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Mercredi 09 Septembre 2026
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Le Maroc sans secteur à risque élevé, mais cinq activités sous vigilance (Allianz Trade)

Dans son nouvel Atlas mondial des risques sectoriels, Allianz Trade dresse un tableau plutôt résilient de l’économie marocaine malgré un environnement international sous tension. Sur les 18 secteurs évalués dans le Royaume, aucun n’est classé en risque élevé et quatre affichent un risque faible. Cinq secteurs – construction, transport, textile, métaux et énergie – présentent toutefois un risque sensible, sur fond de fragilités structurelles et de perspectives moins favorables.

Selon l'étude, le secteur des métaux bénéficie d’une demande forte dans les segments liés au cuivre, au lithium et aux terres rares (grâce à une forte demande liée à l’électrification et aux infrastructures d’IA).
Selon l'étude, le secteur des métaux bénéficie d’une demande forte dans les segments liés au cuivre, au lithium et aux terres rares (grâce à une forte demande liée à l’électrification et aux infrastructures d’IA).
Allianz Trade vient de publier son Atlas des risques sectoriels au niveau mondial. L’étude dresse le portrait d’une économie mondiale «à trois vitesses», dans un contexte macroéconomique difficile, tiraillée entre le supercycle de l’intelligence artificielle (IA), la guerre commerciale et la fragmentation géopolitique. La croissance mondiale devrait ainsi ralentir à +2,5% en 2026 avant de rebondir à +2,9% en 2027, portée pour l’essentiel par les investissements liés à l’intelligence artificielle, qui contribuent à eux seuls à environ un tiers de la croissance américaine.

Hors ce moteur, la divergence entre grandes zones économiques est nette : +2,1% pour les États-Unis, +0,9% seulement pour la zone euro, contre +4,7% pour la Chine, portée par ses exportations et sa base manufacturière de haute technologie malgré une demande intérieure atone. La reprise de la guerre commerciale américaine accentue cette fracture, tandis que la désescalade au Moyen-Orient écarte un risque aigu sans effacer le potentiel de nouvelles tensions.

C’est dans ce contexte mondial hétérogène qu’Allianz Trade situe sa grille de risque sectoriel par pays, construite à partir de quatre déterminants – demande, rentabilité, liquidité et environnement des affaires – combinant données internes et expertise des analystes crédit du Groupe.

Aucun secteur marocain classé en risque élevé

Sur les 18 secteurs évalués pour le Maroc, aucun n’est classé dans la catégorie de risque élevé, synonyme de «crise imminente ou avérée». Quatre secteurs bénéficient au contraire d’un risque faible, traduisant des fondamentaux solides et des perspectives favorables : le pharmaceutique, l’agroalimentaire, les logiciels & services IT ainsi que l’informatique & télécoms.

L’Atlas rappelle que le secteur pharmaceutique mondial bénéficie d’une demande non cyclique, de brevets solides et d’un pouvoir de fixation des prix qui l’isole largement des turbulences affectant d’autres industries. L’agroalimentaire, porté par une demande alimentaire non discrétionnaire et une population mondiale croissante, conserve, lui aussi, un profil de risque faible au Maroc, malgré les pressions structurelles – climat, coûts des intrants, fragmentation commerciale – identifiées au niveau mondial. Les logiciels & services IT ainsi que l’informatique & télécoms complètent ce quatuor, deux secteurs que le rapport décrit à l’échelle globale comme portés par la demande de digitalisation, tout en pointant une profonde recomposition de leurs modèles commerciaux sous l’effet de l’IA générative.

Par ailleurs, neuf secteurs marocains se situent en risque moyen, une catégorie qu’Allianz Trade associe à des «signes de faiblesse» et un «ralentissement possible» plutôt qu’à une dégradation structurelle.

L’automobile – constructeurs comme équipementiers – y figure alors que le rapport documente, au niveau mondial, une industrie en pleine bataille de compétitivité face aux constructeurs chinois et à la recomposition des chaînes de sous-traitance, avec 76% des équipementiers européens anticipant des marges inférieures à 5% en 2026. La chimie, autre secteur classé en risque moyen pour le Maroc, est décrite dans l’étude comme traversant une reprise inégale à l’échelle mondiale, avec un fossé qui se creuse entre producteurs à bas coût énergétique (États-Unis, Moyen-Orient) et producteurs européens pénalisés par leurs coûts de l’énergie.

Les autres secteurs marocains qui se situent en risque moyen concernent le papier, l’électronique, la distribution et le commerce, les machines & équipement, l’équipement de transport et l’équipement électroménager. Cinq secteurs, enfin, ressortent en risque sensible au Maroc, un niveau qui traduit des faiblesses structurelles et des perspectives défavorables : la construction, le transport, le textile, les métaux et l’énergie.

Les secteurs en risque sensible : des fragilités structurelles plutôt que conjoncturelles

Pour l’énergie, l’Atlas souligne une dualité mondiale entre des producteurs pétroliers et gaziers qui profitent de cours du Brent élevés, et un segment des renouvelables confronté à des coûts de financement en hausse et à des prix contractuels d’électricité (PPA) parfois insuffisants pour couvrir le coût du capital. Selon l’étude, les acteurs du pétrole et du gaz, en particulier les producteurs américains, profitent de la hausse des cours du pétrole, mais les acteurs du Moyen-Orient, d’Asie et d’Europe sont confrontés à un certain nombre de défis, allant de l’approvisionnement en matières premières à l’accès aux clients. Malgré les coûts de financement, les énergies renouvelables pourraient bénéficier du contexte actuel, marqué par une attention accrue portée à la souveraineté énergétique et à la résilience. Le transport reste marqué, à l’échelle mondiale, par les perturbations en mer Rouge et autour du détroit d’Ormuz, l’allongement des routes maritimes et la flambée des prix du carburant, autant d’éléments qui pèsent sur la rentabilité du fret comme du transport aérien et routier.

Le textile, secteur où le Maroc dispose d’une base exportatrice significative, apparaît doublement exposé selon le rapport : à la volatilité du prix des matières premières et de l’énergie, largement répercutée sur les marges plutôt que sur les prix de vente, et à une demande des ménages occidentaux très élastique, qui privilégie de plus en plus la seconde main et le déstockage. Les consommateurs se tournent ainsi vers des produits moins chers, ce qui maintient la résilience des chiffres d’affaires globaux mais érode les marges brutes sous-jacentes.

La construction, qualifiée de «risque sensible» à l’échelle mondiale, demeure pénalisée par des coûts de financement encore restrictifs qui freinent la demande résidentielle et commerciale, tandis que les métaux affichent un profil contrasté entre les segments liés au cuivre, au lithium et aux terres rares – portés par l’électrification et les infrastructures d’IA – et la sidérurgie, jugée durablement à la peine.

Globalement, dans ce contexte mondial difficile, marqué par la hausse des taux d’intérêt, les turbulences géopolitiques et la reprise de la guerre commerciale, l’Atlas sectoriel 2026 d’Allianz Trade positionne le Maroc dans une zone de risque globalement maîtrisée, sans secteur en crise avérée, mais avec cinq secteurs – énergie, transport, textile, métaux et construction – dont les fragilités, essentiellement structurelles selon le rapport, appellent une vigilance particulière des entreprises et de leurs partenaires financiers dans les prochains trimestres.
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