme un animal emblématique par sa robustesse et sa capacité d’adaptation. Surnommé le «vaisseau du désert», il supporte des conditions climatiques extrêmes, peut rester de longues périodes sans eau ni nourriture et évolue dans des environnements particulièrement contraignants.
Issu d’une longue évolution biologique, il a développé des caractéristiques uniques qui en font un modèle d’adaptation aux milieux arides, notamment sa capacité à stocker de l’énergie et à limiter les effets de la chaleur. Au-delà de ses fonctions économiques, il symbolise la survie, la mobilité et l’adaptation des populations sahariennes à leur environnement.
Ce modèle repose essentiellement sur un élevage pastoral extensif, fortement dépendant des ressources naturelles et des conditions climatiques. Sa résilience tient à la capacité du dromadaire à valoriser des parcours pauvres et à supporter des périodes prolongées de déficit hydrique, ce qui en fait une alternative plus robuste que d’autres espèces dans les régions arides, explique le rapport «Filière cameline marocaine : transformer un héritage en moteur de développement durable dans des zones de marges», réalisé en 2024 par l’Institut Agronomique et Vétérinaire (IAV) Hassan II, en collaboration avec le Centre de Coopération Internationale en Recherche Agronomique pour le Développement (CIRAD).
Au-delà de cette contraction des effectifs, la filière reste fortement exposée aux aléas climatiques. La dépendance aux ressources naturelles influence directement la reproduction, la productivité et la rentabilité des élevages. Sur le plan zootechnique, les performances restent limitées, avec un taux de mise-bas d’environ 35%, un taux d’avortement de 14% et une mortalité globale autour de 2,5%, selon l’étude menée conjointement par l’IAV Hassan II et le CIRAD.
Sur le plan économique, la rentabilité demeure variable et souvent fragile. Elle dépend des stratégies des éleveurs, de leur capacité d’investissement et de la durée des périodes de sécheresse. Les charges d’alimentation représentent près de 70% des coûts totaux, ce qui rend les systèmes particulièrement sensibles lorsque les ressources naturelles se raréfient.
Dans la région de Guelmim-Oued Noun, ces transformations se traduisent par une sédentarisation progressive des éleveurs et une modernisation des pratiques. L’introduction de nouvelles formes d’alimentation, d’équipements et de modes de valorisation modifie en profondeur l’organisation des exploitations. L’élevage camelin ne se limite plus à un modèle pastoral classique mais combine désormais fonctions traditionnelles et logiques économiques émergentes, explique l’étude intitulée «Typologie et développement du secteur camelin dans la région de Guelmim au Maroc», publiée en 2024 dans la Revue d’élevage et de médecine vétérinaire des pays tropicaux.
Malgré ces évolutions, le dromadaire conserve un rôle stratégique dans les zones marginales. Il constitue à la fois un capital sur pied, une source de revenus et un filet de sécurité pour les éleveurs face aux aléas climatiques et économiques. La résilience du système repose autant sur les capacités biologiques de l’animal que sur l’adaptation des éleveurs, qui ajustent leurs pratiques pour faire face aux changements, selon cette même étude.
Au final, l’élevage camelin apparaît comme un modèle à la fois résilient et en mutation.
S’il demeure une réponse historique aux contraintes du désert, il est aujourd’hui confronté à de nouvelles pressions qui redéfinissent ses équilibres et interrogent sa capacité à se maintenir dans la durée.
Issu d’une longue évolution biologique, il a développé des caractéristiques uniques qui en font un modèle d’adaptation aux milieux arides, notamment sa capacité à stocker de l’énergie et à limiter les effets de la chaleur. Au-delà de ses fonctions économiques, il symbolise la survie, la mobilité et l’adaptation des populations sahariennes à leur environnement.
