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Mardi 21 Juillet 2026
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Le Maroc accélère dans la production d’électricité renouvelable

Selon les dernières données de l’Irena, le Maroc a franchi dès 2024 un seuil inédit : 24,5% de sa production d’électricité provenait de sources renouvelables, contre moins de 20% les années précédentes. Malgré ce record, le Royaume reste sous les moyennes africaine (29%) et mondiale (31,7%). Un contraste avec la capacité installée, où le Maroc fait mieux que la moyenne africaine : les renouvelables représentaient 39,6% de la puissance électrique installée en 2025, contre 29,1% sur le continent.

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Selon les nouvelles données publiées par l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (Irena), le Maroc a produit 24,5% de son électricité à partir de sources renouvelables en 2024, un niveau inédit qui marque une rupture après plusieurs années de stagnation entre 17 et 19%. Le Rapport fournit les dernières données sur la capacité de production d’électricité pour la période 2016-2025 et sur la production d’électricité pour la période 2016-2024.

Une accélération mondiale tirée par le solaire

À l’échelle planétaire, les énergies renouvelables ont représenté 31,7% de la production mondiale d’électricité en 2024, contre 23,6% en 2016, pour un volume total de 9.836 térawattheures (TWh). La génération renouvelable a bondi de 9,8% sur un an, contre seulement 1,4% pour les sources non renouvelables. L’hydroélectricité reste la première source renouvelable (4.472 TWh), mais c’est le solaire qui affiche la croissance la plus spectaculaire : +28,6% en un an, sa plus forte progression depuis 2018, devant l’éolien (+8,5%). La part des renouvelables dans le mix électrique varie considérablement d’une région à l’autre. L’Amérique du Sud arrive en tête avec 77% d’électricité renouvelable, portée par son parc hydroélectrique. Suivent l’Europe (49%), l’Océanie (41%), l’Amérique centrale et les Caraïbes (35%), l’Afrique et l’Asie (autour de 29%), l’Amérique du Nord (27%) et l’Eurasie (25%). Le Moyen-Orient ferme la marche avec seulement 5% d’électricité renouvelable.

En Afrique, la part des renouvelables dans la production d’électricité est passée de 23,9% en 2023 à 29% en 2024, pour une production totale de 227 TWh (+5,7% sur un an). Le continent affiche cependant des situations très contrastées selon les pays.

Le Maroc en nette progression, mais...

C’est dans ce contexte que le Maroc a atteint 24,5% de renouvelables dans sa production d’électricité en 2024, contre 18,5% en 2023, soit un gain de six points en une seule année, la plus forte progression annuelle enregistrée par le pays depuis 2016. La génération renouvelable marocaine a ainsi atteint 10.478 gigawattheures (GWh) en 2024, plus du double du niveau de 2016 (4.708 GWh).

Ce record place néanmoins le Royaume encore en retrait par rapport à la moyenne africaine (29%) et à la moyenne mondiale (31,7%) en matière de production. Un écart qui interroge, car, sur le plan de la capacité installée, le Maroc se situe au contraire nettement au-dessus de la moyenne continentale.

En dix ans, la part des renouvelables dans la puissance électrique installée au Maroc est passée de 28,9 à 39,6%, et la capacité renouvelable a doublé, passant de 2.417 mégawatts (MW) 4.851 MW en 2025. Ce niveau dépasse largement la moyenne africaine, qui s’établit à 29,1% en 2025, mais reste en retrait par rapport à la moyenne mondiale de 49,5%.

Au Maroc, le mix reste dominé par l’éolien terrestre (2.452 MW), suivi de l’hydroélectricité renouvelable (1.306 MW). Le solaire continue sa montée en puissance, atteignant 1.086 MW, répartis entre 546 MW de photovoltaïque et 540 MW de solaire thermodynamique à concentration. La bioénergie reste marginale avec seulement 7 MW installés. Autrement dit, les 4.851 MW correspondent strictement à l’addition de l’éolien, du solaire, de l’hydroélectricité renouvelable et de la bioénergie, sans inclure les 814 MW de STEP (Station de transfert d’énergie par pompage – «hydro-accumulation», selon l’Irena).

Des flux financiers publics en dents de scie, portés par le solaire

Au-delà de la production et de la capacité, le Rapport de l’Irena détaille aussi les flux financiers publics destinés aux énergies renouvelables, compilés à partir de la base de données de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) – Comité d’aide au développement (CAD) et de 16 institutions financières multilatérales, bilatérales et nationales. Exprimés en dollars constants (prix 2023), ces financements ont suivi une évolution mitigée.

Au Maroc, les flux financiers publics pour les énergies renouvelables ont atteint 398,8 millions de dollars en 2015, 467,6 millions en 2016 et 132,3 millions en 2017, avant un pic à 990,6 millions de dollars en 2018, son plus haut niveau sur la période 2015-2024. Ce sommet s’explique en grande partie par un afflux massif vers le solaire, qui a capté à lui seul 919,1 millions de dollars cette année-là, dans un contexte marqué par le développement du complexe Noor à Ouarzazate. Les flux se sont ensuite nettement contractés, jusqu’à un point bas de seulement 1,4 million de dollars en 2021, avant de se redresser progressivement à 73 millions en 2022, 311,7 millions en 2023 puis 327,4 millions de dollars en 2024. Cette irrégularité illustre la nature de ces financements, largement tributaires du calendrier de grands projets structurants, et rappelle qu’ils ne couvrent que le financement public : ils n’incluent pas les investissements privés, qui jouent un rôle croissant dans le développement des capacités renouvelables du Royaume.
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