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Mercredi 14 Octobre 2026
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Le cyber, l’IA et le big data : les risques qui préoccupent le plus les experts marocains

Selon la 13e édition de l’«Axa Future Risks Report», réalisée avec Ipsos auprès de 28.345 personnes, l’intelligence artificielle devient pour la première fois le premier risque pour les experts de l’assurance dans le monde, devant le changement climatique. Au Maroc, les 129 experts interrogés placent, eux, le cyber en tête, devant l’IA et le big data, puis le climat, tandis que le grand public marocain redoute avant tout les pandémies et maladies infectieuses.

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Axa vient de publier la 13e édition de son «Axa Future Risks Report», réalisée avec Ipsos, spécialiste des études de marché. Ce Rapport mesure chaque année l’évolution de la perception des risques dans le monde. L’édition 2026 s’appuie sur une enquête menée du 14 mai au 24 juin auprès de 28.345 personnes. Elle réunit 4.345 experts répartis dans 62 pays et régions, dont 129 au Maroc, et 24.000 personnes du grand public dans 19 pays, dont 3.000 en Afrique. Chaque répondant a désigné ses cinq principaux risques parmi vingt, selon leur impact potentiel sur les cinq à dix prochaines années.

Le cyber, l’IA et le big data : les risques qui préoccupent le plus les experts marocains
Le classement des 5 principaux risques au Maroc et dans le monde selon les experts.



Parmi les experts, 89% travaillent chez Axa, les autres venant de ses réseaux professionnels, surtout dans les services financiers. L’édition 2026 marque un tournant. Les risques liés à l’intelligence artificielle (IA) et au big data prennent la tête du classement mondial des experts, alors qu’ils n’occupaient que la quatrième place en 2025. Le changement climatique recule au deuxième rang, devant l’instabilité géopolitique, les risques cyber et les risques énergétiques. Seule l’enquête de 2020, menée au plus fort de la pandémie de la Covid-19, avait déjà vu le climat perdre la première place chez les experts. Parmi ceux qui rangent l’IA dans leurs principaux risques, 54% estiment qu’elle émerge rapidement, et seuls 9% jugent les pouvoirs publics bien préparés. Le changement climatique demeure toutefois une préoccupation majeure : il reste le risque n° 1 pour le grand public, devant l’IA, qui se hisse à la deuxième place contre la septième en 2025.

Le Rapport met en évidence la perception d’un monde en polycrise : 95% des experts et 94% du grand public estiment que le nombre de crises a augmenté ces dernières années. Il souligne également que les risques se renforcent mutuellement : l’IA révolutionne la nature des cybermenaces, les tensions géopolitiques fragilisent la sécurité énergétique et alimentaire, le changement climatique met à mal les infrastructures et les ressources, tandis que la fragmentation sociale compromet la capacité des sociétés à surmonter les crises. Le Rapport précise que l’enquête s’est déroulée dans un contexte de tensions au Moyen-Orient, de flambée des prix de l’énergie, d’inquiétudes sanitaires liées à Ebola et à un hantavirus, et de vagues de chaleur, des événements qui ont pu influencer les réponses.

Les risques cyber en tête au Maroc

Le Maroc est le pays africain le plus représenté du panel d’experts, avec 129 répondants sur 294 pour le continent, devant l’Égypte (48) et le Nigeria (40). Les risques cyber y arrivent en tête, alors qu’ils n’occupent que la quatrième place du classement mondial. Ils devancent l’IA et le big data, le changement climatique, les risques énergétiques et l’instabilité géopolitique, que les experts du monde entier placent au troisième rang. La suite du classement marocain fait tout autant apparaître des thèmes absents du top 10 mondial : l’avenir du travail, au sixième rang, les pandémies et maladies infectieuses, au septième, et les évolutions démographiques, au dixième. À l’inverse, les tensions et mouvements sociaux, la fragmentation sociale ainsi que les ressources naturelles et la biodiversité, qui figurent dans le classement mondial, n’entrent pas dans celui du Maroc. Les deux listes se rejoignent sur un point : les risques de stabilité financière et les risques macroéconomiques y occupent les mêmes rangs, huitième et neuvième. Le classement de l’ensemble de l’Afrique diffère lui aussi de celui du Maroc. Les experts du continent placent l’IA en tête, suivie du cyber, de l’instabilité géopolitique, puis du changement climatique. Le Rapport relève d’ailleurs que le climat figure dans le trio de tête des experts sur tous les continents, sauf en Afrique. Ces résultats nourrissent le discours de l’assureur sur la prévention. Selon l’étude, 85% des experts comme du grand public pensent que les risques qui les préoccupent le plus peuvent être au moins en partie évités. Par ailleurs, 68% du grand public attribuent aux assureurs un rôle important face aux risques émergents. Pour Thomas Buberl, directeur général du groupe, l’assurance doit donc continuer à indemniser, mais aussi mieux anticiper les risques et renforcer la prévention. Il souligne également l’importance croissante des transformations démographiques, des tensions sociales et de la fragmentation des sociétés.

Qu’en pense le grand public marocain ?

Le grand public marocain, lui, ne classe pas les risques comme les experts. Au Maroc, les pandémies et maladies infectieuses arrivent en tête, devant le changement climatique. Viennent ensuite les maladies chroniques, l’IA et le big data, la pollution et la fragmentation sociale. Par ailleurs, le Rapport révèle que la parentalité est un défi croissant dans le monde, notamment au Maroc, où 87% des sondés jugent plus difficile d’élever des enfants qu’aux générations précédentes. C’est la proportion la plus élevée de l’enquête, devant le Nigeria (84%) et l’Italie (82%), pour une moyenne mondiale de 71%. Concernant la capacité personnelle à surmonter une crise majeure (catastrophe naturelle, pandémie, effondrement de l’économie, cyberattaque, etc.), 53% des Marocains se disent bien ou plutôt bien préparés, 44% ne le sont pas et 3% pensent qu’une telle crise ne les touchera pas. La moyenne mondiale est de 38% de personnes préparées pour 59% de personnes non préparées.
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