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Lundi 16 Mars 2026
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Hausse des prix des carburants : les professionnels du transport réclament la réactivation de l'aide de l'Etat

Au lendemain de la forte augmentation des prix des carburants entrée en vigueur cette semaine, la tension monte dans le secteur du transport. Les syndicats de transporteurs alertent sur les répercussions directes de cette hausse sur les coûts logistiques et demandent au gouvernement de réactiver sans délai le soutien financier destiné aux professionnels.

Ph. Sradni
Ph. Sradni
Le dossier sensible de la hausse des prix des carburants refait surface au Maroc. La dernière augmentation – de 2 dirhams pour le gasoil et de 1,44 dirham pour l’essence – a ravivé les inquiétudes parmi les professionnels du transport, qui redoutent ses répercussions sur le coût du transport et, in fine, sur le pouvoir d’achat des ménages. Dans ce contexte, les représentants du secteur appellent le gouvernement à réactiver sans tarder le mécanisme de soutien destiné aux professionnels, afin d’atténuer l’impact de ces hausses.



Mustapha Kerkouri, secrétaire général du Syndicat national du transport routier de marchandises, affilié à l’Union nationale du travail au Maroc (UNTM), a ainsi exhorté l’Exécutif à rouvrir rapidement la plateforme “Mouakaba” au profit des professionnels du secteur. L’objectif est de leur permettre de bénéficier de l'aide financière accordé au transport routier, tout en veillant à ce que ces aides soient versées de manière régulière au début de chaque mois, et ce jusqu’à un retour à des niveaux de prix plus stables.

Dans une déclaration à Assahra Al Maghribia, Kerkouri indique que la coordination des syndicats nationaux du transport routier de marchandises, regroupant quatre centrales syndicales – la Confédération démocratique du travail (CDT), l’Union générale des travailleurs du Maroc (UGTM), l’Union marocaine du travail (UMT) et l’Union nationale du travail au Maroc (UNTM) – prévoit de tenir une réunion pour examiner les conséquences de cette nouvelle hausse. À l’issue de cette rencontre, une lettre sera adressée au Chef du gouvernement afin de réclamer l’accélération du versement des aides aux professionnels, dans le but de réduire la pression qui pèse sur le secteur et de limiter les répercussions sur les tarifs du transport de marchandises et de voyageurs.

Pour le responsable syndical, l’augmentation enregistrée figure parmi les plus importantes jamais observées, qu’il qualifie de « hausse historique ». Une progression proche de deux dirhams par litre qui, selon lui, soulève des interrogations quant à la politique de stockage des carburants au Maroc. Les données communément avancées évoquent en effet une capacité nationale de stockage couvrant entre deux et trois mois de consommation. Dans ces conditions, voir les prix grimper fortement dès les premières fluctuations du marché international suscite, estime-t-il, de nombreuses questions parmi les professionnels.

Mustapha Kerkouri insiste également sur la nécessité pour les pouvoirs publics de mieux réguler le secteur des carburants, afin d’y instaurer davantage de transparence et de concurrence. « Dans sa configuration actuelle, l’économie nationale reste en grande partie tributaire des distributeurs de carburants », avertit-il. Or, toute hausse des prix du carburant se répercute directement sur les coûts de production et de transport, ce qui finit par se traduire par une augmentation des prix des biens et des services, supportée en dernier ressort par le consommateur marocain.

Le responsable syndical met par ailleurs en garde contre de possibles nouvelles augmentations dans les semaines à venir, notamment si les tensions géopolitiques au Moyen-Orient devaient se prolonger. Une situation qui, selon lui, impose au gouvernement de jouer pleinement son rôle dans la régulation des marchés et l’organisation des secteurs stratégiques liés au quotidien des citoyens. Dans ce contexte, la réouverture de la plateforme “Mouakaba” pour l’enregistrement des professionnels souhaitant bénéficier du soutien public apparaît, aux yeux des acteurs du secteur, comme une urgence. Ce dispositif avait été instauré à titre exceptionnel dans l’attente de la mise en place du système de gasoil professionnel, dont le déploiement tarde toujours à se concrétiser, laissant les transporteurs exposés aux fluctuations du marché sans mécanismes de protection suffisants.

Pour les professionnels, la priorité immédiate reste désormais l’annonce, dans les plus brefs délais, d’une nouvelle tranche d’aide gouvernementale. Une mesure jugée indispensable pour maintenir les tarifs du transport à des niveaux stables et éviter une nouvelle spirale de hausses qui se répercuterait directement sur les prix des produits et des services, aggravant davantage la pression sur le coût de la vie des ménages.
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