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Lundi 18 Mai 2026
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Lacs, barrages, oueds... Le Maroc réforme la pêche en eaux continentales et mise sur un modèle durable

Le gouvernement a adopté un nouveau décret encadrant la pêche dans les eaux continentales. Publié au Bulletin officiel, le texte instaure une gouvernance renforcée des ressources halieutiques, modernise le système des licences et ouvre la voie à une exploitation davantage tournée vers le développement durable, l’écotourisme et la valorisation économique des milieux aquatiques.

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Le Maroc amorce une nouvelle étape dans l’encadrement de la pêche en eaux continentales. Le décret n°2.23.968, publié au Bulletin officiel, vient actualiser l’arsenal réglementaire régissant l’exploitation des ressources halieutiques dans les lacs, barrages, oueds et autres milieux aquatiques continentaux.

Le texte confère un rôle central à l’Agence nationale des eaux et forêts, désormais chargée de superviser l’octroi des licences, la gestion des concessions de pêche ainsi que le contrôle des activités liées au secteur. Cette réforme vise à instaurer une gouvernance plus structurée et à renforcer le suivi environnemental des écosystèmes aquatiques.

Le décret introduit également une nouvelle classification des licences de pêche. Trois grandes catégories sont prévues : la pêche commerciale, la pêche récréative et la pêche éducative destinée aux jeunes de moins de 18 ans. Les licences sont accordées pour une saison de pêche, avec la possibilité de délivrer des autorisations limitées à certaines périodes spécifiques.

Licences, concessions et écotourisme : les grandes nouveautés du décret

L’un des principaux changements apportés par le texte concerne le système de concession du droit de pêche. Désormais, l’attribution des concessions s’effectuera à travers des appels à concurrence reposant sur plusieurs critères, notamment la qualité des projets proposés, les programmes d’aménagement halieutique, l’implication des populations locales ainsi que les retombées socio-économiques attendues.

Le gouvernement entend ainsi intégrer la pêche continentale dans une vision économique plus large, associant développement territorial, valorisation des ressources naturelles et promotion du tourisme écologique.

Le décret ouvre également la possibilité d’accorder certaines concessions par voie de gré à gré au profit des coopératives de pêche et des associations, à condition que les projets présentés contribuent au développement durable local.

Par ailleurs, les contrats de concession seront désormais encadrés par des cahiers des charges détaillant les engagements techniques et environnementaux des bénéficiaires. Leur durée est fixée à trois ans pour la petite pêche et à cinq ans pour la grande pêche.

Des règles plus strictes pour protéger les ressources halieutiques

Le nouveau dispositif réglementaire introduit aussi un système renforcé de redevances et de garanties financières afin de mieux encadrer l’exploitation des ressources aquatiques. Les concessionnaires devront s’acquitter de redevances annuelles et fournir des garanties destinées à assurer le respect de leurs engagements contractuels.

Le décret prévoit également plusieurs mesures visant à préserver les équilibres biologiques des milieux aquatiques. Les exploitants devront mettre en œuvre des programmes d’aménagement et de repeuplement halieutique, respecter les règles relatives à la biodiversité et adopter des pratiques de pêche durable, notamment la promotion du « no-kill » dans certaines activités récréatives.

À travers cette réforme, les autorités ambitionnent de transformer les espaces aquatiques continentaux en véritables leviers de développement local, conciliant attractivité économique, tourisme écologique et préservation durable des ressources naturelles.
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