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Vendredi 10 Avril 2026
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Fintech africaine : l’écosystème accélère, mais cherche encore son modèle

Le Demo Day du programme d’accélération de Visa, présenté en marge du Gitex Africa à Marrakech, a mis en lumière une centaine de startups africaines soutenues en quelques années. Derrière cette dynamique, la question du passage à l’échelle et de l’accès réel aux services financiers reste posée.

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À l’occasion du GITEX Africa, organisé à Marrakech, Visa a présenté une nouvelle promotion de startups issues de son programme Africa Fintech Accelerator. Dix-huit jeunes pousses, venues de dix pays, ont exposé leurs solutions devant investisseurs et partenaires, dans un secteur en pleine effervescence mais encore en quête de maturité.

Depuis son lancement, l’accélérateur revendique l’accompagnement de plus d’une centaine de startups sur le continent, pour une valorisation cumulée estimée à 1,4 milliard de dollars. Des chiffres qui traduisent un dynamisme certain, porté par la montée des usages numériques et la recherche de solutions adaptées à des marchés encore largement dominés par le cash.

Mais au-delà des indicateurs, c’est la structuration même de l’écosystème qui semble évoluer. Le programme met en avant une logique de coopération entre startups, partenaires industriels et institutions financières. Plusieurs collaborations illustrent cette tendance, à l’image du rapprochement entre Zazu et Chari au Maroc autour d’une offre de néobanque destinée aux petites et moyennes entreprises.

D’autres initiatives témoignent de la diversification des modèles. Credable, spécialisée dans les infrastructures de crédit digital, s’appuie sur un partenariat avec Onafriq pour développer des solutions de financement accessibles via carte. De son côté, la fintech Kredete explore l’usage des stablecoins dans les paiements, avec une présence déjà établie sur plusieurs marchés africains et une volonté d’expansion vers le Golfe.

Ces expérimentations traduisent une recherche de solutions adaptées à des contextes où l’inclusion financière reste un défi majeur. Si les technologies se multiplient, leur adoption dépend encore de facteurs structurels : niveau de bancarisation, infrastructures, régulation et confiance des utilisateurs.

Le programme d’accélération entend précisément répondre à ces contraintes en offrant un accompagnement stratégique et un accès à des réseaux internationaux. Une approche qui vise à faciliter le passage de la phase d’innovation à celle du déploiement, souvent plus complexe.

Reste que le défi du « scale » demeure central. Nombre de startups africaines peinent encore à dépasser leur marché d’origine ou à atteindre une rentabilité durable. Dans ce contexte, la coopération entre acteurs apparaît comme une condition essentielle pour franchir un cap.

Au-delà des annonces, le Demo Day de Marrakech reflète ainsi un moment charnière pour la fintech africaine. Entre promesses technologiques et réalités du terrain, l’enjeu n’est plus seulement d’innover, mais de construire des modèles viables, capables de s’inscrire dans la durée et de répondre aux besoins concrets des populations.
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