Près de 54 milliards de dirhams de coût global pour 58 projets, dont environ 32 milliards de dirhams de composante climatique, soit 59% du total. Tel est le principal résultat du premier exercice de chiffrage des investissements climatiques des établissements et entreprises publics (EEP), mené en 2025 sur la période 2022-2024. Dix entités avaient été retenues pour ce pilote : les Groupes OCP, Tanger Med Special Agency (TMSA), Caisse de Dépôt et de Gestion (CDG) et Al Omrane, l’Agence marocaine pour l’énergie durable (Masen), Autoroutes du Maroc (ADM), l’Office national des aéroports (ONDA), l’Agence nationale des eaux et forêts (ANEF), l’Agence nationale pour le développement des zones oasiennes et de l’arganier (ANDZOA) et l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE), dont les branches Eau et Électricité ont été analysées séparément. La composante climatique se partageait presque à parts égales entre l’atténuation (51%) et l’adaptation (49%). Elle se concentrait dans l’énergie, l’eau, l’industrie et les infrastructures.
Côté financement, le tableau était diversifié : 26% de fonds propres, 17% de concours de l’État et d’institutions publiques, 19% de financements bilatéraux, 27% d’institutions financières multilatérales, 10% de dette commerciale et de financements de consortiums bancaires, et 1% de fonds climat. Les concours bilatéraux et multilatéraux, fonds climat compris, pesaient ainsi 47% des montants recensés dans les plans de financement. L’exercice a aussi posé une méthode. Faute de taxonomie marocaine, les marqueurs de Rio de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) ont été adaptés au contexte des EEP. Chaque projet reçoit une cotation selon l’importance de l’objectif climatique (principal : 2, significatif : 1, non ciblé : 0), à laquelle s’ajoute un pourcentage de co-bénéfice climatique qui permet d’estimer la part de l’investissement contribuant à l’atténuation ou à l’adaptation. Le pilote a également servi à tester des outils de collecte standardisés et à proposer une feuille de route de généralisation. La sélection s’était faite en deux temps : sur 271 EEP recensés à fin 2024, 44 avaient été jugées prioritaires, puis leur niveau de préparation avait été noté sur cinq points selon trois dimensions (stratégie climat, alignement sur les référentiels, transparence extra-financière).
(OCP SA, Masen, ONEE, Office national des hydrocarbures et des mines – Onhym), des ports et aéroports (Agence nationale des ports – ANP, ONDA, TMSA), du transport et de la logistique (Office national des chemins de fer – ONCF), Société nationale des transports et de la logistique – SNTL) et du développement territorial (Agence nationale des équipements publics – ANEP et Société Rabat Région Aménagement – SRRA). Sur les 53 projets transmis, l’enveloppe atteint environ 155,24 milliards de dirhams, dont 140,58 milliards de composante climato-pertinente, contre 14,66 milliards de part non climatique. Au sein de l’enveloppe climatique, l’atténuation pèse environ 107 milliards (76%) et l’adaptation près de 33 milliards (24%). Le rapport présente ces chiffres à l’horizon 2030.
La structure de financement des 140,58 milliards de DH est nettement plus concentrée que dans le pilote. Les dettes et autres emprunts en représentent 53,78%, suivis des concours de l’État et des institutions publiques (37,27%). Viennent ensuite les institutions financières multilatérales (4,63%), les ressources propres des EEP (3,07%), les bailleurs bilatéraux (0,66%) et les dons et fonds climat (0,59%). En additionnant multilatéraux, bilatéraux, dons et fonds climat, on obtient moins de 6% de l’enveloppe, contre 47% dans le pilote.
La structure du pipeline est marquée par l’adaptation et par l’eau. Sept projets relèvent de l’agriculture, des oasis et de la recherche (41,2%), quatre de l’eau (23,5%), quatre de l’industrie et de l’énergie (23,5%) et deux du transport et de la logistique (11,8%). Onze projets sur 17 concernent directement la résilience des systèmes agricoles, des territoires oasiens ou la gestion de l’eau. Huit projets relèvent de l’adaptation (47,1%), six de l’atténuation (35,3%) et trois poursuivent les deux objectifs (17,6%). La concentration est forte côté porteurs : l’OCP en porte sept (41,2%), l’ANDZOA et l’INRA trois chacun, soit 13 projets sur 17 (76,5%) pour ces trois entités. L’ADA, l’ONCF, l’ONEE Branche Eau et TMSA en portent un chacun.
Les objectifs affichés donnent une idée de l’ambition. L’INRA vise jusqu’à un million d’hectares en semis direct, 50.000 hectares de systèmes agroforestiers et 200.000 hectares de parcours à réhabiliter. L’ONEE branche Eau prévoit, quant à lui, de réduire de moitié la surexploitation des nappes à l’horizon 2030 et de mettre en place 17 contrats de gestion participative des nappes d’ici 2035. Les programmes hydriques de l’OCP ciblent 500 millions de mètres cubes (Mm³) par an de capacités de dessalement, 180 Mm³ par an de transfert d’eau dessalée et 60 Mm³ par an de traitement ou d’adduction d’eaux usées épurées.