Un modèle d’adaptation ancré dans les territoires arides
Dans les zones sahariennes et présahariennes, cet animal reste au cœur des systèmes d’élevage. Dans les trois régions du Sahara marocain, l’élevage camelin représente une source principale de revenus pour les deux tiers des populations, voire plus. Il fournit une diversité de produits, notamment le lait, la viande et les animaux de vente, contribuant ainsi à la sécurité alimentaire et aux moyens de subsistance des éleveurs, indique l’Office National du Conseil Agricole (ONCA).Ce modèle repose essentiellement sur un élevage pastoral extensif, fortement dépendant des ressources naturelles et des conditions climatiques. Sa résilience tient à la capacité du dromadaire à valoriser des parcours pauvres et à supporter des périodes prolongées de déficit hydrique, ce qui en fait une alternative plus robuste que d’autres espèces dans les régions arides, explique le rapport «Filière cameline marocaine : transformer un héritage en moteur de développement durable dans des zones de marges», réalisé en 2024 par l’Institut Agronomique et Vétérinaire (IAV) Hassan II, en collaboration avec le Centre de Coopération Internationale en Recherche Agronomique pour le Développement (CIRAD).
Une résilience mise à l’épreuve par la sécheresse
Mais cette résilience montre aujourd’hui ses limites. Le dernier recensement national menée par le ministère de tutelle en août 2025 fait état d’un cheptel camelin d’environ 106.000 têtes, contre une moyenne habituelle autour de 150.000 têtes observée entre le milieu des années 2010 et le début des années 2020. Cette baisse, directement liée aux sécheresses successives, illustre la pression croissante qui s’exerce sur le secteur, selon la même source.Au-delà de cette contraction des effectifs, la filière reste fortement exposée aux aléas climatiques. La dépendance aux ressources naturelles influence directement la reproduction, la productivité et la rentabilité des élevages. Sur le plan zootechnique, les performances restent limitées, avec un taux de mise-bas d’environ 35%, un taux d’avortement de 14% et une mortalité globale autour de 2,5%, selon l’étude menée conjointement par l’IAV Hassan II et le CIRAD.
Sur le plan économique, la rentabilité demeure variable et souvent fragile. Elle dépend des stratégies des éleveurs, de leur capacité d’investissement et de la durée des périodes de sécheresse. Les charges d’alimentation représentent près de 70% des coûts totaux, ce qui rend les systèmes particulièrement sensibles lorsque les ressources naturelles se raréfient.
Une filière en mutation sous contraintes
Les systèmes d’élevage camelin ne sont pas homogènes et s’adaptent aux contraintes locales. Certains éleveurs privilégient encore la mobilité et la transhumance, avec des troupeaux de taille modeste, tandis que d’autres s’orientent vers des formes de production plus intensives, notamment laitières, ou vers la commercialisation d’animaux. Cette diversité reflète une capacité d’adaptation des acteurs face aux mutations économiques et environnementales, selon cette même étude.Dans la région de Guelmim-Oued Noun, ces transformations se traduisent par une sédentarisation progressive des éleveurs et une modernisation des pratiques. L’introduction de nouvelles formes d’alimentation, d’équipements et de modes de valorisation modifie en profondeur l’organisation des exploitations. L’élevage camelin ne se limite plus à un modèle pastoral classique mais combine désormais fonctions traditionnelles et logiques économiques émergentes, explique l’étude intitulée «Typologie et développement du secteur camelin dans la région de Guelmim au Maroc», publiée en 2024 dans la Revue d’élevage et de médecine vétérinaire des pays tropicaux.
Malgré ces évolutions, le dromadaire conserve un rôle stratégique dans les zones marginales. Il constitue à la fois un capital sur pied, une source de revenus et un filet de sécurité pour les éleveurs face aux aléas climatiques et économiques. La résilience du système repose autant sur les capacités biologiques de l’animal que sur l’adaptation des éleveurs, qui ajustent leurs pratiques pour faire face aux changements, selon cette même étude.
Au final, l’élevage camelin apparaît comme un modèle à la fois résilient et en mutation.
S’il demeure une réponse historique aux contraintes du désert, il est aujourd’hui confronté à de nouvelles pressions qui redéfinissent ses équilibres et interrogent sa capacité à se maintenir dans la durée.