Côté atténuation, le rapport cite 1,2 gigawatt (GW) de capacités renouvelables et de stockage, l’électrification du séchage du phosphate, le captage et la valorisation du CO₂ industriel, la mobilité minière verte, l’électrification de la ligne ferroviaire de l’Oriental et l’alimentation électrique des navires à quai à Tanger Med. Ce dernier projet équiperait près de quatre kilomètres de quais et éviterait plus de 25.000 tonnes de CO₂ par an. Le projet de structuration de la filière de l’arganier, porté par l’ANDZOA, combine adaptation et atténuation : équipement photovoltaïque de 531 centres et unités (1,36 mégawatt-crête (MWc), production annuelle estimée à 2,32 gigawattheures (GWh) et réduction d’émissions d’environ 1.630 tonnes équivalent CO₂ par an. La maturation du pipeline passera désormais par un rapprochement formalisé de chaque projet avec les mesures de la CDN 3.0. Il s’agira de vérifier la contribution climatique attendue, le caractère conditionnel ou inconditionnel de l’opération, l’additionnalité du financement recherché et l’absence de double comptabilisation avec des projets déjà financés ou engagés. Une actualisation régulière doit renforcer la crédibilité du pipeline et les perspectives de mobilisation de financements climatiques nationaux et internationaux.
Côté financement, le tableau était diversifié : 26% de fonds propres, 17% de concours de l’État et d’institutions publiques, 19% de financements bilatéraux, 27% d’institutions financières multilatérales, 10% de dette commerciale et de financements de consortiums bancaires, et 1% de fonds climat. Les concours bilatéraux et multilatéraux, fonds climat compris, pesaient ainsi 47% des montants recensés dans les plans de financement. L’exercice a aussi posé une méthode. Faute de taxonomie marocaine, les marqueurs de Rio de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) ont été adaptés au contexte des EEP. Chaque projet reçoit une cotation selon l’importance de l’objectif climatique (principal : 2, significatif : 1, non ciblé : 0), à laquelle s’ajoute un pourcentage de co-bénéfice climatique qui permet d’estimer la part de l’investissement contribuant à l’atténuation ou à l’adaptation. Le pilote a également servi à tester des outils de collecte standardisés et à proposer une feuille de route de généralisation. La sélection s’était faite en deux temps : sur 271 EEP recensés à fin 2024, 44 avaient été jugées prioritaires, puis leur niveau de préparation avait été noté sur cinq points selon trois dimensions (stratégie climat, alignement sur les référentiels, transparence extra-financière).
2026 : un périmètre quatre fois plus large
Le deuxième exercice change d’échelle. La collecte a été élargie à 40 EEP, contre 10 en 2025. Dix-neuf d’entre elles ont transmis des projets climato-pertinents, soit un taux de réponse de 47,5%. Ces entités représentent environ 56% de l’investissement réalisé par les EEP en 2025. Elles relèvent de l’agriculture et des forêts (Agence pour le développement agricole – ADA), ANDZOA, ANEF, Office national des pêches – ONP), de la finance et de la protection sociale (CDG, Bank Al-Maghrib (BAM), Crédit Agricole du Maroc (CAM), Société nationale de garantie et du financement de l’entreprise – SNGFE), des mines, de l’énergie et de l’eau(OCP SA, Masen, ONEE, Office national des hydrocarbures et des mines – Onhym), des ports et aéroports (Agence nationale des ports – ANP, ONDA, TMSA), du transport et de la logistique (Office national des chemins de fer – ONCF), Société nationale des transports et de la logistique – SNTL) et du développement territorial (Agence nationale des équipements publics – ANEP et Société Rabat Région Aménagement – SRRA). Sur les 53 projets transmis, l’enveloppe atteint environ 155,24 milliards de dirhams, dont 140,58 milliards de composante climato-pertinente, contre 14,66 milliards de part non climatique. Au sein de l’enveloppe climatique, l’atténuation pèse environ 107 milliards (76%) et l’adaptation près de 33 milliards (24%). Le rapport présente ces chiffres à l’horizon 2030.
La structure de financement des 140,58 milliards de DH est nettement plus concentrée que dans le pilote. Les dettes et autres emprunts en représentent 53,78%, suivis des concours de l’État et des institutions publiques (37,27%). Viennent ensuite les institutions financières multilatérales (4,63%), les ressources propres des EEP (3,07%), les bailleurs bilatéraux (0,66%) et les dons et fonds climat (0,59%). En additionnant multilatéraux, bilatéraux, dons et fonds climat, on obtient moins de 6% de l’enveloppe, contre 47% dans le pilote.
Des comparaisons à manier avec précaution
Le contraste entre les deux exercices est saisissant : une part climatique de 59% hier, de 91% aujourd’hui; des financements extérieurs à 47% hier, inférieurs à 6% aujourd’hui ; des fonds propres à 26% hier, à 3,07% aujourd’hui. Le rapport ne commente pas ces écarts, et plusieurs éléments invitent à ne pas les lire comme une évolution. Le nombre d’entités diffère (10, puis 19). Le pilote portait sur les investissements de la période 2022-2024, quand le chiffrage 2026 est présenté à l’horizon 2030. De même, les catégories de financement ne sont pas libellées de la même façon (dettes et autres emprunts d’un côté, dette commerciale et consortiums bancaires de l’autre). Enfin, les 19 entités de 2026 ont transmis des projets climato-pertinents: les 91% mesurent donc la part climatique d’un portefeuille déjà identifié comme tel, et non celle de l’ensemble des investissements des EEP.2035 : un vivier de 17 projets, pas encore un portefeuille finançable
Le rapport introduit une nouveauté : le recensement prospectif des projets susceptibles d’alimenter la composante conditionnelle de la contribution déterminée au niveau national (CDN 3.0) à l’horizon 2035. Le périmètre a été recentré sur 17 projets individualisés, portés par 7 EEP : les groupes OCP et TMSA, l’ONCF, l’ONEE branche Eau, l’ADA, l’ANDZOA et l’Institut national de la recherche agronomique (INRA). L’objectif est de constituer un vivier qui pourra être qualifié et priorisé avant une éventuelle présentation aux points focaux nationaux du NDC Partnership. D’ailleurs, le Rapport est lui-même prudent sur la portée de cette liste. L’entrée d’un projet suppose d’apprécier sa pertinence climatique potentielle, son éligibilité à la composante conditionnelle de la CDN 3.0, son additionnalité financière et sa maturité technique.La structure du pipeline est marquée par l’adaptation et par l’eau. Sept projets relèvent de l’agriculture, des oasis et de la recherche (41,2%), quatre de l’eau (23,5%), quatre de l’industrie et de l’énergie (23,5%) et deux du transport et de la logistique (11,8%). Onze projets sur 17 concernent directement la résilience des systèmes agricoles, des territoires oasiens ou la gestion de l’eau. Huit projets relèvent de l’adaptation (47,1%), six de l’atténuation (35,3%) et trois poursuivent les deux objectifs (17,6%). La concentration est forte côté porteurs : l’OCP en porte sept (41,2%), l’ANDZOA et l’INRA trois chacun, soit 13 projets sur 17 (76,5%) pour ces trois entités. L’ADA, l’ONCF, l’ONEE Branche Eau et TMSA en portent un chacun.
Les objectifs affichés donnent une idée de l’ambition. L’INRA vise jusqu’à un million d’hectares en semis direct, 50.000 hectares de systèmes agroforestiers et 200.000 hectares de parcours à réhabiliter. L’ONEE branche Eau prévoit, quant à lui, de réduire de moitié la surexploitation des nappes à l’horizon 2030 et de mettre en place 17 contrats de gestion participative des nappes d’ici 2035. Les programmes hydriques de l’OCP ciblent 500 millions de mètres cubes (Mm³) par an de capacités de dessalement, 180 Mm³ par an de transfert d’eau dessalée et 60 Mm³ par an de traitement ou d’adduction d’eaux usées épurées.
Côté atténuation, le rapport cite 1,2 gigawatt (GW) de capacités renouvelables et de stockage, l’électrification du séchage du phosphate, le captage et la valorisation du CO₂ industriel, la mobilité minière verte, l’électrification de la ligne ferroviaire de l’Oriental et l’alimentation électrique des navires à quai à Tanger Med. Ce dernier projet équiperait près de quatre kilomètres de quais et éviterait plus de 25.000 tonnes de CO₂ par an. Le projet de structuration de la filière de l’arganier, porté par l’ANDZOA, combine adaptation et atténuation : équipement photovoltaïque de 531 centres et unités (1,36 mégawatt-crête (MWc), production annuelle estimée à 2,32 gigawattheures (GWh) et réduction d’émissions d’environ 1.630 tonnes équivalent CO₂ par an. La maturation du pipeline passera désormais par un rapprochement formalisé de chaque projet avec les mesures de la CDN 3.0. Il s’agira de vérifier la contribution climatique attendue, le caractère conditionnel ou inconditionnel de l’opération, l’additionnalité du financement recherché et l’absence de double comptabilisation avec des projets déjà financés ou engagés. Une actualisation régulière doit renforcer la crédibilité du pipeline et les perspectives de mobilisation de financements climatiques nationaux et internationaux.
